Série: La Reine-Mère NJAPDOUNKE,mère génitrice du Roi Ibrahim NJOYA
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À la mort du Roi Nsangou, la reine-mère Njapdounke va s’autoproclamer régente du royaume Bamoun en attendant que son fils,  le prince Njoya désigné comme successeur, monte sur le trône. Elle devient une monarque téméraire qui ne recule devant rien

Elle va assurer la régence du royaume, en attendant que celui-ci ait les capacités de le faire.

Elle sera secondée dans cette fonction par Ngetkom Ndomboue, le tuteur du jeune Njoya. Sauf que, entre les deux régents le climat sera très tendu. Prenant goût au pouvoir, Ngetkom Ndomboue lance une série de manœuvres pour écarter Njoya de la succession. Sentant le danger se dessiner à l’horizon, la reine-mère Njapdounke crée un corridor de sécurité en rapprochant une bonne partie des membres de sa famille dans les zones stratégiques du royaume. À peine la vingtaine sonnée, elle décide qu’il est temps pour son fils de s’asseoir sur le trône du roi Nsangou. Malgré son jeune âge, Njoya est finalement porté à la tête du royaume Bamoun. Mais le jeune monarque doit face à l’opposition de certains notables qui sont conduits par Ngetkom Ndomboue, qui contestent sa gestion. Certainement, sous le conseil de sa mère, Njoya chasse son tuteur du palais. Furieux par cette décision, ce dernier va entrer en rébellion contre lui.

Ngetkom Ndomboue va monter une armée avec un groupe de personnes acquise à sa cause pour combattre le jeune roi. Njoya est sur le point de vivre sa première expérience de guerre, lui qui vient à peine de prendre les rênes de son royaume. Il va pourvoir compter sur sa protectrice, la reine-mère Njapdounke qui va une nouvelle fois s’illustrer comme une vraie stratège. Dans certains récits, il est dit, que l’armée de Ngetkom Ndomboue préparait déjà un assaut contre Njoya et ses hommes. Dans l’urgence, la reine va envoyer son fils nuitamment demander de l’aide au lamido de Banyo. Un renfort de poids qui permet à Njoya de prendre le dessus sur ses adversaires. Pour montrer sa reconnaissance aux guerriers peuls pour leur assistance, la reine-mère Njapdounke va leur remettre des cadeaux. En bonne diplomate, elle va œuvrer à la mise en place d’un partenariat avec le royaume Bamoun et le lamidat de Banyo.

Même si on peut reconnaître à la reine-mère Njapdounke d’avoir eu une grande influence sur certaines décisions de Njoya. Elle ne s’est pourtant pas opposée à ses choix religieux ; notamment, lorsqu’il s’est converti à l’islam Peul, l’islam pur et dur. 

De son prénom Elisabeth NJAPDOUNKE, elle n’aura qu’un fils avec le Roi NSANGOU. Ce pendant, elle avait accouché d’une fille nommée KAGHERE avant de faire ses entrées au Palais.

Pour la petite histoire, cette dernière sera reconnue à titre posthume et sacrée MOMAFON par le Sultan SEIDOU NJIMOLUH (18e Roi, 1933-1992). Cette distinction revint au Prince NJI PAFOYOUOM CHOUAIBOU son frère et fils du Roi NJOYA.

Parmi les Amazones de la galaxie MANJARA en générale et du Royaume Bamoun en particulier, NJAPDOUNKE arrive en pelletons de tête et elle le mérite bien.

Elle le sera en jouant la mère-protectrice de son enfant Roi en vers et contre tous y compris NGETKOM NDOMBOUE, l’opposant de son fils NJOYA, le seul rebelle qui réussit à sortir NJOYA de ses recherches et de sa paisible et fructueuse créativité pour faire la guerre.

C’est sur les conseils avérés de cette mère-protectrice que NJOYA sollicite le concours du LAMIDO de Banyo pour mettre fin à cette guerre civile qui n’aura que trop durée.

NJAPDOUNKE saura dire "Merci aux Peuls" à travers les cadeaux abondants  et un tissage de liens de coopération abondants qui la survivra.

A l’arrivée de la colonisation et surtout de l’introduction du christianisme en pays Bamoun, NJAPDOUNKE deviendra chrétienne avec pour nom de baptême Elisabeth, mais ne cessera point de jouer son rôle de mère poule en défendant becs et ongles ses petits fils et petites filles nés du Roi NJOYA qui recevraient quelques chicottes à l’école.  Le Sultan SEIDOU nous relate que la Reine-Mère NJAPDOUNKE se déplaçait du Palais pour aller expliquer au Révérant Pasteur que l’on ne fouette pas les enfants du Roi. Heureusement pour tout le monde, aucun incident ne fut créé entre la Reine- Mère et le Pasteur Anglais ; car voulant l’insulter dans sa langue, la Reine- mère sollicita une traduction d’injure malpropre et le mot qu’on lui servit fut ‘’ Morning shu’’ et c’est ce qu’elle prononça pour la grande joie du Pasteur heureux de ce que la reine mère s’adressait à lui dans la langue de Shakespeare pour la bonne convivialité.

Un véritable malentendu qui fera des choux gras, mais n’entamera point les bonnes relations entre le Palais et l’Eglise.

Amazone, mère poule et mère protectrice, NJAPDOUNKE Elisabeth sera tout cela à la fois.

En effet, lorsqu’il a fallu assoir le pouvoir de son fils encore petit, elle n’a demandé l’avis de personne pour être la régnante émérite du Royaume. Elle fera ramener le maximum des membres de sa famille de Mbantou à commencer par son frère NJIMONKOUOP  pour les installer sur le plateau de Nkoundounka afin de permettre à ce sérail d’être proche du pouvoir, avec ses tenants et aboutissements. Tout cela pour mieux encadrer son fils.

Dans le même esprit de la maitrise du pouvoir, il convient de se souvenir qu’après la guerre fratricide qui vit le Roi NSANGOU passer de vie à trépas, NJOYA organisa le retour de crane de son père de Banso avec le concours des colons Allemands  (qui venaient de prendre la place des Anglais) mais surtout avec la bénédiction de sa mère. Cette dernière eut à vivre quelques longues et paisible années de cohabitation avec sa belle-mère NGOUNGOURE SHETFON qui ne se laissait pas faire non plus et entendait bien jouer son rôle de Reine-mère exceptionnelle pour s’être assise  30 minutes durant sur le Trône de Nshare Yen avant de passer le pouvoir à son fils NSANGOU.

Ce fut par une ruse de Sioux que NJAPDOUNKE  entreprit et réussit de résoudre le problème de bicéphalisme au Palais.

La Reine NJAPDOUNKE  appuya son illustre fils NJOYA à travers ses innovations, inventions et créations dans presque tous les domaines de l’activité humaine. Mais elle ne le suivit plus dans ses convictions religieuses, qu’il s’agisse de l’Islam Peul en même du Nwet-Kwete[1], et enfin de l’islam pur et dur.

La Reine mère NJAPDOUNKE Elisabeth avait fait son choix, elle était convaincue de faire le bon combat et baptisée Elisabeth, elle est décédée Elisabeth pour Dieu et pour le bonheur de tous ceux d’entre nous qui prônent la coexistence religieuse pacifique. Tout ceci dans un esprit du vivre ensemble qui ne dit pas son nom.

[1] Religion syncrétiste créée par le Roi NJOYA

[2] Bachirou Njoya

Illustration: La reine-mère Njapdounke, filmée par Friedrich Lutz, entre 1905 et 1906.

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