AFRIQUE :: LES 6 ÉVÉNEMENTS QUI ANNONCENT LA FIN DE L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS :: AFRICA
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AFRIQUE :: POINT DE VUE
  • le Sphinx Hebdo : Gabriel Makang
  • lundi 18 février 2019 07:52:00
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AFRIQUE :: LES 6 ÉVÉNEMENTS QUI ANNONCENT LA FIN DE L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS :: AFRICA

Quelle que soit la façon dont la chose est présentée, la vérité est que la France n’a pas les moyens financiers pour résoudre la crise des gilets jaunes qui la secoue actuellement parce qu’elle est presqu’en faillite et son économie sclérosée. L’Index de la liberté économique (Index of Economic Freedom) la place à la 71 eme position dans le monde. Elle a un budget en déficit chronique et fait face à une corruption systémique. Selon Guy Millière, journaliste et précédemment professeur à l’université de Paris VIII, la France a perdu presque toutes ses usines; son agriculture est en ruine malgré les grosses subventions européennes (30% des fermiers français gagnent 350 euros (200.000 FCFA) par mois. Elle est presque absente dans le secteur du high-tech et continue de subir une fuite de cerveaux qui ne semble pas s’arrêter.

Cette situation est la conséquence de plusieurs facteurs parmi lesquels un système dysfonctionnel mais aussi et surtout la manifestation de l’effritement irréversible de son influence sur ses ex-colonies accélérée par certains événements.

** LA DESTRUCTION DE LA SACRO-SAINTE ALLIANCE OCCIDENTALE PAR DONALD TRUMP

Le Sphinx hebdo le dit depuis longtemps, l’élection de Donald Trump est malgré son invraisemblance une bénédiction pour l’Afrique. Nous ne suggérons pas qu’il s’en soucie. Au contraire, il s’en fout. Le président des États-Unis aime uniquement son pays mais sa posture politique sert l’Afrique. Par exemple, lorsque l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun fit une sortie au cours des dernières élections présidentielles de ce pays, elle fut mitigée. Après la levée de boucliers provoquée par ses propos, il adopta un profil bas, quitta même le Cameroun pour quelque temps parce qu’il n’avait pas le soutien de la Maison Blanche dans cette tentative de provoquer le changement. Le président Trump ayant de plus grands chats à fouetter en Russie et en Chine notamment, ne porte pas une attention particulière aux changements de régimes en Afrique qui servent essentiellement les intérêts des multinationales. Le Cameroun serait en feu actuellement si Hillary Clinton était devenue président.

Pour rappel, la plateforme de Donald Trump a toujours été de soustraire son pays, les États-Unis, du contrôle des Maîtres du monde qui s’appuient sur sa puissance militaire et économique pour soumettre et détruire d’autres nations, détruisant au passage ce pays-continent. Il voulait se consacrer en priorité à rebâtir son pays et laisser les autres nations régler leurs problèmes. Hésiterait-il à jouer au gangster pour s’approprier les richesses d’un autre pays si les intérêts vitaux des USA étaient en jeu comme au Venezuela? Probablement pas. Il faut cependant signaler que dans certains cas, le président des États-Unis se sent forcé de suivre une dynamique initiée par la communauté du renseignement et l’Etat profond pour ne pas perdre la face. A l’inverse, Hillary Clinton, un agent de la finance internationale avait clairement exprimé l’intention de poursuivre l’agenda agressif de reconfiguration géopolitique entamé par ses prédécesseurs.

En homme d’affaires froid recherchant uniquement l’intérêt de son pays, le président Donald Trump comprend que l’Europe n’a plus rien à lui offrir et au contraire lui pèse dessus, notamment à travers les dépenses militaires que lui imposent l’appartenance et le contrôle de l’OTAN (pour laquelle les Etats-Unis assument un peu plus de 65% du budget) qu’il aimerait démanteler. Et sans le soutien des États-Unis, la France ne peut mener une intervention de grande envergure. Ce sont par exemple les États-Unis qui la pourvoient en logistique dans le cadre de son déploiement au Mali et ailleurs. Sans Oncle Sam, la France n’a pas osé attaquer la Libye ou la Syrie seule. Et si les Etats-Unis se retirent de ce conflit, la France sera obligée de suivre. C’est aussi en raison de leurs limites opérationnelles que les présidents français malgré leurs divergences de vue avec les États-Unis alignent presque systématiquement la politique extérieure de leur pays sur celle des USA.

