Des militaires du CIFAN poursuivis pour détournement de bétails
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L’affaire a été portée devant les tribunaux de Tcholliré.

L’affaire est portée devant la justice au mois d’octobre 2020. Le nommé Oumarou Yaya, éleveur domicilié dans la localité de Baka, arrondissement de Tcholliré, département du Mayo-Rey décide de poursuivre Monsieur Hamidou et ses complices pour «tentative d’escroquerie, rétention sans droit de la chose d’autrui, vol en coaction, dénonciation calomnieuse et complicité.» Oumarou Yaya explique dans sa démarche que l’affaire que l’affaire a débuté le 29 septembre 2020. Dans son récit, il souligne que ce jour, des militaires lourdement armés font irruption dans la localité de Baka à Tcholliré, située sur l’axe Ngaoundéré-Touboro. Sans aucun mandat et sans fournir d’explications, ils l’interpellent et le conduise à Ngaoundéré où il est directement détenu dans une cellule du Centre d’instruction des forces armées nationale (Cifan). Il va y rester pendant 13 jours selon ses déclarations à la justice. Pendant sa détention, il est régulièrement extrait de sa cellule pour être interrogé.

C’est au cours d’une de ces interrogations qu’il apprendra qu’il est détenu au Cifan à la suite d’une plainte d’un certain Hamidou qui lui reproche d’avoir volé son bétail. «C’est dans une cellule du Cifan et après des auditions musclées des militaires qu’il découvre le motif de son arrestation arbitraire. On lui reproche d’avoir volé 23 boeufs appartenant à un certain Hamidou. Les militaires vont lui proposer de verser une somme de 18 millions de francs soi-disant que cette somme représente les frais des bétails volés avec les frais de recherche inclus comme condition pour être libéré du Cifan. Face à refus catégorique et sentant certainement que l’affaire pouvait virer au drame, il sera extrait de la cellule du Cifan, où il a été gardé et auditionné sans procès-verbal pour être transféré à Garoua à la Légion de gendarmerie. C’est ici qu’il sera pris en charge par les éléments du Bureau d’enquête et auditionné sur procès-verbal avant d’être gardé à nouveau dans les cellules de la Brigade des recherches pendant quatre jours», souligne un conseil du plaignant.

Après avoir séjourné du 13 au 16 octobre 2020 dans les locaux de la brigade de recherches à Garoua, il est transféré le 17 octobre 2020 à Touboro et pris en charge par les éléments de la compagnie de gendarmerie de la localité. Cette fois, il lui est signifié qu’il est gardé à vue dans les cellules de la gendarmerie pour des besoins d’enquête. Oumarou Yaya explique à la justice que pendant son périple dans les diverses cellules du Cifan et de la gendarmerie, il a été dépossédé de la totalité de son troupeau de boeufs, un cheptel qu’il estime à 180 têtes. Selon lui, ce sont les éléments du Cifan qui se sont emparés de son troupeau. «Pendant que j’étais privé de liberté, ces derniers (éléments du Cifan, Ndlr) se sont rendus dans le pâturage où se trouvaient mes bêtes, ont ligoté les bergers et tenté de conduire de force le troupeau, constitué de 180 boeufs vers Ngaoundéré. Face au refus des notables de la chefferie de Baka et des villageois, et compte tenu des difficultés pratiques liées au convoyage du troupeau, les militaires ont décidé de faire camper les boeufs au village Gop Rey, situé à quelques kilomètres de Baka. Mais au cours de ce déplacement, 41 boeufs vont disparaitre et au moment de déposer la plainte, les militaires n’étaient plus qu’en possession de 139 boeufs», explique le plaignant.

Au même moment, le principal accusé par Oumarou Yaya, un certain Hamidou qui est poursuivi en complicité avec les militaires du Cifan, a décidé également de poursuivre son plaignant pour vol de bétail. Saisi des deux affaires, le parquet des tribunaux de Tcholliré a décidé d’ouvrir une enquête et de libéré Oumarou Yaya qui comparait désormais libre.

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