Guinée équatoriale : Teodoro Nguema dément tentative de putsch
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Guinée Équatoriale - Guinée équatoriale : Teodoro Nguema dément tentative de putsch

Teodoro Nguema Obiang Mangue dément toute tentative de coup d'État en Guinée équatoriale. Le vice-président rejette l'article de Jeune Afrique et dénonce une « presse bon marché ».

Le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a catégoriquement démenti ce vendredi les informations publiées par l'hebdomadaire français Jeune Afrique sur une prétendue tentative de coup d'État dans le pays.

« Je démens catégoriquement l'information publiée par Jeune Afrique concernant une prétendue tentative de coup d'État en Guinée équatoriale. Elle est totalement fausse », affirme le numéro deux du régime de Malabo.

Mais derrière ce démenti en forme de déclaration de guerre médiatique se cache une bataille de récits. D'un côté, un magazine français qui affirme qu'un putsch a été déjoué grâce à l'aide russe. De l'autre, un pouvoir qui dénonce une manipulation. Et au milieu, une opposition qui rejette toute implication.

UN DÉMENTI CATÉGORIQUE DU VICE-PRÉSIDENT

Teodoro Nguema Obiang Mangue a opposé une fin de non-recevoir à l'article de Jeune Afrique publié le 4 septembre. Selon le vice-président, son pays n'a reçu « aucune alerte des services de renseignement russes, américains, chinois ni d'aucun autre pays » concernant un éventuel complot.

Il dément également la découverte d'un conteneur d'armes au port de Bata qui aurait été associé à une opération visant le pouvoir. « Tampoco se ha incautado ningún contenedor de armas en el puerto de Bata », a-t-il assuré dans un communiqué.

Selon lui, aucune institution équato-guinéenne n'a annoncé avoir déjoué une tentative de putsch. « La Guinée équatoriale est calme et ses institutions fonctionnent en toute normalité », soutient-il.

JEUNE AFRIQUE : LE RÉCIT D'UN PUTSCH DÉJOUÉ

De son côté, l'hebdomadaire français maintient sa version. Selon l'article de Jeune Afrique, les autorités de Malabo auraient déjoué une tentative de coup d'État grâce à des informations fournies par les services de renseignement russes.

L'opération aurait débuté fin juin 2026 avec la saisie d'un arsenal dissimulé dans un conteneur au port de Bata. Moscou aurait averti le gouvernement de l'arrivée d'un conteneur chargé d'armes en provenance d'un pays européen.

La publication française affirme également que des membres de la Coalition de l'Opposition pour la Restauration d'un État Démocratique (CORED) auraient été impliqués dans l'organisation du complot. Le gouvernement accuse notamment Filiberto Manale Andem, figure de proue de la CORED, d'avoir orchestré la tentative.

LE GOUVERNEMENT MONTE AU CRÉNEAU

Au-delà du simple démenti, les autorités équato-guinéennes ont durci le ton. Dans un communiqué officiel publié samedi, le gouvernement « rejette catégoriquement les informations » et exprime « son plus ferme et catégorique rejet du contenu de cette publication ».

Le texte dénonce des « accusations d'une extrême gravité » formulées sans « preuves objectives, vérifiables et suffisantes ». Il reproche à Jeune Afrique de s'appuyer sur des « sources anonymes » pour « construire un récit destiné à présenter une image fausse d'instabilité politique et de déstabilisation du pays ».

Le gouvernement exige une « rectification immédiate, publique, expresse et claire » et se réserve le droit d'engager des « actions judiciaires et légales ».

« PRESSE BON MARCHÉ » : LA CHARGE CONTRE JEUNE AFRIQUE

La charge la plus violente est venue du vice-président lui-même. Teodoro Nguema Obiang Mangue a traité Jeune Afrique de « presse bon marché » et accusé le magazine de fabriquer des polémiques.

« Jeune Afrique se transforme en un disque rayé lorsqu'il s'agit de la Guinée équatoriale. Il semble avoir un besoin permanent de fabriquer des polémiques et des conspirations », a-t-il déclaré.

« Ce n'est pas du journalisme sérieux ; c'est de la presse bon marché », a-t-il asséné.

Le vice-président appelle les opinions publiques nationale et internationale à la prudence face à des informations d'une telle gravité.

L'OPPOSITION REJETTE LES ACCUSATIONS

Les dirigeants de la CORED, désignés par Jeune Afrique comme les organisateurs du complot, ont fermement rejeté les imputations. Ils affirment qu'il s'agit d'une « invention du régime pour les discréditer ».

La Guinée équatoriale se retrouve ainsi avec un « putsch fantôme » des armes qui existeraient selon certains médias mais pas selon le pouvoir, des renseignements russes qui auraient parlé sans avoir officiellement parlé.

UN PAYS MARQUÉ PAR L'HISTOIRE DES PUTSCH

La Guinée équatoriale n'en est pas à sa première tentative de coup d'État. Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979 après avoir lui-même renversé son oncle Francisco Macías Nguema a déjà survécu à plusieurs complots.

En 2004, un groupe de mercenaires dirigé par l'ancien membre des forces spéciales britanniques Simon Mann a été arrêté au Zimbabwe avant de pouvoir s'envoler vers la Guinée équatoriale.

Le 27 décembre 2017, une autre tentative a été déjouée à la frontière avec le Cameroun, impliquant des mercenaires en provenance du Tchad, du Soudan et de la République centrafricaine.

Depuis son indépendance de l'Espagne en 1968, le pays est considéré par les organisations de défense des droits humains comme l'un des plus corrompus et répressifs du monde.

LA RUSSIE AU CŒUR DU DOSSIER

Un élément central de cette affaire est le rôle de la Russie. Depuis 2024, Moscou a renforcé sa présence sécuritaire en Guinée équatoriale, avec un nombre estimé entre 100 et 300 instructeurs et militaires de l'Africa Corps, principalement déployés à Malabo et Bata.

La Russie aurait également mis en place une « antenne » dédiée aux services de renseignement dans le pays. C'est précisément sur la base d'écoutes téléphoniques que Moscou aurait alerté Malabo une version que le gouvernement dément.

UNE GUERRE DES RÉCITS

Ce qui se joue aujourd'hui est une bataille médiatique. D'un côté, Jeune Afrique affirme détenir des informations solides, sourcées par des « sources autorisées à Malabo ». De l'autre, le pouvoir équato-guinéen dénonce une manipulation visant à nuire à l'image du pays.

Entre les deux, l'opposition rejette toute implication. Les faits, eux, restent difficiles à vérifier. « En matière de putsch, le scénario peut être hollywoodien ; la preuve, elle, reste obligatoire », résume un média africain.

QUELLES SUITES POUR CETTE AFFAIRE ?

L'affaire est loin d'être close. Le gouvernement a annoncé son intention de poursuivre Jeune Afrique en justice. Le magazine, de son côté, maintient ses informations. L'opposition continue de dénoncer une machination.

Une certitude : cette polémique intervient dans un contexte de fragilité politique régionale. La Guinée équatoriale, petit pays pétrolier d'Afrique centrale, reste un régime autoritaire où la succession au pouvoir le président Obiang a 84 ans est une question brûlante.

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