CAMEROUN :: Jacques FAME NDONGO : La vérité sur les élucubrations du ministre d’Etat Marafa :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Cameroon Tribune : Jacques FAME NDONGO
  • lundi 24 février 2020 02:00:00
  • 2429

CAMEROUN :: Jacques FAME NDONGO : La vérité sur les élucubrations du ministre d’Etat Marafa :: CAMEROON

J’ai lu, non sans intérêt, le message, publié dans « L’œil du Sahel » du vendredi 21 février 2020, par le Ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya « aux représentants de la Nation nouvellement élus ». Ce texte est intitulé « Pour une République sincère ».  Je voudrais le décrypter, à l’aune d’une grille de lecture immanente (analyse rigoureuse et méticuleuse du contenu pour en dégager la vision du monde).  Mon décodage regroupera le message en cinq agrégats: (1) politique, paix et sécurité ; (2) administration, (3) économie et infrastructures, (4) justice sociale et solidarité nationale, (5) diplomatie.

1-Politique, paix et sécurité

Le Ministre d’Etat Marafa demande aux « aux représentants de la Nation nouvellement élus » de dire la vérité sur le Cameroun qui serait en déliquescence. Or, dans son message du 21 février 2020, il leur dénie toute légitimité.  Question : ces élus sont-ils légitimes ou illégitimes ? S’ils sont légitimes, ils ont le droit de se prononcer, au nom du peuple camerounais sur la situation qui prévaudrait au Cameroun. S’ils sont illégitimes, ils n’ont pas le droit de parler au nom du peuple camerounais; ils pourront, tout au plus, parler en leur propre nom, droit reconnu à tout citoyen de notre pays.

Le Ministre d’Etat Marafa magnifie « les boycotts et tentatives de perturbations » des élections législatives et municipales. Il valorise donc, et c’est son droit, la remise en cause de l’ordre républicain (puisqu’il récuse «la passivité » et postule que « l’élan de protestation est un déni actif de la légitimité des élections ». Il dénie donc aux élus du 9 mars 2009 la légitimité républicaine. Question: que doivent faire les élus qui, à l’issue du double scrutin du 9 février 2020, bénéficient de la légalité républicaine? Doivent-ils démissionner? Et quelle serait la conséquence, au plan institutionnel? Il n’y aurait ni Maire, ni Député. Le Ministre d’Etat Marafa préconise « une République sincère ». 

L’épithète « sincère » a une charge sémantique, psychologique, sociale et politique faible. En effet, le concept de « République sincère » est inférieur à celui de « République exemplaire » que promeut le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA: on peut être sincère dans la bêtise, l’immoralité, l’incompétence, l’irresponsabilité et l’inefficacité. En revanche, une « République exemplaire » est, nécessairement, et par essence, excellente. Le Président Paul BIYA nous demande de tendre donc vers cette excellence pour bâtir un « Cameroun nouveau ». Tandis que la « République sincère » n’implique pas ontologiquement la montée vers les cimes de l’excellence. Certes, il est vrai qu’en matière de finances publiques et de comptabilité, l’on parle de « sincérité des comptes » (exactitudes, arithmétique des chiffres) et dans le domaine de la sociologie électorale, il est habituel d’évoquer la « sincérité du vote ». Mais, s’agissant de la stratégie politique, il est hasardeux de postuler la sincérité de l’Etat ou de la République.  Même la cité de Platon n’était pas sincère mais idéale (les deux épithètes ont une dénotation et une connotation différentes).

Et Socrate affirme que nul n’est méchant volontairement, car l’on ne peut s’écarter de la vertu qu’involontairement, c’est-à-dire en croyant sincèrement, poser un acte vertueux, alors même que l’on est sous l’empire des passions, des instincts, des tendances, du « ça », comme dirait Sigmund Freud. Mais, une personne exemplaire est nécessairement vertueuse (au sens socratique du terme). C’est un modèle à suivre. Le Ministre d’Etat Marafa évoque 4 priorités pour son projet de société: « unité nationale, efficacité de l’action publique, transformation de l’économie, reconquête de notre leadership international. »

Ces priorités sont incomplètes: pour l’efficience d’un programme politique, il importe d’articuler les priorités autour des axes structurants suivants: paix et unité nationale, rayonnement diplomatique, compétitivité économique, solidarité et justice sociales. Tel est le choix du Président Paul Biya. En effet, il ne saurait y avoir d’unité sans la paix. Je souligne que, pour une nation, la paix est sacrée et sous-tend toute action publique ou privée.  Elle conditionne même l’ « efficacité  de l’action publique » dont parle le Ministre  d’Etat Marafa.  Elle est en relation étroite avec l’unité nationale.

