CAMEROUN :: Njinbouot-Fongué : verger et wallons, sources du métissage culturel sur la rive gauche du Noun :: CAMEROON
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  • Camer.be : Guy Modeste DZUDIE
  • jeudi 14 mai 2020 11:01:00
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CAMEROUN :: Njinbouot-Fongué : verger et wallons, sources du métissage culturel sur la rive gauche du Noun :: CAMEROON

Le paysage de ce village de l’arrondissement de Foumbot offre à la vue du visiteur une richesse Eco touristique et agropastorale diversifiée et dense.

Une fois qu’avez traversez le pont du Noun sur la route nationale Bafoussam-Foumbot, le car de transport commun vous dépose au lieu-dit Mangoum dans un carrefour non loin de la chefferie de la localité.

De là, à bord d’une moto ou d’un véhicule automobile, vous êtes embarqué pour Njinbouot-Fongué. Et après environ 700 mètres de route, le paysage verdoyant se mêle à la savane arborée de type forestière se mêle au décor. La plaque de l’église évangélique du Cameroun paroisse de Kwetvù vous indique vous êtes bien au lieu-dit rive gauche du Noun.

Assis dans leur cour ou entrain de labourer dans leur plantation, la majorité des habitants braque sur tout visiteur ou personne étrangère un regard grandement ouvert avec un sourire en coin, une manière de manifester son souhait de bienvenu sur la rive gauche du Noun.

Cette communication non verbale, ou mieux cette communion du regard, vous fait croire qu’il a envie de réciter avec vous ce poème :« Connais-tu mon beau village?Connais-tu mon beau village, Qui se mire au fond du ruisseau? Encadré dans le feuillage,on dirait un nid d'oiseau,Ma maison parmi l'ombrage,me sourit comme un berceau,connais-tu mon beau village….Loin du bruit de la grand'ville,A l'abri du vieux clocher,Je cultive un champ fertile,Un jardin près d'un verger,Sans regret ni voeu stérile, Mon bonheur vient s'y cacher,loin du bruit de la grande ville,dans nos vallons,Appelant sur la colline… »

Ce cliché qui se présente dans la majorités des villages de la rive gauche du Noun ( Soukpen dit Baham 2, Kwetvu dit Bamougoum2, Tendjionoun dit Bandjoun 2, Koukpa dit Bangou 2,Momo dit Bafoussam2, Njimbouot-Fongue dit Batoufam2 , Kouffen Djidjou )

Arouna Nguepnang Njomgang, chef du village Njinbouot-Fongué trouve que c’est un trésor naturel à valoriser. « J’étais en Europe avant de renter succéder dans cette chefferie. Je ne me plains pas. Au contraire, je vis bien. Je suis en harmonie avec la nature et les pratiques ancestrales »,explique-t-il.

Pour lui, les montagnes, les ruisseaux, les rochers et les arbustes qui peuplent la rive gauche du Noun, loin de constituer la beauté du paysage sont des vecteurs de la communication avec les forces de la nature et les ancêtres. Cette richesse pourrait permettre à la commune de Foumbot et aux chefs traditionnels de la localité de développer l’écotourisme, à côté de l’élevage et de l’agriculture déjà assez pratiqués dans les localités. La culture du maïs, des légumes et du haricotfont partie des principales activités agricoles des populations de la rive gauche du Noun.

Richesse agropastorale

Et en plus, depuis quelques années, des exploitants des fermes avicoles, y ont installés de vaste entrepôt pour l’élevage des poulets de ferme et la production des eaux vendus dans toute la sous-région de l’Afrique centrale.

La production des tomates rentrent sur le registre des opérations des exploitants agricoles installés à Njinbouot-Fongué ou dans les autres villages de la rive gauche du Noun. Arouna Nguepnang Njomgang est, quant lui, assez impliqué dans la récolte et la production des plantes médicinales. Il s’agit notamment du Ginseng, Bidens et du Curcuma. L’entretien, le traitement par voie de séchage et l’emballage des citronnelles font partie des spécialités du chef du village Njinbouot-Fongué. « Je suis un passionné de la nature et de la culture ancestrale. Je travaille plus pour la valorisation du tourisme. Je suis en symbiose avec mes fils de la diaspora. Nous avons développé des activités Eco touristiques. Ce qui est important, c’est d’apporter notre bonheur à la construction de l’universalité », soutient-il.

Conflit d’autorité ?

Reste qu’avant celui-ci tient au respect des fondements liés à l’installation des chefferies traditionnelles sur la rive gauche du Noun. Et pour lui, il n y a de différence fondamentale entre Bamiléké et Bamoun. « Il y a toujours eu des liens d’alliance réciproque entre nous.L’une des sœurs du Roi Fongué avait épousé le Roi Nsangu. Sur place, il a des connexions car l’un de ses frères consanguins sert de serviteur au Roi Nsangou. Il a également servi le Roi Njoya. C’est lui qui l’a porté pour fuir la guerre d’où le nom de Ntitafon, ce titre que du côté de Batoufam correspond à la Teffo. Donc, j’ai également une famille au niveau du palais royal à Foumban », se réjouît Arouna Nguepnang Njomgang. Seulement du côté du palais royal, certains dignitaires ne reconnaissent pas à Njinbouot-Fongué et ses autres homologues de la rive gauche du Noun la qualité de chef traditionnel. Ils sont qualifiés par le premier adjoint au sultan Roi des Bamoun de « chef de communauté ». Une option qui génère quelques fois des hostilités entre ces derniers et des personnes se présentant comme mandatée par le sultanat de Foumban pour la gestion des terres de la rive gauche du Noun.Njinbouot-Fongué fonde sa légitimité sur le principe du respect de la parole donnée, au-delà de l’acte de cession formalisée par le gouverneur Nicola et rappelant le caractère autonome des chefferies Bamiléké sur la rive gauche du Noun. «La gestion traditionnelle est la dimension mystico ésotérique de la chefferie dont nous faisons appel aux ancêtres et à certains pratiques pour avoir gains de cause si nous sommes justes ou la clémence si on n à pas respecté les lois ancestrales afin lors de la transmission de nos doléances auprès de dieu qu'ils plaident pour que Dieu nous pardonne. Le mensonge, l’hypocrisie et la calomnie ont gagné le monde. Un chef vrai chef ne ment pas. Nul ne pourra changer ce que nos parents ont pris comme engagement au moment où ils s’installaient ici. Les Rois ne sont que la représentation en chair des divinités. Personne ne peut changer le pacte que nos parents ont formulé au moment où ils s’installaient ici. Nous ne sommes pas en concurrence avec le sultan Roi des Bamoun. C’est notre père adoptif », conclut-il.

14mai
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