Ces fléaux oubliés des jeunes : La sexualité irresponsable
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Entrés précocement dans la vie sexuelle, certains adolescents refusent le port du préservatif et multiplient les partenaires.

15 ans et déjà maman. C’est la situation que vit Leticia depuis deux ans. L’élève en classe de 2ème année Ih est tombée enceinte dès son premier rapport sexuel. La demoiselle aux formes arrondies par l’accouchement estime avoir acquis de l’expérience. Les garçons de son âge ne l’intéresse plus sauf s’ils ont, dit-elle en souriant, de l’argent ou alors s’ils sont fils de « boobo » (enfant de riches dans le langage camerounais).

Le père de son enfant est dans le tiroir des oubliettes. Sa pauvreté n’a pas arrangé Leticia : « Il n’a pas d’argent, je le trouve petit pour moi maintenant », dit l’adolescente sans aucune gêne. Malgré son jeune âge, Leticia multiplie les relations amoureuses. En classe, elle joue à la star, elle aime éblouir ses camarades. Elle figure parmi les filles toujours chaussées de grandes marques. Elle attire des filles qui aiment s’attrouper autour d’elle. Leticia donne des conseils à ses camarades. Raïssa, la plus jeune la regarde avec les yeux ronds d’admiration. « Elle nous a raconté qu’elle a perdu sa virginité au CM2. Sa mère l’a su lorsqu’elle est tombée enceinte», raconte Raïssa.

Maladies d’amour

Dans leur ignorance, ces adolescentes se croient déjà armées pour éviter un gosse. Elles ont oublié qu'il y a des maladies sexuellement transmissibles et des infections sexuellement transmissibles. Les fléaux de notre siècle sont par exemple l’hépatite, le Vih/Sida.

« Cadeaux empoisonnés »

Parce qu’ils leur offrent des voyages couteux, des cadeaux chics, du prestige, des messieurs proscrivent à leurs conquêtes le port du préservatif. Leticia donne la version des faits de son compagnon : « Il estime qu’il est sérieux et je ne dois plus porter le préservatif. D’ailleurs lui-même n’en met pas ». La jeune fille n’a certainement pas encore idée de ce qu’il pourrait lui transmettre comme maladie. Carine par exemple, est porteuse du Vih-Sida depuis 7ans. Elle avait contracté cette maladie auprès d’un « Sugar daddy » (sponsor).

Un de ces hommes, la quarantaine ou la cinquantaine fringante, attirés par les très jeunes filles. Il la couvrait de luxueux cadeaux. Aujourd’hui, elle souffre comme bon nombre de filles qui ont baissé la garde face aux cadeaux et à l’argent. Des jeunes filles boudent aussi les préservatifs féminins. Dans une enquête publiée par votre journal en décembre 2018, des chiffres publiés par l’Ong synergies africaines contre le sida et les souffrances indiquaient que les filles et les femmes de 14 à 24 ans et de 34 à 64 ans sont neuf fois plus infectées que les hommes de la même tranche d’âge.Dans un contexte où le taux de prévalence a pourtant baissé au plan national, il était passé en effet de 5,3 en 2004 à 4,3 en 2011.

Cette année-là, ce taux a chuté à 3,3. Les voies de transmission des pandémies comme le Sida bien que diverses, étaient plus hétérosexuel en contexte camerounais, selon les experts. Le portail des camerounais de Belgique (@camer.be). Selon André Mama Fouda, l’ancien ministre de la Santé publique, les hommes de la tranche de 45 à 55 ans sont l’un des principaux responsables des infections du Sida chez les jeunes filles.

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