La reconquête du « leadership international » suppose la perte ou la diminution de ce leadership. Or, au Cameroun, le Président Paul BIYA a toujours incarné le leadership international de notre cher et beau pays (ses interventions à la CEMAC, à la CEEAC, à la BEAC dont le siège est à Yaoundé, à la BDEAC, à la  CLBLT, au CRUFOR, à l’Union des Universités Africaines dont le siège est à Yaoundé, à la BAD, à la FAO, à l’UNESCO, à l’ONU, à la Francophonie, au Commonwealth, etc.) et lors de ses visites officielles dans les  Etats amis, la défense de la camerounité de Bakassi, pour ne citer que ces  exemples,  ont  eu  un  écho  retentissant  à travers le monde). S’agissant de la « transformation de l’économie », elle n’est que l’un des volets de la stratégie économique mise en œuvre par le Président Paul BIYA. Je rappelle qu’en économie, on produit, on transforme, on commercialise et on répartit équitablement les fruits de la croissance. Le Président Paul BIYA a tenu compte de ces quatre paradigmes et non d’un seul.

Le Ministre d’Etat Marafa estime dubitativement (« sans doute ») à 30% le taux de participation concernant le double scrutin du 9 février 2020. Je rectifie: ce taux a été de 43,79% (le rapport officiel de la Commission Nationale de Recensement Général des Votes, paraphé par l’ensemble des  Partis  Politiques  en  lice  faisant  foi,  sous réserve de la décision finale du Conseil Constitutionnel qui est juge du contentieux électoral) A propos du déni de légitimité, peut-on objectivement subodorer (pour ne prendre que ce cas) que les députés français issus des élections législatives des 11 et 18 juin 2017 soient dénués de toute légitimité parce que le taux de participation  à  cette  consultation  populaire  fut  de 42,64%? Assurément pas. Lors de son dernier « message aux Camerounaises et aux Camerounais », le Ministre d’Etat Marafa demandait aux Camerounais de « choisir, lors des élections présidentielle, législatives et municipales les candidats et Partis les plus capables de nous extraire enfin de l’immobilisme, de faire progresser le pays ».

Constat: les Camerounais ont choisi, avec une large majorité des suffrages valablement exprimés, le Président Paul BIYA (élection présidentielle de 2018) et les candidats du RDPC aux législatives (tendances actuellement disponibles) et aux municipales (résultats définitifs dans certaines municipalités et tendances, dans d’autres) de 2020. C’est la réponse cinglante et sans appel du peuple camerounais, libre et souverain, aux injonctions du Ministre d’Etat Marafa.

Ceci signifie (par la voie sincère des urnes) que l’immobilisme ne se trouve ni du côté du Président Paul BIYA, ni de celui des candidats du RDPC. L’immobilisme est dans le camp d’une opposition radicale voire nihiliste qui, au lieu d’aller aux urnes pour « vendre » aux électeurs un projet de société pertinent attractif, pour qu’ils « l’achètent » (à l’aune du marché politique de l’offre et de la demande), préfèrent s’enliser dans les mots d’ordre apocalyptiques. Le Ministre d’Etat Marafa estime que le Cameroun est divisé entre Anglophones et Francophones: c’est faux. Bon nombre de Francophones exercent leurs activités professionnelles dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest; plusieurs y sont inscrits dans des écoles primaires, des lycées et collèges, des universités du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Il en est de même des Anglophones. Plusieurs vivent en paix dans les huit régions d’expression française, sans être, pour le moins inquiétés. Au Cameroun, le vivre-ensemble est effectif (toutes les composantes religieuses, linguistiques, éthiques, politiques vivent en osmose dans toutes les régions du Cameroun).  Les mariages interethniques, inter-religieux, inter-linguistiques et inter-régionaux sont légion. Nul ne peut affirmer le contraire, sans verser dans le manichéisme et la fantasmagorie. Le Ministre d’Etat Marafa affirme que les résolutions du Grand Dialogue National n’ont été suivies d’aucun effet. C’est faux. Le Grand Dialogue National a abouti à 4 principales résolutions : 

