AUTORITÉ DE L’ETAT : Le mépris, du sommet dans la rue
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Ces derniers temps, des scènes de violence sur les éléments des forces de maintien de l’ordre, des médecins, des enseignants, etc. sont devenues banales. Elles sont le reflet de l’attitude irrévérencieuse de certaines hautes personnalités à l’égard de ceux qui incarnent les institutions républicaines.

Dans une déclaration faite à la presse le 10 septembre 2021, le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji, annonce des mesures drastiques contre tous ceux qui ‘en prennent physiquement aux éléments des forces de maintien de l’ordre en situation professionnelle. Cette sortie traduit l’ampleur du phénomène, car d’après le Minat « ces comportements irresponsables et méprisants à l’endroit de la police ont atteint des limites inacceptables et ne peuvent plus être tolérés ».

En s’attardant davantage sur les agressions contre les fonctionnaires de police, le garant des libertés publiques donne du coup l’impression de reléguer aux oubliettes les cas concernant les militaires et les gendarmes. Et semble perdre de vue qu’il est aussi fréquent que des médecins et le personnel soignant de manière générale soient victimes de violences physiques dans leurs lieux de service. Comme oublier que le personnel enseignant est régulièrement brutalisé dans l’antre inviolable du savoir, parfois en présence des apprenants.

En réalité, le citoyen lambda ou simplement l’homme de la rue a de qui tenir son irrespect ou son mépris vis-à-vis de ceux qui incarnent l’autorité de l’Etat ou les institutions républicaines. Tant les exemples sont légion des hautes personnalités voire des membres du gouvernement foulant au pied le respect de la hiérarchie ou affichant sans gêne leur condescendance à l’égard des tenants d’une parcelle du pouvoir de l’Etat. Des mauvais exemples banalisés en raison de leur relai viral par les réseaux sociaux.

Personnalités vouées aux gémonies

Même le président de la République n’est pas épargné par l’attitude irrévérencieuse de personnalités lui devant pourtant leur arrivée dans les hautes sphères de l’Etat. Publiquement, ils clament leurs fidélité et loyauté à Paul Biya, mais en privé ou en petit comité tiennent des propos infamants à son endroit. Dès lors, pas de surprise que des personnalités à qui le chef de l’Etat a cédé une parcelle de son pouvoir soient vouées aux gémonies. A commencer par le Premier ministre et chef du gouvernement.

Il est connu de ceux qui arpentent les couloirs du pouvoir que certains ministres, qui passent pour être des barons du régime, répètent à qui veut les entendre n’avoir qu’un seul patron : le président de la République. Du coup, ils refusent de se plier aux instructions du Premier ministre, d’assister aux conseils de cabinet sous prétexte de leur longévité aux affaires et à des postes névralgiques. A leur goût, le Premier ministre est un néophyte qui ne saurait avoir autorité sur des piliers du pouvoir.

Grâce aux réseaux sociaux, le grand public sait aujourd’hui qu’il est courant que des membres du gouvernement défient le secrétaire général de la présidence de la République (SG/PR) ou foulent au pied les instructions du président de la République transmises par son principal collaborateur, sous prétexte qu’elles n’émanent plutôt
de lui.

Sacralité du respect des institutions

Le dernier exemple en date d’une attitude irrévérencieuse à l’égard du SG/PR est celui de l’administrateur général du cabinet Atou. « Monsieur le ministre d’Etat, dans ma dernière correspondance adressée à votre haute attention, j’avais profité de l’occasion pour vous rappeler un adage bien connu selon lequel ‘’lorsque le mensonge devient une institution, la vérité apparaît comme une rébellion’’. Il était alors question des mensonges véhiculés par les responsables du Port autonome de Douala. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que cet état de chose allait s’emparer de vos propres services qui, ces derniers jours, ont mis sous votre plume et avec cette formule sacrée ‘’sur très hautes instructions du président de la République’’ des instructions adressées à plusieurs membres du gouvernement à notre encontre, élaborées sur la base d’un honteux tissu de mensonges ».

Dans la même correspondance datée du 13 juillet 2021, Lazare Atou pousse l’irrespect plus loin : « Je ne veux pas suivre cet exemple qui tend à éroder la confiance et le crédit accordé à la plus haute instance de notre administration en soumettant à caution le caractère authentique des termes de vos correspondances ». Il n’y a pas longtemps, l’opinion publique a découvert, ébahie, les voices d’un promoteur de médias ayant fuité dans les réseaux sociaux. Dans ceux-ci, ce dernier menaçait de représailles le patron de la police, tenait des propos peu glorieux à l’égard de son principal collaborateur ou à l’endroit d’un chef de représentation diplomatique. Le même s’en prenait sans manière aux plus proches collaborateurs du chef de l’Etat, traités de roitelets et accusés de lui ‘’faire des coups’’. Or, chez Paul Biya le respect de la hiérarchie ou des institutions républicaines est sacré.

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