Covidgate : 132,4 milliards pour le fonctionnement sur les 180 prévisionnels
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4 programmes au départ

La lutte contre le coronavirus avec ses répercussions sociales et économiques, en quoi consiste-t-elle? L’opinion camerounaise sait qu’un fonds a été créé pour cela et son utilisation a fait problème par la suite. Mais elle ne sait pas à quoi concrètement devait servir les sommes querellées. Le premier rapport semestriel du ministère des Finances donne plus de précisions à ce sujet. 4 programmes avaient été retenus au total. Le programme 971 consacré au renforcement du système sanitaire, dans le but de prévenir la propagation de la pandémie covid-19 et prendre en charge les personnes malades. Il était question de faire la recherche active des cas, en faisant émerger de la populations tous les cas positifs au virus, symptomatique ou non, assurer par la suite la prise en charge hospitalière et thérapeutique des personnes dépistées positives au Covid-19 et enfin faire de la régulation sociale en réduisant les risques de contamination du virus.

Le programme 972 était consacré à la résilience économique et financière, visant à atténuer les répercussions économiques et financières de la crise sanitaire au covid-19 sur les entreprises. Plus précisément, il s’agissait de réduire les dépenses alimentaires par l’acquisition des intrants pour la production agricole vivrière et pastorale, notamment les produits susceptibles de réduire la dépendance alimentaire, de poursuivre l’apurement de la dette intérieure et des stocks des crédits Tva pour renforcer la liquidité des entreprises, de mettre en place un fonds de relance économique au profit du secteur productif pour promouvoir l’investissement et enfin de coordonner les activités et assurer l’audit des dépenses.

Le programme 973 quant à lui était consacré au renforcement de la recherche scientifique et de l’innovation. Son objectif était d’inciter le développement localement des solutions innovantes pouvant aider dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Précisément, il s’agissait de  développer la recherche et  la production locale des produits pharmaceutiques de première nécessité comme les compresses, antidouleurs et antibiotiques, renforcer la collaboration entre naturopathes et personnel soignant pour le développement et la certification des produits traditionnels proposés d’une part, et d’autre part de renforcer la production de semence améliorées et encadrer les producteurs pour ce qui est des cultures de grande consommation (riz, blé, maïs, etc.) ou des produits de substitutions (manioc, patate, etc.). Le dernier programme, 974, devait s’occuper de la résilience sociale pour atténuer les répercussions de la maladie sur les couches sociales.

Il fallait à cet effet assurer une éducation/formation à distance pour les élèves en classe d’examen, des cycles primaire et secondaire, ainsi que les étudiants du cycle supérieur, procéder à la distribution des outils et supports pédagogiques en milieu rural en tirant avantage de la décentralisation, développer des outils d’apprentissage, de contrôle à distance et des plateformes de travail virtuelles, mettre en place un système de veille visant à garantir la disponibilité des stocks des produits de consommation courante, garantir un minimum de ressources aux couches sociales pauvres, instaurer un fonds de solidarité en soutien aux enfants de la rue et aux personnes âgées et enfin inciter une grande production locale des produits et petit matériel de consommation courante.

1 L’usage à faire finalement de ce budget du Fonds a été arrêté en respectant une habitude camerounaise, où quoique tout soit à faire, le contenu de l’enveloppe de fonctionnement est toujours largement supérieur à celui des investissements, on consomme plus pour investir peu. Ainsi, il a été retenu 47,6 milliards comme  dotation en investissement et 132,4 milliards de  fcfa comme dotation de fonctionnement, presque le triple

132,4 milliards pour le fonctionnement

4 programmes au total qui touchaient tous les secteurs de la vie, et s’ils avaient tous été exécutés avec efficacité, toutes les couches de la population devraient non seulement être touchées, mais surtout réconfortées face à la psychose installée. La diversité des domaines touchés justifie donc l’implication de plusieurs départements ministériels dans une affaire qu’on disait au départ ne concerner que le ministère de la Santé publique. Même si ce ministère a été au-devant de la scène et a été bénéficiaire de la plus grosse enveloppe, ils étaient au total 24 ministères et administrations retenus pour s’impliquer dans la mise en œuvre de ces différents programmes.

D’après le rapport du ministère des Finances, à l’issue des conférences budgétaires spéciales, ou des réunions au cours desquelles on discutait des besoins en termes d’argent, des demandes d’un montant de 228 milliards ont été recensées, au-dessus du plafond de 180 milliards. Aussi, tenant compte des affectations spécifiques des ressources de certains bailleurs, des arbitrages ont été faits et formalisés dans un projet de décret de répartition à l’effet de permettre le respect de ce plafond, le champ d’éligibilité des dépenses du Fonds et des intentions d’affectation des bailleurs. C’est ce qui a donné lieu à la signature du décret du Premier ministre le 22 juillet 2020 qui fixait la répartition par ministère et par administration. Dans ce décret, la dotation du programme 974 « Résilience sociale » initialement fixé à  14,5 milliards de fcfa  a été augmenté à 41,5 milliards de  fcfa en ligne avec l’importance et la sensibilité des besoins des ministères de l’Education  de Base, des Enseignements secondaires et de l’Enseignement supérieur liés à l’organisation des examens et concours, ainsi qu’aux préparatifs de la rentrée scolaire 2020-2021.

Ce relèvement tenait également compte de l’exigence de la Banque Mondiale d’affecter 16 milliards de fcfa supplémentaires au projet « filets sociaux ». L’usage à faire finalement de ce budget du Fonds a été arrêté en respectant une habitude camerounaise, où quoique tout soit à faire, le contenu de l’enveloppe de fonctionnement est toujours largement supérieur à celui des investissements, on consomme plus pour investir peu. Ainsi, il a été retenu 47,6 milliards comme  dotation en investissement et 132,4 milliards de  fcfa comme dotation de fonctionnement, presque le triple. Le ton était déjà donné à partir de là. Quel ministère ou administration a eu quoi, pour faire quoi, qu’est-ce qu’il ou elle en a fait, pour quel résultat, les réponses à ces questions feront l’objet des prochains éditoriaux.

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