Auto-école : Le camp SIC Olembé s’ouvre aux apprenants
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Plusieurs structures en ont fait un lieu idoine pour les cours pratiques des futurs chauffeurs au regard de ses espaces bitumés à perte de vue.

Circuler dans la ville de Yaoundé est un parcours de combattant. A voiture ou à pied, il faut s’armer de patience et ravaler à chaque fois sa bile question d’éviter les accrochages de diverses natures. Le respect des feux ou de la signalisation routière se fait au gré des humeurs. D’autres ont de la peine à respecter ou à interpréter ces signes qui règlementent la circulation sur la voie publique. Mickael Noah a fait le même constat. Ce jeune mécanicien rencontré jeudi dernier aux environs de 10 heures au camp SIC Olembé rêve de troquer ses outils de garage pour devenir taximan. À bord d’une voiture d’auto-école, il a du mal à faire le créneau :

« Mon frère l’affaire-là n’est pas facile. À force de forger on devient forgeron », glisse-il avec sourire. De l’autre côté de la route, des élèves scrutent le complexe, qui tarde à être livré depuis belle lurette, en attendant leur tour. Madame Magny, comme l’appelle ses camarades de l’auto-école « au Cœur du permis », effectue la marche arrière pour faire le « créneau ».

La bouche serrée comme jamais, elle tient fermement le volant : « Tu as emballé madame. Quand on veut faire le créneau, on prend d’abord bien son repère, puis on met la marche arrière. Après ces deux étapes, on cherche sa vibration en ayant les yeux sur les rétroviseurs », conseille le moniteur Biboum. Après plusieurs essais, cette jeune femme d’affaires a réussi à ranger la voiture comme voulu. « Ce n’est pas facile. J’ai encore des problèmes pour faire la marche arrière », souligne- t-elle avec un sourire de satisfaction au coin des lèvres. Le créneau est l’exercice qui bat son plein car le 12 juin, ils seront nombreux à faire face à l’épreuve dans les différents centres (Monatélé, Yaoundé …) pour l’obtention du permis B. Sur les visages des candidats, le stress est permanent ; le désir de décrocher ce diplôme est pressant :

« C’est votre vie. Le permis peut vous ouvrir des portes. J’ai mon cousin qui a eu son permis de conduire grâce à moi. Je l’ai inscrit dans une auto-école par force quand j’avais encore mes petits moyens. Aujourd’hui, il est un cadre dans une ONG. Olembe est bien parce qu’il y a assez d’espace pour travailler », confie un autre moniteur passionné par son métier.

Mickael Noah dit être prêt pour la session de juin. Il faudra juste relire ses cours pour se rassurer avant le jour J : « Je dois réviser bien l’entretien du véhicule et la notion de priorité. Voilà deux chapitres à revoir avant le grand jour ». Alhadji quant à lui a réussi à déplacer le véhicule pour la première fois. L’émotion transpirait sur son visage : « l’affaire-là est bien hein ! », lance-t-il en changeant de vitesse sous l’œil vigilant d’un moniteur attentif à sa droite. « On fait la théorie depuis. Mettre les savoirs reçus en pratique est vraiment le mieux qu’on puisse faire. L’embrayage est un élément fondamental pour déplacer la voiture. Sauf qu’il y a un écart entre ce qu’on apprend et ce qui se fait sur la voie publique. Les taximen violent les feux chaque jour. En fait, rares sont les automobilistes qui respectent les règles qui régissent la conduite », déplore-t-il. Avant de terminer sa phrase, dame Ngono a foncé sur une balise. Elle mettait en pratique le chapitre sur la circulation routière.

« Madame il faut utiliser les pédales et le volant pour mieux diriger la voiture. Si c’était sur la route, vous aurez percuté un usager. À L’examen, cela peut vous valoir des points en moins », lance le moniteur en l’encourageant. Ils sont nombreux ces élèves qui ont leurs voitures garées à la maison. C’est le cas de Blaise Njoufack : « Mon frère m’a envoyé une voiture de l’Allemagne. Pour aller au travail, je paie encore le taxi parce que je ne sais pas encore conduire. Après l’obtention de mon permis, je n’aurais plus trop de problème. Savoir conduire est bien ». Blaise Nana pour sa part est cadre dans une structure de la place. Faute de permis, on ne pouvait mettre un véhicule à sa disposition. « Ceux qui sont assidus n’auront pas de problème à l’examen. Nous faisons l’effort d’entrer dans les détails », nous confie un moniteur.

Les mardis, jeudis et samedis, les auto-écoles ne cessent de se déployer au camp SIC Olembé pour former les futurs chauffeurs dans ce large espace bitumé à perte de  vue.

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