CAMEROUN :: LUTTE CONTRE LE COVID-17 : La communication gouvernementale est-elle grippée ? :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Repères : Dominique MBASSI
  • mardi 07 avril 2020 09:53:00
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CAMEROUN :: LUTTE CONTRE LE COVID-17 : La communication gouvernementale est-elle grippée ? :: CAMEROON

C’est ce que soutiennent certains acteurs. Un avis que ne partage pas le ministère de la Communication en charge de la mise en œuvre du Plan gouvernemental de communication sur la pandémie. René Emmanuel annonce une montée en puissance dans les deux prochaines semaines.

Elle est prise en grippe par certains organes de presse, des experts en communication, etc. Pour d’aucuns, la communication gouvernementale sur de la pandémie de coronavirus étale ses insuffisances, ses couacs et ses ratés. Dans une réflexion intitulée ‘’les 4 erreurs fatales du Cameroun sur la communication contre le coronavirus », Alphonse Ateba Noa, expert en communication et marketing et associégérant de l’agenceconseil inter’Activ Consulting, parle notamment d’erreurs dues « à une approche plus ou moins contextualisée ».

« Il y a une disparité de messages, de sources qui donne l’impression d’une cacophonie », note un enseignant d’une école de communication réputée de la capitale. Un avis que partage Jean Claude Bilana, expert conseil en communication : « On observe une sorte de cacophonie due à une absence d’un véritable plan de communication stratégique et opérationnel. Faire de la communication sans stratégie, c’est faire de la médecine sans diagnostic ».

Jean Paul Tchomdou, président de l’Association camerounaise des professionnels du marketing et de la communication, enfonce : « Il faut aller au-delà des médias classiques, au plus près des Camerounais, là où ils vivent, passer du temps avec eux et leur passer l’information sur le Covid-19 ». Pour ces différents acteurs, en reconnaissant que les populations rechignent à adopter les mesures édictées par le gouvernement pour barrer la voie à la propagation du Covid-19, le Premier ministre admet de ce fait l’échec de la communication déployée par son équipe.

Pourtant, au sein de l’équipe de communication du gouvernement on balaie d’un revers de main la thèse d’une navigation à vue. Au ministère de la Communication (Mincom), on soutient qu’il existe bien une stratégie. « Faisant suite aux instructions du président de la République, un Plan gouvernemental de communication sur la prévention et la riposte à la pandémie a bel et bien été élaboré par le ministère de la Communication et validée le 21 mars par le Premier ministre », relève Charles Atangana Manda. Le chef de division de l’Observatoire des médias précise que le Mincom ne se contente pas, comme d’aucuns le prétendent, d’accompagner le ministère de la Santé publique lors des conférences de presse.

Les points sur la situation de la pandémie faits chaque jour par le ministère de la Santé publique s’inscrivent justement dans la mise en œuvre de cette stratégie. De cette manière, précise René Emmanuel Sadi, le Mincom, le gouvernement informe la population tout rétablissant la vérité sur certains messages véhiculés par divers canaux tendant à entretenir la désinformation. Le Mincom, soutient-on ici, déroule le Plan gouvernemental de communication en associant les médias d’Etat que sont la CRTV et Cameroon tribune. « Qui peut nier la place prépondérante que ces deux médias réservent au quotidien à l’actualité sur la lutte contre le coronavirus ?

Prenons le cas du quotidien à capitaux publics, en dehors d’avoir réservé la quasi majorité de ces grandes unes de ces derniers jours au Covid-19, il lui a aussi consacré dans chacune de ses éditions près d’une dizaine de pages. Des espaces meublés par les reportages dans toutes les régions, les interviews et les avis de spécialistes de la question », oppose vigoureusement un haut responsable du ministère de la Santé publique. Le Mincom rappelle que « les journaux parlés et télévisés de la CRTV consacrent désormais 90 % de leurs temps d’antenne au traitement de l’actualité sur la pandémie. Sur son site web, la CRTV privilégie l’instantanéité dans la diffusion des informations sur son compte Twitter et sa page Facebook. Des vidéos, des fiches explicatives, des images de sensibilisation sont également produites sur le web à l’intention du public ».

Mais le Mincom reconnait que « la non-disponibilité des ressources financières explique en partie le déficit de sensibilisation et d’information que l’on peut relever dans la dimension communicationnelle de la riposte globale ». La stratégie du gouvernement ne se limite pas à l’accompagnement médiatique. Elle associe beaucoup d’acteurs et utilise de nombreux supports. Comme les opérateurs de téléphonie mobile. « Tout abonné de l’un des opérateurs du secteur peut témoigner que depuis quelques jours, à chaque coup de fil une musique d’attente sensibilise sur la pandémie », note-t-on au Mincom.

A la décharge de la communication gouvernementale, « nous sommes en pleine crise sanitaire, pendant qu’il faut gérer l’urgence, il faut en même temps sensibiliser les populations pour les amener à changer de comportements », bémolise un expert en communication sociale qui refuse qu’on compare la communication sur la pandémie de coronavirus à celle déroulée il y a plusieurs années sur le VIH-sida.

Pour autant, le gouvernement annonce une montée en puissance de la communication dans les prochains jours. Lors de l’évaluation critique des activités de communication faite au Premier ministre jeudi 2 avril, le Mincom a promis de densifier son action à travers des spots radio-TV, des insertions presse, l’affichage grand public. Il est question aussi de s’investir dans la communication digitale par la création des sites web, des réseaux de blogueurs. René Emmanuel Sadi souligne que « la mise en œuvre des actions opérationnelles contenues dans le Plan gouvernemental de communication sur la prévention et la riposte contre le coronavirus permettra, dans les deux prochaines semaines, de densifier la communication médiatique et hors médiatique ».

Une densification qui passe notamment par une plus forte implication des médias, l’implication des radios communautaires pour les zones rurales, le déploiement des banderoles, des affiches. Des caravanes de sensibilisation sillonneront dans le même temps les régions, les départements, les communes, etc. 

07avril
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