Le statut spécial accordé aux régions du Nord-ouest et du Sud-ouest,

L’approfondissement de la décentralisation, la promotion du bilinguisme et la reconstruction desdites régions. La loi 2019/24 du 24 décembre 2019 portant Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées consacre le statut spécial des deux régions, autant que l’approfondissement de la décentralisation.  La loi 2019/019 du 24 décembre 2019 portant promotion des langues officielles adresse la question de la promotion du bilinguisme.

Le Premier Ministre, le Dr Chief Joseph Dion Ngute, a présidé, le 5 décembre 2019, une importante réunion avec les Ambassadeurs accrédités au Cameroun, pour leur présenter le programme spécial de reconstruction des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Des pays amis ont, à cette occasion, annoncé leur contribution au financement de ce programme. Preuve de la crédibilité internationale dont jouit le Cameroun. Le Ministre d’Etat Marafa affirme que l’insécurité s’aggrave dans la zone anglophone. 

C’est faux. Les forces de défense et de sécurité, sous la très haute impulsion de Monsieur le Président de République, Chef des Armées, sont en train de résoudre cette crise sécuritaire et, peu à peu, les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord retrouvent un climat de paix et de sécurité. Et plusieurs combattants sécessionnistes ou d’anciens activistes de Boko  Haram  sont en train  de  déposer  les  armes,  à  la  demande  de Monsieur le Président de la République, Chef des Armées.  Ils sont accueillis dans les Centres de Désarmement, Démobilisation et de Réintégration (Bamenda, Buéa, Mora). Le Ministre d’Etat Marafa daigne soutenir que les prétendus « massacres de NGARBUH » (départe- ment de Donga-Mantung, région du Nord-Ouest) ont atteint un niveau « insupportable ».  C’est faux.  Le Ministre de la Communication, porte- parole du Gouvernement, et le Ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, ont communiqué à suffisance sur cette situation. Leurs explications ont été claires, précises et convaincantes. Point n’est besoin de revenir sur ce cas. Tous les citoyens de bonne volonté doivent veiller, de quelque manière que ce soit, à la mise en œuvre de la paix dans les régions où celle-ci est mise à rude épreuve. C’est cela la sincérité du patriotisme et l’exemplarité de l’amour de la République 

2-Administration

Le Ministre d’Etat Marafa demande aux élus (qu’il juge sans légitimité) « d’œuvrer pour une décentralisation effective, ancrée dans les réalités locales, assise sur la Commune… ». Justement, le Chef de l’Etat a prescrit l’accélération de la décentralisation et du développement local. Qui mieux est, il a créé un Ministère de la Décentralisation et du Développement Local pour mettre en œuvre cette orientation stratégique.  Des moyens substantiels sont octroyés aux Communes afin qu’elles mettent en œuvre cette politique volontariste. Mieux, le Président de la République a créé plusieurs Communes et Arrondissements en 1992 puis en 2017, afin de rapprocher toujours davantage l’administration des citoyens et accélérer la  mise  à  la  disposition  des  populations  des services sociaux et économiques de base (santé, écoles, lycées, eau potable, électricité, téléphonie, internet, logements sociaux, routes, ponts, sécurité de  proximité,  marchés  de  vivres,  boutiques  et échoppes,  produits  de  première  nécessité  tels que le pétrole lampant, le savon, le riz, etc.).

Le Ministre d’Etat Marafa demande aux élus (devenus paradoxalement plus légitimes, alors qu’il récuse leur légitimité) de « combattre l’instrumentalisation de notre justice qui prononce des condamnations politiques ».  C’est faux.  Au Cameroun, la séparation des trois pouvoirs institutionnels (exécutif, législatif, judicaire) est effective, conformément aux règles en vigueur dans toute démocratie avancée. Aucune condamnation n’est politique. Si tel était le cas, tous les candidats à la présidence de République seraient en prison. Or, aucun d’eux n’est incarcéré. Alors, qui instrumentalise qui ?

