Covigate : Déclaration de l'Hon Jean Michel Nintcheu à propos de l’hydroxychloroquine
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CAMEROUN :: Covigate : Déclaration de l'Hon Jean Michel Nintcheu à propos de l’hydroxychloroquine :: CAMEROON

« Le ministre d'État, SGPR, le Dg et le conseil d'administration de l'IMPM sont responsables de la non fabrication locale de la chloroquine ». Dès la survenue du coronavirus au Cameroun, le gouvernement de la République a reçu du Fmi 180 milliards Fcfa qui devaient servir de fonds de solidarité nationale pour la riposte contre le COVID-19 et ses répercussions économiques et sociales.

Dans la grille de répartition de ces fonds aux différents ministères contenue dans le décret du Premier ministre du 22 juillet 2020, un montant de quatre milliards Fcfa devait être affecté au Ministère de la recherche scientifique et de l'innovation (MINRESI), principalement pour la fabrication locale de la chloroquine et de l'azythromicine. De mes investigations, il ressort ce qui suit : « Suite aux très hautes instructions du ministre d'État, secrétaire général de la présidence de la République (SGPR) relayées par le ministre des finances », le payeur spécialisé auprès du Ministère de la santé publique (MINSANTÉ) a mis à la disposition des responsables des organismes placés sous la tutelle du MINRESI les montants suivants :

  • 14 avril 2020 : 55.001.000 Fcfa au directeur du Centre national du développement et de technologie (Cndt) pour la fabrication des masques de protection et des gels hydro alcooliques covid-19 ;
  • 14 avril 2020 : 300.000.000 Fcfa au directeur de Centre de recherche sur les maladies émergentes et réémergences pour l'acquisition de tests covid-19 ;
  • 14 avril 2020 : 657.088.524 Fcfa (au directeur de de l'Institut des recherches médicales et des plantes médicinales (IMPM) destinés à la fabrication de cinq millions de comprimés d'hydroxychloroquine et de cinq millions de comprimés d'azythromicine en vue du traitement du covid-19.

Soit un montant total de 1.012.089.524 Fcfa. Dès la survenue de la pandémie de coronavirus au Cameroun, il convient de relever que l'IMPM a tenu un conseil d'administration extraordinaire en date du 27 mars 2020 au cours duquel les administrateurs ont instruit le directeur général de commander auprès d'une société indienne cinq millions de comprimés d'hydroxychloroquine et cinq millions de comprimés d'azythromicine et de payer cette commande avec une dotation débloquée dans le budget 2020 de l'IMPM.

Sept mois après la mise à disposition des premiers fonds aux organismes par le payeur spécialisé auprès du MINSANTÉ, plus précisément le 17 novembre 2020, le ministre d'État, SGPR, par correspondance N°B393/SG/PR, instruit le MINRESI de la décision, « Sur Très Hautes directives du Président de la République » de «surseoir à l'opération spéciale de fabrication locale par l'IMPM des comprimés d'hydroxychloroquine et d'azythromicine » et de « mettre, le plus vite possible, à la disposition du ministre de la santé publique le stock de comprimés d'hydroxychloroquine et d'azythromicine actuellement disponible dans les locaux de l'IMPM ».

Il devenait de ce fait évident que cette décision de surseoir à la fabrication locale de ces deux médicaments essentiels pour la lutte contre le coronavirus ouvrait la voie à l'importation. Plutôt que de confier l'importation au Centre national d'approvisionnement en médicaments essentiels (CENAME), le choix du Ministre d'État SGPR « sur hautes directives, s'est curieusement porté sur l'IMPM qui est en charge des recherches médicales et des plantes médicinales et non de l'approvisionnement en médicaments essentiels. Le peuple camerounais a le droit de savoir ce qui a motivé la décision d'interrompre la fabrication locale de l’hydroxychloquine et de l'azythromicine.

Le peuple camerounais a le droit de savoir le compte d'emploi sur l'entièreté des quatre milliards Fcfa initialement dédiés au MINRESI dans le cadre du fonds de solidarité nationale. Le peuple camerounais a également le droit de savoir pourquoi c'est avec les fonds reçus de la solidarité nationale que l'IMPM a payé cette commande pourtant passée à l'avance. Sur ce dernier point, une clarification s'impose sur la dotation débloquée par l'IMPM dans son budget 2020 pour la même commande de cinq millions de comprimés d'hydroxychloroquine et d'azythromicine. Rien ne justifie un éventuel double emploi si ce n'est la volonté de vouloir créer une opacité dans la gestion des fonds dédiés.

Il convient de noter, afin que nul n'en ignore, que les fonds ont été directement mis à la disposition des organismes placés sous la tutelle du MINRESI « sur très hautes instructions du ministre d’État secrétaire général de la Présidence de la République, relayées par le ministre des Finances ». Et la décision de « surseoir à l’opération spéciale de fabrication locale de l’hydroxychloroquine a été prise sur « très hautes directives du président de la République ». Pas de quelqu'un d'autre, si l'on s'en tient aux quatre correspondances datées du 14 avril et du 17 novembre 2020.

De ce qui précède, les donneurs d'ordre, les relayeurs, le payeur spécialisé et les différentes institutions publiques bénéficiaires de la quote-part dédiée au MINRESI sont désormais connus et identifiés. La responsabilité pénale est individuelle. Chaque responsable qui est intervenu dans le circuit des dépenses doit répondre de ses actes devant le TCS qui a la charge de démêler l'écheveau de cette mafia aux tentacules diverses et insoupçonnées. Et les coupables qui ont profité de la détresse des camerounais pour s'enrichir doivent être sévèrement sanctionnés conformément à la loi.

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