Journée de la femme - Marthe Mvondo : « Je gagne 40.000 FCFA le mois »
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Âgée de 26 ans, cette mère de quatre enfants exerce comme femme de ménage pour subvenir aux besoins de sa petite famille.

Mère de quatre enfants, Marthe Mvondo a été abandonnée par le père de ses enfants. Entre petits jobs et le manque d’argent, elle finit par trouver un travail : offrir des services de ménagère au quartier Ngousso à Yaoundé. « Roger est parti de la maison un samedi soir et n’est plus revenu », confie Marthe toute en larmes.

« Je l’ai appelé à plusieurs reprises sans aucun résultat. Je me suis posé la question de savoir comment vais-je faire pour nourrir quatre enfants », ajoute-t-elle. Assise sur un banc au bois rouge, le dernier garçon attaché au dos, Marthe fait la lessive dans une bassine de 40 litres. La couleur de l’eau laisse à désirer. Certains vêtements sont à même le sol. Marthe se presse de les laver avant de faire la cuisine.

À l’angle gauche de la petite véranda, Gabrielle et sa petite sœur Inès lavent les assiettes. Âgées respectivement de 8 et 6 ans, le regard triste, les deux fillettes ont de la peine à laver les assiettes. Près d’elles, leur petit frère ne cesse de pleurer. L’air abattue, Marthe raconte son histoire comme un film. « C’est vraiment malheureux de se battre toute seule. Je travaille de lundi à samedi. Je fais la lessive, la cuisine et le ménage. Je vais à 7h et je rentre à 17 h. Quand je rentre je dois venir préparer pour mes propres enfants », confie-t-elle. « Je n’ai pas eu la grâce d’aller à l’école. Faute de moyen. Nous étions dans un foyer polygamique et mon père ne s’occupait que des enfants de la troisième femme. J’ai quand même pu obtenir le certificat d’études primaires (Cep) et c’est là que mes études ont pris fin », raconte-telle.

En 2006, Marthe est endeuillée. Elle perd sa maman. Les choses deviennent plus difficiles pour elle. « Après le décès de la maman, mes frères, mes sœurs et moi avons été mis à la porte. C’est de cette façon qu'en novembre 2006 je regagne la ville où je suis logée par une cousine. Quelques mois plus tard, je fais la rencontre de Roger. Il me propose d’habiter avec lui et j'accepte. Nous habitions le quartier Tongolo avant d’aménager à Emana », raconte-t-elle. Sous le charme de l’amour, Marthe va vivre aux petits soins. Son calvaire commence à la naissance de sa fille Inès.

« Quand j’accouche, Roger change complètement. Il rentrait déjà tard et parfois même il découchait. Il a commencé à me violenter. Mes frères sont venus. Il a promis de changer. Malheureusement, la situation a empiré jusqu’à la naissance de Dylan. « Un samedi, il s’est habillé, est sorti et n’est jamais revenu à la maison », confie Marthe. Face à son destin, la jeune dame ne sait à quel saint se vouer. « Je me suis retrouvée toute seule avec les enfants. C’est ainsi que je trouve le travail de femme de ménage. Je suis payée à 40.000 FCFA le mois ».

Le mépris des enfants du patron

Comme toute activité, Marthe rencontre des difficultés dans son travail. Sur le plan financier, le rendement n’est pas assez satisfaisant. « J’ai droit à un salaire de 40.000 FCFA par mois. Ce qui n’est pas suffisant pour nourrir ma famille. Je dois payer le loyer et faire tout le reste », indique-t-elle. A ce calvaire s'ajoute le comportement des enfants du patron, qui manquent le respect à la jeune femme. « Même ce que l’enfant peut faire lui-même, il fait appel à moi et sans aucun respect. Il arrive qu'ils m’insultent », martèle-telle. Et d’ajouter : « Par amour pour mes enfants, je supporte pour pouvoir avoir de quoi les nourrir. » Face à cette situation, Marthe ne baisse pas les bras. « Des gens nous insultent, nous manquent de respect. Pour eux, être femme de ménage, c’est un métier ignoble », déclare-t-elle.

Grâce à son travail, Marthe a pu scolariser ses deux premiers enfants dans une école publique et elle compte se battre pour offrir à ses enfants un cadre de vie différent du sien. « Je ne souhaite pas que mes enfants vivent dans la même misère que moi. Je vais me battre en toute dignité pour leur offrir le nécessaire. Être femme de ménage n’a jamais été mon rêve », confie-t-elle.

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