Les magistrats sont-ils des fonctionnaires manipulables ou des marionnettes ? Ne disent-ils pas le Droit au nom du peuple camerounais ? Il s’agit, en réalité, de l’application stricte, par le pouvoir judicaire, des lois et règlements de la République (infractions de droit commun visées par législation en vigueur, conformément aux lois votées par le pouvoir législatif et promulguées par le Chef de l’Etat).  Et comme le stipule la Constitution, le Président de la République garantit l’indépendance de la magistrature 

3-Economie et infrastructures

Le Ministre d’Etat Marafa soutient que plusieurs projets structurants tels que « le Port de Kribi », les barrages de Lom Pangar, Memve’ele, Mekin » ne sont pas réalisés. C’est faux. a)  La mise en eau partielle du barrage de Lom Pangar a été effectuée en septembre 2015. La mise en eau totale du même barrage a été faite en janvier 2017. Depuis lors, ce barrage réservoir retient 6 milliards de m3 d’eau, permettant ainsi de réguler le bassin de la Sanaga.  Principale conséquence positive, les barrages de Song Loulou et d’Edéa peuvent produire leur pleine capacité pendant l’étiage. b) Le barrage de Memve’ele a été mis en service le 14 avril 2019. Il produit depuis lors environ 65 Mégawatts de puissance continue, ce qui a un impact positif sur l’approvisionnement des populations de la région du Sud voire du Centre en énergie électrique. Le barrage de Mekin a été mis en service en mai 2019.

Des réajustements techniques sont en cours pour son fonctionnement optimal. c) La phase 1 de l’autoroute Yaoundé-Douala est en voie d’achèvement (les deux tiers de cette phase, à savoir de Nkolnkoumou, près de Nkolbisson à Yaoundé, à Mangoda au Nord de Boumnyébel et au Sud de Botmakak, sont entièrement bitumés. Les travaux en cours concernent le tronçon de 20 km qui relie Mangoda et Bibodi. L’autoroute elle-même est à deux sens, avec deux voies par sens, soit au total quatre voies.  Et ces voies sont séparées par un terre-plein de de 5 mètres en moyenne. Les rigoles en béton sont déjà pratiquement terminées, quatre viaducs jalonnent l’itinéraire « Nkolnkoumou- Mangoda ». Au lieu-dit Lobo, il existe un bel échangeur qui est terminé). d) La phase 1 de l’autoroute Nsimalen-Yaoundé (Ahala) est déjà terminée. (Nsimalen – Ahala, au lieu-dit Centre médical d’arrondissement. C’est la phase rase campagne.

La phase 2 (zone urbaine) va bientôt commencer. e) La partie méridionale et la partie septentrionale du Cameroun sont reliées par une route bitumée construite par le Président Paul BIYA : Yaoundé-Bertoua-Ngaoundéré par Garoua Boulaï et Meiganga. Les routes bitumées reliant Ngaoundéré-Garoua-Maroua-Kousseri sont en voie de réhabilitation. L’axe Batsenga-Ntui-Yoko-Tibati est également en voie de bitumage : le tronçon Yoko – Léna (45 km), est complètement bitumé (travaux réceptionnés) ; Léna – Tibati :  dégagements effectués et travaux en cours. Batsenga – Yoko : en cours ; pont sur la Sanaga à Nachtigal : entièrement réalisé. Le Ministre d’Etat Marafa affirme que « les forages d’eau potable dans l’Extrême-Nord promis depuis 2011 ne sont pas encore réalisés ». C’est faux.

S’agissant des forages dans la partie septentrionale du pays, les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord ont bénéficié, chacune, de 100 forages, construits entre 2016 et 2018, dans le cadre de la première phase du Plan d’urgence Triennal pour l’accélération de la croissance économique. 3000 forages sont en construction dans ces 3 régions, depuis 2018, au titre de la 2 e phase du même Plan d’Urgence. Le Ministre d’Etat Marafa estime que « le taux de croissance de 3 ou 4% de notre PIB que vante notre gouvernement ne veut rien dire car notre croissance n’est pas inclusive et échoue à créer de l’emploi, et à développer notre capital humain ». C’est faux. Plusieurs pays développés ont un taux de croissance qui oscille entre 1% et 2%. Et l’on ne peut pas affirmer que ces économies soient sinistrées ou non inclusives.

