CAMEROUN :: Tribalisme : Le gouvernement fait l’autruche :: CAMEROON
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  • Mutations : Jean De Dieu Bidias
  • samedi 16 mars 2019 09:47:00
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CAMEROUN :: Tribalisme : Le gouvernement fait l’autruche :: CAMEROON

Répondant à l’Union européenne qui pense que le discours haineux au Cameroun est facteur additionnel d’inquiétude, le Mincom, René Sadi, parle d’une « instrumentalisation circonstancielle ».

L’Union européenne a donné un coup de pied dans la fourmilière le 05 mars dernier, en relevant dans une déclaration officielle que, « l'émergence de discours de haine basés sur l'appartenance ethnique, tenus par certains médias et acteurs politiques, dont récemment un membre du gouvernement [le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, Jean De Dieu Momo, Ndlr], est un facteur additionnel d'inquiétude », dans un Cameroun déjà confronté à une crise sécuritaire inédite. A preuve, pour la première fois depuis l’élection présidentielle d’octobre 2018, qui aura servi de déclic à l’escalade du repli identitaire avec les réseaux sociaux comme catalyseur, un officiel camerounais ose en parler.

« Le gouvernement tient à rappeler que la consolidation de l’unité et de l’intégration nationales, le dépassement des clivages régionalistes ou ethniques, et la stigmatisation du tribalisme, ont toujours été et demeurent les principaux crédo de la politique du Renouveau national que prône et conduit, sans relâche, le président de la République […] Paul Biya, depuis son accession à la magistrature suprême », a réagi le ministre de la Communication, dans un communiqué rendu public le 11 mars dernier.

René Emmanuel Sadi perçoit « une certaine résurgence des replis identitaires observés ici et là, en particulier dans les réseaux sociaux, qui procèdent davantage d’une instrumentalisation circonstancielle, laquelle ne saurait ni mettre en question, ni mettre en péril, les socles et les acquis précieux qui constituent les fondements de l’unité et de la stabilité de la nation camerounaise ». Même s’il n’accuse pas ouvertement le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), l’ex-ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Mnatd) semble diriger son regard vers des activistes réputés proches de cette formation politique ou se réclamant comme tels. Or, sur les réseaux sociaux, ils sont loin d’être les seuls à appeler à la haine de l’autre.

Le parti au pouvoir a également ses porte-flingues. Le sociopolitiste Claude Abé note d’ailleurs dans les colonnes de votre journal, le 06 février dernier que, « au niveau des discours des uns et des autres, il y a une dérive des replis identitaires qui pourrait légitimer ce que pensent certains, à savoir que le gouvernement pourrait être derrière une telle démarche ». Abondant dans le même, et après avoir relevé que « le tribalisme est un problème fondamental de notre société », le philosophe Hubert Mono Ndjana, suggère qu’il faille en prendre conscience « et choisir des stratégies pour dépasser dialectiquement la diversité, au lieu de s’en servir comme d’un levier pour opposer des populations ». Il est d’ailleurs d’avis que soit mise sur pied une législation spécifique pour sauvegarder le vivre-ensemble. « Il ne faut plus se poser des questions, il est temps de faire des lois fondées sur la diversité comme cela a été le cas aux Etats-Unis avec le racisme et la discrimination », conseille-t-il.

16mars
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