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© Camer.be : La rédaction
- 12 Aug 2026 19:42:57
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France - EFRACAM : la présidence dément tout changement
« EFRACAM : Pierre de Gaétan Njikam dément un changement de présidence après l'AGE du 4 juillet. La nouvelle direction, elle, maintient sa légitimité. »
À la tête de l'association des élus franco-camerounais, deux légitimités s'affrontent désormais publiquement : la présidence sortante d'EFRACAM refuse de reconnaître l'existence d'une nouvelle direction.
Deux camps, deux communiqués, une seule association et, pour l'instant, aucune version officiellement tranchée. Ce qui aurait pu rester une querelle interne discrète est devenu, en quarante-huit heures, une confrontation publique entre deux légitimités qui se disputent le nom, le logo et la voix d'EFRACAM.
Un communiqué chasse l'autre
Le 10 août 2026, l'Association EFRACAM diffuse un texte sobre mais sans ambiguïté : « mise au point à la suite de la diffusion d'un communiqué non autorisé ». Le message est signé Pierre De Gaétan Njikam, qui s'y présente toujours comme « Le Président ». Il affirme que « la gouvernance n'a fait l'objet d'aucun changement » et que lui-même comme Maxence Ansel, présentée comme 1ère Vice-Présidente, demeurent en fonction « conformément aux statuts et dans le cadre du mandat en cours ».
Le communiqué visé par cette mise au point est celui annonçant une nouvelle direction, issue selon ses auteurs d'une Assemblée Générale Extraordinaire et d'une Assemblée Générale Ordinaire tenues le 4 juillet 2026. M. Njikam qualifie ce texte de « dépourvu de toute valeur » et invite les partenaires institutionnels d'EFRACAM, en France comme au Cameroun, à ne tenir compte « d'aucune prise de position, signature de convention ou engagement présenté en son nom » par les signataires du communiqué contesté.
Ce que revendique la nouvelle direction
Selon le récit publié par la nouvelle équipe, l'AGE et l'AGO du 4 juillet 2026 s'étaient tenues à la Maison des associations de Chevilly-Larue, convoquées à l'initiative de plus d'un tiers des membres actifs, comme le prévoiraient les statuts. La séance aurait été présidée par la trésorière Hermine Rigaud, assistée de la secrétaire générale Caroline Adomo, avec un quorum réuni au-delà de la moitié des membres actifs, pour un ordre du jour incluant les rapports moral, d'activité et financier de l'exercice 2025 ainsi que le renouvellement des instances.
À l'issue de ce vote, le nouveau Conseil d'administration se serait réuni en urgence sous la présidence du doyen d'âge, le Dr Georges Kibong A Mira, qui aurait alors été porté à la présidence, entouré de Blaise Ndjinkeu (vice-président), Laurentine Bisse-Jenaste (vice-présidente), Caroline Adomo (secrétaire générale) et Hermine Rigaud (trésorière).
Cette nouvelle direction va plus loin qu'un simple changement de personnes : le 7 août 2026, le Conseil d'administration aurait notifié une suspension temporaire, à titre conservatoire, à l'encontre de l'ancien président Pierre de Gaétan Njikam et de son ancienne vice-présidente chargée de la communication, Maxence Ansel, leur reprochant notamment des dépenses engagées sans vote budgétaire préalable, un manque de justificatifs, des contrats signés sans mise en concurrence, des virements non expliqués, ainsi que des manquements aux règles statutaires de gouvernance. Ces éléments, à ce stade, relèvent d'accusations formulées par une seule des deux parties et n'ont fait l'objet d'aucune confirmation judiciaire ou d'audit indépendant rendu public.
La présidence sortante conteste la légitimité même du processus
Le communiqué du 10 août n'entre pas dans le détail de ces accusations : il conteste la base même de la nouvelle direction, en qualifiant l'AGE et l'AGO du 4 juillet de « prétendument tenues ». Pour M. Njikam et Mme Ansel, aucune procédure régulière n'aurait donc permis de les évincer, et leur mandat resterait pleinement en cours.
Les deux textes s'opposent donc sur un point précis et vérifiable en théorie la régularité statutaire de la convocation et de la tenue de l'AGE/AGO du 4 juillet mais dont la presse ne dispose pas, à ce stade, d'éléments indépendants (procès-verbal certifié, décision de justice, position du Cameroun) permettant de trancher.
Une association déjà sous tension
EFRACAM, créée en 2015, rassemble des élus locaux et professionnels français d'origine ou de nationalité camerounaise. M. Njikam avait été réélu à sa tête en juin 2024 avec, selon ses propres déclarations à l'époque, plus de 93 % des suffrages, dans un climat déjà marqué par des tensions internes et la création d'une association concurrente par certains membres dissidents. L'actuelle crise s'inscrit ainsi dans la continuité de fractures internes anciennes plutôt que comme un épisode isolé.
Ce qu'il faut retenir à ce stade
- Deux personnes, Pierre de Gaétan Njikam et Georges Kibong A Mira, revendiquent chacune la présidence d'EFRACAM.
- Le point de bascule juridique est la validité de l'AGE/AGO du 4 juillet 2026, que seule une des deux parties reconnaît.
- Les accusations de dérives financières et managériales visant l'ancien bureau restent, en l'état, des allégations non tranchées par une instance indépendante.
- Aucune des deux parties n'a, à notre connaissance, saisi publiquement la justice à ce stade pour faire trancher la question de la gouvernance.

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