En effet, le développement (et pas seulement la croissance qui est quantitative) est une priorité du Chef de l’Etat et du gouvernement. D’où l’accent mis sur le désenclavement des bassins de production, l’hydraulique rurale, l’électrification des villages et des quartiers populeux, la santé (hôpitaux gynéco-obstétriques, hôpitaux de référence, hôpitaux de district, centres médicaux  d’arrondissement,  centres  médicaux d’urgence, centres de santé intégrés, luttes contre les épidémies et les pandémies, centres Mère et Enfant à l’instar de la Fondation Chantal BIYA, hôpitaux  axés sur la chirurgie  endoscopique  et  la reproduction  humaine  à  l’instar  du  CHRACERH (Centre Hospitalier de Recherche et d’Application en Chirurgie Endoscopique et Reproduction Humaine) à Ngousso/Yaoundé, sous les auspices de Madame  Chantal  Biya),  Centre  International  de Reférence Chantal Biya à Yaoundé. S’agissant de l’agriculture, de l’industrie et des services (c’est-à-dire les secteurs primaire, secondaire et tertiaire), le gouvernement a mis sur pied une politique cohérente et moderne pour optimiser et maximiser la production, la productivité et la rentabilité de ces domaines. L’agriculture de 2 e génération, le plan minier, le plan directeur d’industrialisation, l’assainissement des finances publiques, du fichier solde, la rationalisation de la dépense publique, l’assainissement du secteur des forêts, la lutte contre la désertification, la sécheresse, les inondations, etc. constituent quelques- uns des chevaux de bataille du gouvernement

4-Justice et Solidarité nationale

J’ai déjà évoqué la santé publique dans le cadre de la croissance inclusive ou encore de la dimension sociale de la croissance (DSC).  Je m’appesantis, maintenant, sur l’emploi, le capital humain, le sport, que le Ministre d’Etat Marafa évoque dans son message.  Il affirme que « notre croissance « échoue à créer de l’emploi ».  Faux.  Qu’il se réfère aux deux derniers messages du Chef de l’Etat à la jeunesse : notre économie a généré, chaque année, 500.000 emplois (secteur public, secteur para-public, secteur privé). Ce n’est pas peu. Et ces efforts vont s’accroître. Le Ministre d’Etat Marafa      affirme que notre croissance « échoue à développer le capital humain. Faux. Le capital humain » (techniciens, techniciens supérieurs, cadres, cadres supérieurs) est créé par le système éducatif et la formation professionnelle publique, parapublique ou privée.

L’enseignement (qui s’étend jusqu’aux instituts appartenant aux ministères en charge de l’agriculture, de l’élevage, des postes et télécommunications, de la santé publique, de l’économie, des finances, de la défense, de la fonction publique, des sports, de la jeunesse, des forêts, etc.) forme un capital humain compétent et compétitif. L’économie du savoir en vigueur au Cameroun, a permis de mettre sur le marché de l’emploi un capital humain diversifié, pointu et adapté à la demande des milieux socio-économiques. La question aujourd’hui, n’est plus « que sais-je ? », mais, « que sais-je faire ? » (Le savoir-faire, le know how »).

Autant  le  système  éducatif,  au  sens  large  (au moins une quinzaine de ministères et d’administrations publiques et privées), produit et diffuse des savoirs savants, autant il permet aux apprenants de s’approprier les savoirs pratiques, concrets, grâce à l’apprentissage (aux Centres de Formation Professionnels d’Excellence) de la chaudronnerie, la  plomberie, la soudure, l’électricité, le froid, la climatisation, la menuiserie, la mécanique automobile,  les  techniques  agricoles,  halieutiques, pastorales, etc…). Sur un autre plan, la formation supérieure met, sur le marché, des médecins, des pharmaciens, des dentistes, des ingénieurs, des professeurs, des chercheurs, des pédologues, des physiciens, chimistes, biologistes, géologues, communicateurs, économistes, juristes, démographes, sociologues, historiens, linguistes, etc… à l’aune d’une professionnalisation idoine axée sur l’employabilité des diplômés d’une part et sur la recherche de très haut niveau d’autre part. Sur ce point, d’une seule Université en 1982 (lorsque le Chef de  l’Etat  accède au pouvoir),  le Cameroun est  passé  à  8  Universités  d’Etat,  9  Facultés  et Instituts  de Médecine  au lieu  d’un  en 1982),  4 écoles normales supérieures d’enseignement technique (au lieu d’une seule en 1982), quatre écoles normales supérieures (au lieu d’une seul en 1982), cinq écoles nationales supérieures polytechniques (Yaoundé, Maroua, Bamenda, Faculty of Engineering à Buéa, Faculté de Génie industriel  de Douala), une  école  supérieure  vétérinaire  (Ngaoundéré) alors qu’il n’y en avait aucune en 1982, et 273 instituts privés d’enseignement supérieur (au lieu d’un seul en 1982) etc…

