MRC : Michèle Ndoki dans une aventure ambiguë ?
CAMEROUN :: POLITIQUE

CAMEROUN :: MRC : Michèle Ndoki dans une aventure ambiguë ? :: CAMEROON

Dans sa communication consacrée à l’économie ce weekend, l’avocate dit toujours appartenir au parti de Maurice Kamto.

Après son direct du 24 juillet 2021 sur Facebook, où ses propos ont été interprétés comme son retrait du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Michèle Ndoki a fait savoir ce weekend qu’il n’en est rien. « Il n’y a aucun agenda caché. Le seul agenda que nous avons c’est d’apporter une contribution politique réfléchie et concertée à la marche du Cameroun », a-t-elle déclaré via le même canal le 07 août dernier. Au fond, cette déclaration est une reprise de l’extrait du discours de Maurice Kamto (le président du MRC), prononcé le 13 novembre 2012. Et elle d’ajouter : « Tant que ces mots décrivent de manières adéquates les objectifs et l’action du MRC, je crois y avoir une place et j’y suis bien. »

Par cette clarification, l’avocate répondait ainsi aux questions de nombreux internautes déroutés par sa première communication. Celle-ci paraissait en effet très ambigüe lorsque l’auteur dit : « Je crois profondément que l'erreur que nous avons faite jusqu'ici c'est de présenter à nos compatriotes des personnes providentielles comme étant l'alternative à la personne providentielle aujourd'hui en place. » Une tranche qui avait laissé penser que Me Ndoki prenait ses distances d’avec Maurice Kamto. La confusion ne s’est pas arrêtée là. « Au MRC, avait-elle poursuivi, nous venons de passer huit ans à faire au Cameroun l'alternative au régime en place à laquelle nous croyions. Nos efforts se sont portés essentiellement sur l'implantation du parti et à la communication pour le faire connaître, pour l'incarner, en présentant au monde, ses leaders et puis, nous avons déployé énergies et ressources au service de la bataille présidentielle d'octobre 2018 ».

Solitaire

Tirant les leçons de cet épisode et estimant qu’il faut poursuivre le combat, Michèle Ndoki n’a pas été vraiment claire, d’autant plus qu’elle parlait en son nom propre. « Ce que je m'engage à faire moi, Michèle Ndoki, c'est de vous soumettre, les idées précises qui sont les miennes quant à la direction que nous devons prendre et le travail que nous avons à faire pour panser les plaies, relever notre pays et le relancer dans la voie de la prospérité », avait-elle précisé. La rupture s’est lue lorsqu’elle a lancé : « que ceux qui attendent pour cette œuvre de construction, l'intervention d'un ou de plusieurs êtres providentiels, exempts de tout reproches, insensibles aux doutes, insensibles à la fatigue, incapables de découragement ; que ceux qui attendent cet être providentiel se réveillent, je  dirais même qu'ils arrêtent la mauvaise foi. »

Pour enfoncer le clou, elle a annoncé dans la foulé un projet baptisé « bâtisseurs » pour l’émergence d’un Cameroun nouveau, décrit comme « une nation prospère où chaque homme et chaque femme vit avec fierté et honneur son rêve et travaille au bien-être de tous ».

Dans son dernier direct, certes, elle clarifie sa position vis-à-vis du parti, mais sa démarche solitaire pour parler de l’économie n’est-elle pas une porte ouverte à d’autres supputations ? Même s’il est vrai que l’un des objectifs du MRC, comme elle l’indique si bien, est de « redresser l’économie », c’est davantage en qualité de « leader politique » que Me Ndoki ambitionne « doubler le revenu par tête de chaque Camerounais en 10 ans », de manière à atteindre le « Smic français » au bout de 30 ans. D’ailleurs, elle annonce que sa prochaine communication portera sur les réformes à apporter dans « notre système éducatif ». Des idées du reste légitimes et louables.

Lire aussi dans la rubrique POLITIQUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo