Cabral Libii : « La vérité éclatera bientôt »
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Cameroun - Cabral Libii : « La vérité éclatera bientôt »

Cabral Libii met l’opposition camerounaise en garde : rumeurs sur Paul Biya ou falsification de décrets, un « verdict sans appel » se prépare. Décryptage.

L’opposant camerounais Cabral Libii pose un ultimatum aux acteurs politiques : dans les jours à venir, la vérité éclatera sur les rumeurs entourant l’absence prolongée du président Paul Biya.

Le député et président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), Cabral Libii, a mis en garde l’opposition et les autorités : « Les prochains jours réservent un verdict sans appel. » Une déclaration qui fait l’effet d’une bombe dans un Cameroun déjà secoué par plus de 50 jours d’absence du chef de l’État, Paul Biya.

Mais que cache réellement cette mise en garde ? Deux scénarios, aussi troublants l’un que l’autre, se dessinent dans le raisonnement de l’opposant. Soit les rumeurs de décès du président sont « éhontément fausses » et la désinformation en ligne atteint un degré inédit. Soit les récents décrets présidentiels, notamment ceux portant nomination de généraux, sont faux ce qui plongerait le Cameroun dans une crise institutionnelle sans précédent. Dans tous les cas, Cabral Libii l’assure : les responsables devront assumer les conséquences.

L’absence qui dure : un record qui inquiète

Parti de Yaoundé le 7 juin 2026 pour un « court séjour privé en Europe » avec son épouse Chantal Biya, le président Paul Biya, âgé de 93 ans, n’est toujours pas rentré. Plus de 50 jours se sont écoulés, battant son propre record d’absence de 49 jours établi en 2024. Un silence qui nourrit toutes les spéculations.

Sur les réseaux sociaux, les rumeurs les plus folles circulent : certaines annoncent carrément la mort du chef de l’État. Le gouvernement, par la voix du ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, a multiplié les démentis, assurant que le président est vivant et que son retour est attendu. Pourtant, aucune preuve visuelle crédible n’est venue calmer les esprits.

Cabral Libii : le raisonnement en deux scénarios

Dans une publication sur les réseaux sociaux, Cabral Libii a posé un cadre d’analyse inédit. Pour lui, deux hypothèses sont désormais possibles :

Premier scénario : les informations largement relayées sur les réseaux sociaux concernant la mort de Paul Biya seraient « éhontément fausses ». Ce cas de figure démontrerait, selon l’opposant, les dérives de la désinformation en ligne et la fragilité de l’espace public numérique camerounais.

Deuxième scénario : les récents décrets présidentiels, notamment ceux portant nomination de généraux, seraient faux. Une hypothèse d’une « extrême gravité » qui impliquerait une falsification des actes de l’État un scandale aux dimensions potentiellement historiques.

« Les jours qui viennent réservent un verdict sans appel », affirme Cabral Libii. Quelle que soit l’issue, les auteurs d’éventuelles fausses informations ou d’éventuelles falsifications devront en assumer les conséquences.

Le vide juridique qui fragilise l’État

Au-delà des rumeurs, Cabral Libii pointe une faille institutionnelle majeure. La Constitution camerounaise, selon lui, est muette sur deux points essentiels : la durée maximale d’absence autorisée pour un président hors du territoire et l’obligation pour le gouvernement de justifier cette absence.

« La Constitution ne dit rien sur le temps qu’un président peut passer hors du territoire. Elle n’oblige personne à dire pourquoi il est parti. »

Ce « vide juridique » expose le Cameroun à une crise de légitimité, estime le député. Et sa solution est claire : une mobilisation citoyenne massive avant la date butoir du 31 août 2026, date de clôture des inscriptions sur les listes électorales.

Faux décrets : une affaire qui secoue le palais

Les propos de Cabral Libii font écho à une actualité brûlante. Depuis plusieurs semaines, une affaire de faux décrets présidentiels agite le Cameroun. En juin 2026, un individu s’est présenté à la télévision publique CRTV avec un document présenté comme un décret présidentiel officialisant la création d’un poste de vice-président. Le gouvernement a confirmé une tentative de fraude, et plusieurs arrestations ont eu lieu.

Cette affaire donne un relief particulier aux déclarations de Cabral Libii. Si les décrets récemment signés notamment ceux portant nomination de généraux dans l’armée étaient falsifiés, ce serait une atteinte directe à l’intégrité des institutions.

Un opposant qui joue son va-tout

Cabral Libii, arrivé troisième à la présidentielle d’octobre 2025 avec 3,41 % des voix, est un acteur incontournable de la scène politique camerounaise. Député et président du PCRN, il a été confirmé à la tête de son parti par une décision de justice en juin 2025.

Mais son positionnement est complexe. Il a officiellement félicité Paul Biya après sa réélection, une décision qui a divisé l’opposition. Aujourd’hui, avec cette mise en garde sur un « verdict sans appel », il se repositionne en lanceur d’alerte, en défenseur de la vérité institutionnelle.

Ce que les prochains jours pourraient révéler

Cabral Libii l’affirme avec conviction : « Les jours qui viennent réservent un verdict sans appel. » Mais que signifie concrètement cette expression ? Pour l’opposant, le temps des suppositions est révolu. Les Camerounais seront bientôt fixés sur la véracité des rumeurs ou, à l’inverse, sur l’authenticité des décrets présidentiels.

Une chose est sûre : quelle que soit l’issue, les conséquences politiques seront considérables. Si les rumeurs étaient fausses, ce serait une victoire pour le gouvernement et un aveu d’échec pour les réseaux sociaux. Si les décrets étaient falsifiés, ce serait un scandale d’État aux répercussions incalculables.

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