Le Ministre d’Etat Marafa estime que « les mille milliards de FCFA dépensés dans le cadre de la CAN (allusion à la construction des stades ultra-modernes de Japoma/Douala, Olembe/Yaoundé, Bafoussam, Limbé, Garoua, réfection des stades existants, et à toutes les infrastructures connexes (piscines, gymnases, voies d’accès etc…))  Ne servent à rien ». Le Ministre d’Etat ignore ou feint d’ignorer que l’économie du sport est l’une des plus rentables au monde. Après le CHAN puis la CAN, l’Etat rentabilisera les infrastructures sportives (spectacles, manifestations culturelles, jeux divers, matches de gala avec des vedettes mondiales du football, championnats professionnels etc…)  La gestion des stades pourrait être privatisée, si l’Etat en a convenance et à la suite d’une étude probante de faisabilité technique et de soutenabilité financière.

5- Diplomatie

Elle est articulée autour du diptyque « présence et rayonnement  ». Le Cameroun est présent et rayonne sur la scène internationale, selon la loi des cercles concentriques : sous-région Afrique Centrale, région Afrique, Monde. Nous rayonnons à la CEMAC, à la CEEAC, à la CBLT, à la BDEAC, à la Bourse des valeurs d’Afrique Centrale, à la BEAC, au CAMES, à l’Association des Universités Africaines, à l’Union Africaine, à l’Université Panafricaine (dont le siège du Rectorat est à Yaoundé), au Parlement panafricain (dirigé par un Camerounais), à la BAD, à l’UAR, à l’UNESCO ; au Commonwealth, à la Banque Islamique, à la Banque Mondiale, au FMI, à l’ONU, etc.  La voix du Cameroun se fait toujours entendre haut et fort au grand prestige et au crédit exceptionnel dont jouit le Président auprès de ses pairs et de par les succès multiformes du Cameroun.

Le leadership (au plan diplomatique) se mesure à l’aune de plusieurs paramètres (siège d’une institution, financement par le pays, postes influents occupés, nombres de nationaux en activité au sein de la structure, etc.). Au regard de ces paradigmes, le Cameroun est bien loti. Et son influence va crescendo. Voilà la vérité sur  les  élucubrations du Ministre d’Etat Marafa qui fut, sous le Président Paul BIYA : Secrétaire d’Etat aux Ministère des Finances ( de novembre 1992 à juillet 1994), Conseiller Spécial du Président de la République (de juillet 1994  à décembre 1997), Ministre Secrétaire Général à la Présidence de la République (de décembre 1997 à avril 2001), Ministre d’Etat, Secrétaire Général à la Présidence de la République (d’avril 2001 à août  2002),  Ministre  d’Etat,  Ministre  de  l’Administration Territoriale (d’août  2002  à  décembre 2011), PCA du FEICOM (d’août 2002 à décembre 2011), membre du Bureau Politique du RDPC, le parti au pouvoir (de 1996 à 2011). Soit près de deux décennies de cheminement « fidèle » avec le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef des Armées, Président National du RDPC. Pendant toute cette période, les Camerounais ne se souviennent pas qu’il ait, une seule fois, stigmatisé ce qu’il exècre aujourd’hui. Qui a parlé de « sincérité » et de « vérité » ? Avait-il eu l’honnêteté de démissionner de ses fonctions gouvernementales, comme le firent deux ou trois collègues ? Question de conscience et de vérité. 

24févr.
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