Donald Trump n’a pas hésité à remettre brutalement en question des accords qui unissaient les pays Occidentaux, à exposer de façon souvent embarrassante leurs divergences et leurs visions opposées du monde. En détruisant ainsi la sacro-sainte alliance Occidentale, il met la France dans l’incapacité de rétablir l’ordre français par la force en Afrique.

** LA DÉNONCIATION DU FRANC CFA PAR L’ITALIE

Les récentes dénonciations de certains responsables italiens du franc CFA viennent marquer une étape importante dans le combat que les Africains francophones mènent pour sortir de l’oppression financière de la France. Par cette dénonciation, les responsables italiens mettent sur la place publique européenne à laquelle les activistes africains n’ont pas accès, une histoire honteuse que la France voulait garder secrète. Même la presse dominante française d’habitude silencieuse sur le sujet a dû en parler pour garder un peu de crédibilité.

Et cette publicité négative affaiblit tellement la France que s’il ya un moment où les pays Africains peuvent sortir du Franc CFA sans que celle-ci (qui tient un revolver sur la tempe des présidents africains) ne puisse faire grand chose c’est bien celui-ci. C’est aussi le moment pour les activistes Africains d’aller sur les plateaux des chaînes de télévision européennes pour battre le fer. S’il ya une chose qui fait bouger les responsables Occidentaux, c’est bien leur opinion publique. Ils en ont peur parce que dans une certaine mesure elles déterminent qui accède ou reste au pouvoir. Même si les italiens ne descendront pas dans la rue pour les Africains, une marche de grande envergure contre le franc CFA dans certaines villes européennes aura maintenant plus d’échos qu’avant.

Les États Africains pourraient aussi passer un deal avec le gouvernement italien pour qu’il reste à l’offensive car il faut le dire, les responsables italiens ne se mêlent pas de cette affaire qu’ils connaissent depuis son début pour des raisons morales. L’afflux des immigrants en Italie n’est pas une raison suffisante pour amener l’Italie à provoquer une confrontation aussi directe et publique avec la France que celle de ces dernières semaines. Sans négliger le fait que la relative jeunesse politique et les élans « anti-

système » des nouveaux dirigeants italiens pourraient constituer un tout petit facteur dans leur démarche, nous pensons que des actes forts tels que brûler un billet de 10.000 F CFA comme l’a fait un député italien sur les plateaux de télévision ont pour but de provoquer un effet médiatique plus lié aux intérêts économiques italiens qu’à de la compassion pour les Africains.

Comme le dit Paul D. Bekima, un expert du KISA (Khepera Institute of Strategic Analysis), un think thank basé aux États-Unis, “on ne peut correctement comprendre la démarche des dirigeants Occidentaux que lorsqu’on l’inscrit dans la perspective d’un motif économique”. Comme la plupart des pays Européens, l’Italie est dans la merde et comprend que l’Afrique, notamment francophone, riche en ressources naturelles et en terre arables est l’espoir pour se tirer d’affaire. Et quel autre sujet que celui du franc CFA pourrait gagner leur sympathie? En plus de cela, voyant que la France est au seuil de la faillite, l’Italie (avec le soutien tacite de l’Allemagne) sait qu’en lui enlevant les énormes dividendes du Franc CFA, elle pourrait précipiter sa chute et comme un vautour venir se nourrir sur sa carcasse. La dernière sortie du président Alassane Ouattara appelé par le président Macron à la rescousse du Franc CFA apparait dans ce contexte comme un acte pitoyable de panique d’un pays en perte de vitesse.

Les dirigeants Occidentaux, tel que l’on peut le constater ne sont solidaires entre eux que tant que les intérêts qui les unissent sont plus forts que ceux qui les divisent et que chacun des membres a les moyens de défendre ses acquis. En réalité, de part leur nature prédatrices, comme des bandits à l’heure du partage d’un butin volé, ils n’ont aucune notion de fidélité ni d’honneur (c’est ce qu’on appelle le comportement en horde de loups). La diplomatie africaine devrait utiliser ces traits de caractère à son avantage.

