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© Camer.be : Toto Jacques
- 01 Oct 2026 00:40:13
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Cameroun - Prometal décroche 26,2 milliards FCFA d'Afreximbank
Prometal SA obtient 40 M€ d'Afreximbank pour financer ses importations de billettes d'acier. Un soulagement pour le géant camerounais, un paradoxe pour la filière.
Le géant camerounais de la sidérurgie sécurise ses billettes d'acier avec un financement d'Afreximbank, alors que la filière locale peine à couvrir 40 % de ses besoins en ferraille.
Prometal SA a obtenu d'Afreximbank une facilité renouvelable de 40 millions d'euros environ 26,2 milliards FCFA pour financer ses importations de billettes d'acier. L'accord a été signé le 28 septembre 2026 au Caire, entre Denys Denya, premier vice-président exécutif d'Afreximbank, et Hayssam El Jammal, PDG de Prometal Groupe.
L'annonce a été publiée le 30 septembre par la banque panafricaine.
Une question, pourtant, ne figure dans aucun communiqué : comment un groupe qui importe plus d'acier pour faire tourner ses sept usines écoule-t-il ses produits sur un marché intérieur déjà saturé ?
Le Cameroun finance l'importation d'un acier qu'il ne parvient pas à écouler
Douala-Bassa, zone industrielle. Les laminoirs de Prometal tournent. Pas à plein régime autour de 50 % des capacités installées, selon l'Ocitram. Mais ils tournent.
Le financement signé au Caire doit précisément leur permettre de continuer. La facilité renouvelable de 40 millions d'euros est destinée à financer les importations de billettes d'acier, ces produits semi-finis qui, une fois laminés, deviennent du fer à béton, du fil machine ou des outils agricoles.
Le contexte est connu des industriels camerounais : la ferraille locale ne suffit plus. Selon Patrice Yantho, coordonnateur de l'Organisation camerounaise des industries de transformation des métaux (Ocitram), « l'industrie locale trouve à peine 40 % de la ferraille locale et est obligée d'importer jusqu'à 60 % de billettes ».
Une filière sous tension
Le phénomène s'accentue d'année en année. Les collecteurs de ferraille qui ravitaillaient les usines reconnaissent une baisse continue des volumes.
Résultat : les prix d'achat de la ferraille ont flambé d'environ 30 %.
Pour Prometal, cette facilité d'Afreximbank est une bouffée d'oxygène. Elle sécurise le cycle d'exploitation et évite les ruptures d'approvisionnement qui guettent les unités de production. Le groupe exploite sept sites industriels, avec une capacité annuelle cumulée d'environ 360 000 tonnes de produits sidérurgiques finis.
Le paradoxe du marché intérieur
Et pourtant. Le Cameroun dispose d'une capacité installée de transformation de l'acier estimée à 1,2 million de tonnes par an. La demande intérieure, elle, tourne autour de 450 000 tonnes.
Les usines camerounaises peuvent produire près de trois fois ce que le pays consomme.
Plus de 30 milliards FCFA de produits sidérurgiques dorment dans les entrepôts des industriels. Fer à béton, tôles, clous, charpentes les stocks s'accumulent.
« Notre stratégie hybride allie intégration verticale de la chaîne de valeur et expansion horizontale vers de nouveaux marchés », a déclaré Hayssam El Jammal lors de la signature.
La sortie ? L'exportation. Prometal a déjà lancé la construction d'une usine au Gabon, dans la zone économique spéciale de Nkok. Première phase : 38 milliards FCFA, pour une capacité de 120 000 tonnes de fer à béton par an.
Afreximbank, banquier de l'industrialisation africaine
Pour George Elombi, président d'Afreximbank, ce financement s'inscrit dans une logique continentale : « Ce financement s'inscrit dans la droite ligne de l'engagement d'Afreximbank à accélérer l'industrialisation, en veillant à ce que le continent tire le meilleur parti de ses ressources naturelles. »
La banque panafricaine présente l'opération comme un soutien aux « champions industriels africains » et au développement des chaînes de valeur régionales.
Au-delà de l'acier
Prometal ne se limite pas à la sidérurgie. Le groupe a diversifié ses activités dans l'agro-industrie avec Novia Industries, créée en 2018. Cette entité produit 500 tonnes d'huile alimentaire par jour et 160 tonnes de savon par jour, selon les données d'Afreximbank.
Pourquoi Prometal a-t-il obtenu ce financement ?
Parce que la ferraille locale ne couvre plus que 40 % des besoins de la filière. Prometal doit importer des billettes d'acier pour faire tourner ses usines.
Combien vaut ce financement ?
40 millions d'euros, soit environ 26,2 milliards FCFA. C'est une facilité renouvelable de fonds de roulement.
Le Cameroun produit-il assez d'acier ?
Techniquement, oui. Les capacités installées (1,2 million de tonnes) dépassent largement la demande intérieure (450 000 tonnes). Le problème n'est pas la production, mais l'accès aux matières premières et l'écoulement des stocks.
Qui dirige Prometal ?
Hayssam El Jammal est le PDG de Prometal Groupe. Il est également actif dans l'agro-industrie (Novia Industries) et l'immobilier.
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