Brise Armel NGOMGANG, rapatrié manu militari au Cameroun
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Brise Armel NGOMGANG a finalement été rapatrié manu militari samedi 4 décembre 2021, à bord d’un vol de la Turkish Airlines en partance de Bruxelles pour Douala (Cameroun) avec escale à Istanbul. "ils ont emmené Brise samedi matin étant scotché et attaché pour qu’il ne puisse plus se défendre", nous a confirmé samedi à 14h23 sa compagne Claira TAO à travers un sms.

Brise avait été mis en isolement au Centre fermé 127 bis à Steenokkerzeel (Centre de rapatriement) vendredi 3 décembre, après une première tentative de rapatriement manquée le même vendredi à 11h25, à bord du vol TK 1938 de la Turkish Airlines. Malgré la mobilisation du collectif DENIF qui s’était une fois de plus rendu samedi matin à 8 heures à l’aéroport de Zaventem pour sensibiliser les voyageurs du vol de la Turkish Airlines, l’expulsion a bien été effective, mais dans quelles conditions, peut-on se poser la question. "Ils l’ont détaché au moment de le mettre dans l’avion. La Police turque avait des cordes pour l’attacher, mais Brise a dit que ce n’était pas nécessaire", nous a explique dimanche matin, Claire Toa.

Il s’agit bien d’un rapatriement forcé dans des conditions inhumaines. Ce n’est pas la première fois qu’un tel rapatriement d’un africain à partir de la Belgique a lieu, c’est bien une expulsion de plus, qui vient s’ajouter à la longue liste des expulsions forcées depuis la mort de Samira Adamu, cette jeune nigériane décédée à Bruxelles, le 22 septembre 1998. Elle était demandeuse d’asile et fut étouffée à l’aide d’un coussin par deux policiers belges lors d’une tentative d’expulsion du territoire belge à l’aéroport de Zaventem. Quand est ce que ce cycle d’expulsion forcée prendra-t-il fin dans notre pays des droits de l’homme ?

Après avoir raté la correspondance à Istanbul, Brise a du passer la nuit sur place à l’aéroport. Il embarquera certainement aujourd’hui pour le Cameroun dans une autre correspondance de la compagnie Turkish Airlines, a indiqué Claire Toa.

Les résultats du test ADN effectués jeudi matin sur Brise Armel NGOMGANG et sa fille de 3 ans, ont prouvé qu’il était bien le père de l’enfant, et donc qu’il est bien Brise Armel NGOMGANG qui est sur sa carte d’identité, nous a confié sa Compagne Claire Toa Vendredi matin. A partir de cet instant, les doutes de la Police des frontières qui avait mis en cause l’identité de Brise sur sa carte d’identité ne sont pas valables. "l’Avocat de Brise avait envoyé ces résultats du test ADN à l’Office des Etrangers (OE) dès vendredi matin, en demandant à l’OE de libérer Brise Armel. L’Office des Etrangers avait bien eu connaissance de ces résultats, avant l’embarquement de Brise à 11h25. Dès lors, la planification d’une expulsion est évidente.

Il nous est difficile à ce stade de comprendre qu’une personne en règle au niveau de son séjour, puisse faire l’objet d’une expulsion sur le simple fait d’une supposée non ressemblance de la personne avec sa photo de sa carte d’identité. Père de deux enfants à bas âge et vivant maritalement avec sa compagne Claire Toa, l’expulsion de Brise marque aussi, la destruction volontaire d’une vie famille.

Bien qu’ayant un conseiller juridique dans cette affaire, on se pose la question du rôle de la mission diplomatique du pays d’origine de Brise, pour faire valoir la protection de ses ressortissants, malmenés par l’ Office des Etrangers qui agit en toute puissance, alors qu’une coopération bilatérale existe entre le Cameroun et la Belgique.

Dans le cas de Oumar Mboup, Professeur de Philosophie au Sénégal, il a été arrêté par la Police des frontières à l’aéroport de Zaventem alors qu’il était en transit en Belgique pour une destination au Pays-Bas, où il était invité en tant que doctorant à prendre part à un colloque. Il a été arrêté au motif d’avoir insuffisamment de ressources financières. Il a fallu la mobilisation des autorités diplomatiques sénégalaises et du collectif DENIF pour sa libération.

Le cas de Kouakou Yves Herman Yao, Jeune étudiant Ivoirien de 24 ans venu en Belgique pour poursuivre son master à l’Université Catholique de Louvain (UCL) et en possession d’un visa est aussi interpellant. Après son arrestation le 27 octobre et détenu illégalement au Centre fermé de Caricole, la communauté ivoirienne de Belgique en collaboration avec l’ambasadeur de Côte d’Ivoire en Belgique Ados Dosso, du Conseil Aka Anet et du collectif DENIF, le jeune étudiant a été libéré.

Brise est rapatrié aujourd’hui et c’est une vie qui est aussi brisée comme tant d’autres par ce truchement des expulsions par l’OE. Brise est arrivé en Belgique en 2016 et avait introduit une demande d’asile la même année. Il avait obtenu une réponse positive à sa demande et au bout de trois ans, son séjour a été régularisé. Il est en possession d’une carte d’identité depuis 2019. Mr Brise Armel Ngomgang s’était bien rendu à la Commune d’Anvers pour établir sa carte d’identité.

Une question demeure, celle de la protection des ressortissants africains par leurs missions diplomatiques, d’après les accords de coopération aussi bien bilatérales entre le pays d’origine et le pays d’accueil, que ceux entre les Etats de l’Organisation des Etats d’Afrique des Caraïbes et du Pacifique et l’Union européenne. 

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