Cameroun: CAUTIONS ELECTORALES ASPHYXIANTES : CETTE AUTRE "ARME DE DESTRUCTION MASSIVE" NON DÉNONCÉE :: CAMEROON

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Les critiques décriant le système électoral camerounais abondent couramment sur nombre de facteurs nocifs bien sûr non mineurs : corruption, élection présidentielle à un seul tour au lieu de deux, défaut de bulletin de vote unique, défaut de commission électorale indépendante, falsification des procès-verbaux, tripatouillage des résultats, … Laissant pourtant de côté cet autre serpent dont les effets du venin s’apparentent à ceux d’une « arme de destruction massive » en matière politico-électorale. Il s’agit de la caution électorale asphyxiante imposée « légalement » par la dictature au pouvoir.

Et pour mieux appréhender les tenants de cette thèse, il paraît utile de rappeler, entre autres, que nous sommes dans un pays où le SMIG est fixé à 36.240 francs CFA, pays où un professeur de lycée (fonctionnaire de la plus haute catégorie (A2) de la Fonction Publique), en début de carrière, a un salaire de base de 167.813 francs, un pays où un studio décent se loue à 70.000 francs CFA au moins, un pays où l’on trouve des professeurs d’université allant au travail assis derrière une moto-taxi, un pays où des hauts diplômés sont réduits à des emplois précaires, piètres ou à l’auto-emploi dérisoire du genre : vendeur de livres au poteau, benskineur, enseignant vacataire ou « maître des parents » payé à 30.000, 50.000 ou 80.000/mois dans le meilleur des cas, journaliste de fortune, micro-quincailler ambulant, fripier, vendeur à la sauvette, nécessiteux en somme, … Libre à chacun de prolonger, à sa sagesse, la liste et d’évaluer les autres éléments à charge caractérisant la rudesse, le coût ou le niveau de vie de la grande majorité des citoyens : eau, électricité, ration alimentaire, santé, scolarité des enfants, impôts, déplacements, obligations sociales et communautaires, etc.

Notons également en passant que l’un des fondamentaux sous-jacents de la démocratie c’est l’égalité de chance pour tous.

Tout ceci dit, jetons maintenant un coup d’œil dans notre code électoral (ou ce qui en fait office), notamment dans ses dispositions respectives fixant les cautions exigibles lors des consultations électorales. Il en ressort ceci :

* 30.000.000 F pour l’élection présidentielle ;

* 1.000.000 F par candidat pour les législatives et les sénatoriales ;

* 50.000 F par candidat pour les municipales ;

* (Le taux relatif aux régionales reste attendu).

A l’analyse, il transparaît que :

1) Les citoyens ordinaires, dans leur immense majorité, sont d’office exclus du champ de la compétition électorale du fait de leur minable pouvoir d’achat, à moins pour eux de s’endetter aux fins de s’embarquer dans cette aventure d’issue incertaine sous nos cieux ;

2) Même les hauts cadres et autres éminences grises, comme l’indique l’exemple et autres cas cités plus haut, ne sont non plus les mieux lotis eu regard à l’absence ou à la médiocrité de leurs revenus ;

3) En y ajoutant le verrou du non-remboursement de la caution au cas où la liste n’obtiendrait pas au moins 10% des suffrages (cas de la présidentielle, des sénatoriales et législatives) ou 5% (cas des municipales), ladite caution devient un véritable virus qui désactive l’engouement chez beaucoup de potentiels candidats pourtant très compétents et sérieux ;

4) Le bouquet ce sont les partis politiques, en l’occurrence ceux d’opposition. En effet, pour participer à tous les scrutins et couvrir l’ensemble des circonscriptions du territoire national, il faudra pouvoir déployer les sommes ci-après au titre des cautions électorales de tous les candidats pour les différents scrutins successifs :

* Pour la présidentielle : 30.000.000 F ;

* Pour les sénatoriales : 100.000.000 F ;

* Pour les législatives : 180.000.000 F ;

* Pour les municipales (10 626 conseillers municipaux x 50.000) : 531.300.000 F ;

Soit au total : 841.300.000 F (huit cent quarante et un million trois cent mille francs) CFA pour les seules cautions, en attendant l’avènement des Conseils Régionaux. Sans compter divers autres frais connexes tels que la taxe foncière et d’autres anonymes exigés pour conditionner la délivrance du certificat d’imposition ou de certaines pièces complémentaires du dossier.

Et si seulement en s’acquittant desdites cautions et frais l’on était au bout des peines. Que diable ! Il ne s’agit malheureusement là que d’une condition préliminaire qui, pour être asphyxiante, n’est pour autant pas suffisante. Que dis-je ! Ce n’est d’ailleurs que la salade d’entrée, le plat de résistance étant la campagne électorale avec tout son cortège de dépenses inouïes de toute nature et ce jusqu’aux facilités allouées par chaque parti à ses scrutateurs et représentants dans les différents bureaux de vote.

Au bout du compte, c’est un faramineux pactole de l’ordre de deux milliards ou plus qu’il va falloir pour se lancer dans toutes ces macro-aventures émaillées de tout genre de truanderies et tripatouillages au profit d’une poignée ou d’un parti d’avance autoproclamé « gagnant » et ayant mis toute une artillerie monstre en marche pour « gagner » à tout prix et à tous les prix, au préjudice de la fortune publique et l’avenir de la nation.

Fort de tout ce qui précède, avant de continuer à tirer à boulets rouges sur tel ou tel parti pour cause de son « incapacité à présenter les candidats partout pour valablement affronter celui au pouvoir qui use et abuse des ressources publiques », il y a lieu de se demander déjà là où le partis mis en cause et ses candidats devraient puiser les moyens leur permettant de transcender les exigences draconiennes susmentionnées et celles non évoquées.

Autrement dit, il apparait impérieux qu’au lieu de s’investir davantage dans des critiques et querelles improductives, il serait plus judicieux et constructif de redéployer désormais les énergies dans le titanesque combat à entreprendre par tous les esprits bienveillants pour déconstruire la mafieuse machine électorale en vue de changements révolutionnaires dans le processus, ceci comme gage d’élections saines, crédibles et bénéfiques à toute la nation et non à quelques-uns ou aux seuls partis en compétition.

A ce propos, l’une des principales recommandations à faire aux partis politiques concernés ne serait-ce pas de mettre en place une plate-forme commune, appuyée par la société civile, pour développer un puissant lobbying aux fins de la contextualisation des lois et autres textes régissant les élections, pour les arrimer à la fois aux standards internationaux en la matière et aux réalités vivantes du pays de l’Oncle Otsama ?

Ne serait-ce pas là un début de vraie démocratie et un départ en trombe pour une émergence digne de ce nom ?

© Correspondance : Etienne Sonkin

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