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© Camer.be : Paul Moutila
- 08 Sep 2026 15:15:59
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Cameroun - Maurice Kamto démissionne de la présidence du MRC : le choc politique
Maurice Kamto démissionne de la présidence du MRC. L'opposant camerounais explique son départ par "l'intérêt supérieur" du parti. Le MINAT ne reconnaissait déjà plus sa légitimité.
Le leader de l'opposition camerounaise a annoncé ce mardi 8 septembre 2026 sa démission de la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, quelques semaines après un bras de fer avec le ministère de l'Administration territoriale qui refusait de reconnaître sa légitimité.
Maurice Kamto n'est plus président du MRC. L'universitaire a rendu sa démission ce mardi 8 septembre 2026, dans une lettre adressée aux membres du directoire. « Dans l'intérêt supérieur de notre parti, de ses nombreux militants et sympathisants, et du Peuple du Changement en général, j'ai décidé de démissionner », écrit-il.
Un départ qui intervient dans un contexte de tensions administratives et judiciaires. Depuis plusieurs semaines, le ministère de l'Administration territoriale (MINAT) refusait de reconnaître la légitimité de Maurice Kamto à la tête du MRC, une décision qui risquait de priver le principal parti d'opposition des prochaines élections municipales et législatives de 2027.
Une démission qui prend effet immédiatement
Dans sa lettre de démission datée du 8 septembre 2026, Maurice Kamto annonce sa décision de quitter la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) avec effet immédiat. L'opposant au régime de Paul Biya affirme avoir pris cette décision « dans l'intérêt supérieur » de son parti, dont il restera un simple membre.
Cette démission survient quelques mois seulement après son retour à la tête du MRC, un comeback stratégique intervenu après sa candidature avortée à l'élection présidentielle d'octobre 2025 sous la bannière du MANIDEM.
Un bras de fer avec le MINAT
La démission du Pr Kamto intervient après une correspondance du MINAT disant ne pas reconnaître l'actuelle direction du parti. Dès le 19 août 2026, le ministre Paul Atanga Nji avait adressé une lettre à Joseph Thierry Okala Ebode, membre fondateur du MRC, pour annoncer son refus de prendre acte du procès-verbal de la convention extraordinaire du parti tenue par visioconférence le 21 décembre 2025.
Pour justifier cette décision, le ministre invoquait la loi n°90/055 du 19 décembre 1990 régissant les réunions et manifestations publiques. L'administration rappelait que cette convention avait été interdite au préalable par le Sous-préfet de Yaoundé 4. Conséquence directe : le MINAT déclarait ne pas reconnaître toutes les instances issues de cette convention, à savoir le présidium, le directoire national ou encore le comité de médiation et d'arbitrage.
Le ministère affirmait par ailleurs détenir des documents attestant de la démission de Maurice Kamto du MANIDEM et considérait que Joseph Thierry Okala Ebode, qui contestait la direction du parti, n'était même pas militant du MRC.
Une convention contestée de toutes parts
La convention extraordinaire du 21 décembre 2025, qui avait reconduit Maurice Kamto à la présidence du MRC avec 95,44% des suffrages, est aujourd'hui au cœur d'une bataille juridique et politique. Le parti avait adopté des amendements aux statuts et procédé à l'élection de ses dirigeants nationaux lors de cette réunion en visioconférence.
Mais cette procédure est contestée. Okala Ebode, membre fondateur du MRC exclu du parti, a affirmé que « le MRC n'a pas de président en ce moment » et que la convention en ligne « n'est pas valable juridiquement ». Il estime que le retour de Maurice Kamto à la tête du parti ne peut se faire par une simple reprise de carte de membre et que cette question doit être examinée à la lumière des textes.
La crise interne s'expose au grand jour
Les tensions au sein du MRC ne datent pas d'hier. Willy Mengue, récemment exclu du parti, a publié une lettre dans laquelle il conteste la légalité du retour de Maurice Kamto à la présidence. Il affirme que ce retour s'est opéré « en violation flagrante des dispositions statutaires et réglementaires » qui encadrent la désignation du Président National, en raison notamment de l'absence d'une ancienneté de trois ans de militantisme sans interruption.
« La légitimité d'un dirigeant ne saurait procéder exclusivement de son charisme, de sa notoriété intellectuelle, de sa brillante carrière professionnelle, de ses sorties médiatiques ou de son hagiographie élogieuse », écrit-il.
Les enjeux politiques d'une telle démission
Cette démission pourrait être une stratégie pour permettre au parti d'éviter d'être privé à nouveau d'un important processus électoral. En effet, le refus du MINAT de reconnaître la direction du MRC risquait de coûter au parti sa participation aux prochaines élections municipales et législatives de 2027.
La question du successeur se pose désormais avec acuité. En juillet 2025, lors de la précédente démission de Maurice Kamto, Mamadou Mota avait été nommé président par intérim. Ce vice-président historique du parti pourrait à nouveau être appelé à prendre les rênes du mouvement.
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