** LA DÉFAITE DE MARTIN FAYULU AUX ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES EN RDC

Nous savons tous que l’activisme Occidental pendant les élections présidentielles en RDC n’avait rien à voir avec la démocratie et les droits de l’Homme. Alarmés par la révision du code minier initiée par le président sortant, Joseph Kabila, qui réduisait la part de leurs multinationales, les dirigeants Occidentaux ont voulu comme dans d’autres pays africains et en ce moment au Venezuela, mettre à la présidence un Fayulu qui protégerait leurs intérêts. Malheureusement, après des décennies de captivité, la précieuse proie que constituait la République Démocratique du Congo est en train de leur échapper.

Le ministre français des Affaires Étrangères ne put contenir sa fébrilité face à la défaite annoncée de leur candidat et porta l’affaire aux Nations Unies avant même la proclamation officielle des résultats. Puis d’une manière peu diplomatique, la France avec certains pays de l’Union Européenne mit en doute les résultats officiels sur la base des données collectées par .....L’église catholique.

Pour mettre en perspective la valeur stratégique de la RDC et comprendre pourquoi la perdre rend nerveux, il est important de rappeler ici sa richesse. Selon un article écrit par Rangot Tsasa et publié en 2009 par Agora Vox sous le titre “, Les ressources de la

République Démocratique du Congo “La RDC est dotée d’une abondance de ressources minérales rares du nord-est au sud-est du pays, de ressources forestières (50% de réserves africaines et 17% des réserves mondiales) et d’une faune très riches et de vastes sols fertiles propres à l’agriculture (café, tabac, thé…).

La particularité du Congo est qu’une grande partie de ses minerais constitue les réserves les plus importantes du monde non encore exploitées.

:

- 20 milliards de tonnes de manganèse

- 110 millions de tonnes de cuivre

- 50 % de la production mondiale de cobalt vient de la RDC (10,5 millions de tonnes).

- 20 millions de tonnes de zinc

- 15 millions de tonnes de fer

- De l’or : les plus grandes réserves du monde, d’une valeur estimée à 50 milliards de $ US (40 millions de tonnes d’or). Dans l’industrie de pointe, l’or intervient entre autres dans la fabrication des satellites de communication et des satellites espions.

- 150 millions de tonnes de minerais de niobium. Le tantale ou le niobium forment avec le tungstène ce que l’on appel des alliages spéciaux tantung qui résistent à l’usure et à des températures extrêmement élevées.

- Premier producteur mondial de diamants industriels (730 millions de tonnes de carats de diamants)

- 750 mille tonnes de cassitérite

- 175,500 tonnes de lithium. Le lithium est utilisé comme composant important dans la fabrication des piles de longue durée : piles d’ordinateur, piles de téléphones portables; le lithium est aussi utilisé comme combustible de bombes atomiques et de bombes à hydrogène. Certains composants de lithium servent de couche réfractaire aux céramiques intérieures des centrales nucléaires où se réalise la fission nucléaire.

-Du pétrole dans toute l’étendue du pays.

-La RDC détient les réserves les plus importantes du monde de nickel, d’indium et de tantale classés comme les métaux les plus recherchés dans la technologie de construction des roquettes et des avions. Le nickel est associé au minerai de fer pour produire les aciers spéciaux utilisés dans les industries lourdes : Fabrication des locomotives, des tracteurs, des armes lourdes telles que les chars de combat.

-Faut-il rappeler que c’est l’Uranium de (Katanga) RDC qui a permit aux américains de mettre au point les bombes atomiques qui ont été utilisées à la fin de la Seconde Guerre Mondiale?

S’ajoutent à ces richesses, près d’une quarantaine d’autres matières premières, encore non évaluées;

Des ressources énergétiques immenses: Les spécialistes en discussion au salon de la Banque Mondiale indiquent qu’avec le seul site d’Inga, la République Démocratique du Congo dispose du plus important potentiel hydroélectrique du monde et qui pourrait alimenter toute l’Afrique et l’Europe. Concentrée en un même point, l’énergie sauvage qui s’y dégage annuellement est de l’ordre de 670 milliards de KWH.

