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© Camer.be : Paul Moutila
- 14 Jan 2026 17:29:50
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CAMEROUN :: Décès d'Anicet Ekane en détention : le Manidem exige la restitution du corps :: CAMEROON
La tragique disparition d’Anicet Ekane en détention jette une lumière crue sur la répression post-électorale au Cameroun. Le président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) est décédé le 1er décembre 2025, alors qu’il était détenu à la suite de son interpellation politique dans le contexte des troubles d’octobre.
Selon le parti, une première requête de la famille pour la restitution du corps avait été adressée au Secrétariat d’État à la Défense fin décembre, sans réponse. Face à ce silence, le Manidem a publié un communiqué officiel le 13 janvier 2026, interpelant directement le président Paul Biya. Le mouvement exige que la dépouille du défunt soit rendue à sa famille pour des funérailles dignes.
Cette affaire s’inscrit dans une crise post-électorale d’une violence extrême. Anicet Ekane avait été arrêté le 24 octobre 2025, accusé de soutenir l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui revendique la victoire à la présidentielle du 12 octobre. Son décès en détention provisoire, dans des circonstances non élucidées, suscite colère et indignation. Sa sœur affirme ouvertement : « ils l’ont tué », rejetant la thèse d’une mort naturelle.
Ce drame individuel illustre un phénomène bien plus large. Des organisations internationales documentent une répression violente systématique depuis la proclamation des résultats. Human Rights Watch rapporte que les forces de sécurité ont eu recours à une force létale, faisant des dizaines de morts parmi les manifestants. Les arrestations, elles, se comptent par centaines, voire par milliers selon les sources, visant souvent de simples sympathisants.
Le cas d’Ekane n’est malheureusement pas isolé. Un autre rapport fait état du décès de Djombe Awe Pildash, interpellé fin octobre pour avoir porté un t-shirt de soutien à Tchiroma Bakary, et mort trois jours plus tard en chambre de sûreté. Ces événements dessinent un climat de peur où l’expression politique pacifique devient un risque vital.
Face à cette situation, la demande du Manidem dépasse la simple question humanitaire. Elle devient un symbole de la lutte pour la dignité et la vérité dans un pays où, selon ses avocats, « le bien immatériel de la Nation » reste à conquérir. La restitution du corps d’Anicet Ekane est un préalable minimal à toute justice.
Alors que les tensions restent vives et que l’opposant Tchiroma Bakary a dû quitter le pays pour sa sécurité, une question fondamentale se pose : dans quelle mesure le traitement réservé aux détenus politiques et à leurs familles est-il le reflet de l’état de la démocratie camerounaise ?
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