La RDC, possède aussi des métaux rares, utilisés dans l’industrie de pointe : le béryllium, utilisé dans la technologie des réacteurs et dans l’industrie nucléaire, le wolfram d’où est issu le tungstène résistant à des températures extrêmement élevées sous de hautes pressions (utilisé comme absorbeur de chaleur dans la construction des roquettes et des navettes spatiales).

Les spécialistes estiment que la RDC, sera à l’avenir le moteur économique d’Afrique et de l’Europe en ne considérant que le volet minier.

En bref, la RDC, possède presque toutes les matières premières qui font tourner tous les secteurs de l’industrie moderne : Informatique, télécommunication, production de l’énergie nucléaire, armement aérospatiale, métallurgie, pharmacie, électroménager, etc.

Étant aussi sur le point de perdre complètement la CEMAC, on peut comprendre l’importance que le président Macron a accordée au Mali-Niger dès sa prise de fonction. Cette région sahélienne d’Afrique est donc pratiquement la dernière source de ressources presque gratuites de la France et le dernier champ de bataille pour la bouter hors d’Afrique en tant que prédateur.

** LE DÉSAVEU CROISSANT DE L’UNION AFRICAINE, CHEVAL DE TROIE DE L’UNION EUROPÉENNE

L’Union Africaine, on le sait depuis est une organisation noyautée par la France et l’Union Européenne. Elle a clairement pris positions et posé des actes clairement hostiles aux intérêts de l’Afrique. Elle avait voté pour le débarquement de Laurent Gbagbo de la présidence ivoirienne.

Tout récemment, lorsque la France se rendit compte qu’elle n’avait pas de chance de passer une résolution aux Nations Unies pouvant interférer avec le processus électoral qui se déroulait en RDC, elle activa son cheval de Troie, l’Union Africaine, exposant au passage ses deux hommes-liges du moment: le président Kagamé du Rwanda et le président de la commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat.

L’UA, après avoir reconnu dans un premier temps que les élections s’étaient relativement bien passées fut activée par la France et émit un doute sur le processus électoral et par la voix d’une douzaine de chefs d’Etat, demanda en vain au Conseil Constitutionnel Congolais de surseoir à la proclamation des résultats.

L’utilité d’un cheval de Troie est dans sa capacité à rester caché. C’est ce que les responsables de l’UA ont essayé de faire pendant des années, sans un véritable succès. Le fait que les fonctionnaires de l’UA aient de façon aussi scandaleuse exposé leur soumission aux intérêts de l’UE est remarquable et a ajouté de l’eau au moulin de ceux qui pensent que cette organisation doit être démantelée, tout au moins dans sa forme actuelle. Certains experts ont même suggéré qu’elle soit remplacée par des organisations régionales comme la CEMAC au sein desquelles on peut bâtir et consolider un sentiment panafricain.

Qu’elle le soit ou pas, le fait est que les Africains de plus en plus nombreux n’y croient plus. Certains Chefs d’Etat Africains tel que le président Paul Biya du Cameroun ne lui accordent plus d’importance car elle est devenue à l’instar de l’ONU une organisation que l’on utilise pour cautionner la destruction des pays africains. La différence est que dans le cas de l’UA, les européens peuvent dire “ ce sont vos propres frères qui ont donné caution à notre action ou qui vous ont rendu illégitime”.

** LE RETOUR DE LA RUSSE EN AFRIQUE

Après avoir œuvré à la déstabilisation de jeunes pays africains pas encore aguerris au jeu de la prédation internationale qu’elle pratique depuis des centenaires, la France voit entrer dans son pré-carré, un joueur à sa dimension, la Russie de Poutine. C’est ce que les ivoiriens mettraient en des termes suivants: “la France a trouvé garçon face à elle cette fois-ci”. Et elle ne sait comment le contrer.

Contrairement à ce que l’on dit, la Russie est un pays au sous-sol riche qui n’a pas autant besoin des ressources naturelles africaines que les pays Européens pour survivre bien que ça ne lui fasse pas de mal que ses compagnies raflent quelques contrats au passage. Son positionnement en Afrique est surtout lié à des intérêts de géostratégie: Gagner de l’influence dans le continent le plus riche, ce qui peut servir sur le plan international, affaiblir la France dans son gagne-pain, (ce qui met la Russie en position de force dans ses négociations sur d’autres champs de bataille et lui confère des moyens de pression sur la France) et contrer la tentative américaine de conquérir l’Afrique.

La France est très fragilisée par l’interférence russe dans un pays qu’elle considérait comme sa chasse-gardée, la République Centrafricaine. Riche en or, diamant, pétrole et autres minerais importants, la France s’y servait à cœur-joie jusqu’à ce que la Russie s’en mêle. La première des choses que celle-ci fait est renforcer la sécurité du président pour empêcher un assassinat éventuel. Puis elle s’attelle à bâtir son armée et à trouver un arrangement avec les rebelles, processus que la France s’efforça de saboter à Khartoum.

La Russie ne s’arrête pas en RCA, elle entend étendre sa présence en République Démocratique du Congo. L’incapacité croissante de la France à reconfigurer comme elle

le faisait avant la géographie politique de la région a pratiquement signé la fin de sa mainmise sur un grand nombre de pays africains francophones.

** LA LIBÉRATION PROCHAINE DU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO

Après avoir donné plus de temps que raisonnable au bureau du procureur de la CPI (qui bénéficiait de l’assistance des services de renseignements Occidentaux et français en particulier), après avoir étendu au maximum ce procès au point d’exposer à la face du monde la mauvaise blague qu’est la CPI, celle-ci n’a d’autres choix que de libérer le président Gbagbo et le ministre Blé-Goude, faute de preuves.

Il est connu de toutes les chancelleries Occidentales que dès qu’il sera libéré et autorisé à participer aux élections, le président Gbagbo les gagnerait facilement et reprendrait le pouvoir qu’il avait déjà obtenu en 2011. Il gagnerait avec un taux d’autant plus élevé qu’il est devenu à l’instar de Nelson Mandela, l’icône de l’indépendance de son pays et de l’Afrique toute entière. Et la présence de Gbagbo en Côte d’Ivoire ferait évidemment basculer ce pays hors du champ d’influence français.

Ce qui fait le plus peur aux Français est le retour au pouvoir en Afrique de l’Ouest d’habitude docile, d’un leader dont le pays est le plus important sur le plan économique qui pourrait amener toute la région à rejoindre la « rébellion » des pays de la CEMAC. Vous imaginez bien qu’une une alliance stratégique entre la CEMAC et la CEDEAO entraînerait presque qu’automatiquement la fin du Franc CFA. C’est aussi pour tout cela que sachant que c’est presque perdu en Côte d’Ivoire, Paris fait tout pour contrôler la transition au Cameroun et y mettre un de ses pions.

Il est important de souligner dans le cas du procès Gbagbo que le système international y a pris un risque énorme. L’arme la plus importante dont il dispose, plus que la puissance militaire ou économique est une façade de rectitude morale, de justice et de démocratie. C’est le capital de leur entreprise, l’outil avec lequel ces hommes et femmes manipulent les masses. Tant que les gens y croient, pas besoin de déployer des armées, ce qui coûte moins cher.

C’est exactement ce mensonge que le procès de Laurent Gbagbo a entamé, et cela avant même de laisser passer à la barre les témoins de la défense. Un expert de KISA affirme que la peur de faire écrouler toute cette façade est la véritable raison pour laquelle les forces qui contrôlent la CPI ont décidé de libérer le président Laurent Gbagbo. Ce n’était nullement par un esprit de justice.

En conclusion, dans des articles publiés dans le passé, le Sphinx Hebdo avait suggéré aux dirigeants français de revoir leurs relations avec l’Afrique s’ils voulaient garder l’espoir d’une place fut-elle petite sur la table du festin africain. Naturellement, ils ont continué à faire ce qui leur a réussi pendant des centenaires (tentatives de déstabilisation, guerres civiles, tentatives d’assassinats, mensonges médiatiques, manipulations électorales etc.) sans pouvoir lire les temps.

Et comme s’il fallait leur enfoncer dans la tête que le temps de la “grande” France est révolu, voilà que surgit une crise sociale qui la fragilise de l’intérieur au moment même où l’empire colonial est ébranlé dans ses fondations à l’extérieur.

18févr.
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