CAMEROUN :: Bangang Fokam : 23 lycéennes désertent le village :: CAMEROON
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  • Le Jour : S. M.
  • jeudi 21 février 2019 11:19:00
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CAMEROUN :: Bangang Fokam : 23 lycéennes désertent le village :: CAMEROON

Elles redoutent d’être mariées de force au nouveau chef, en cours d’initiation au la’akam.

Elles sont au total 23 jeunes filles, élèves des classes de 2nde, 1ère et Terminale au lycée de Bangang Fokam, un groupement de l’arrondissement de Bangangté, département du Ndé, qui ont abandonné l’école depuis les trois dernières semaines. Et la saignée risque de continuer. L’information rampante a été confirmée mardi, 19 février 2019, par un haut responsable des Enseignements secondaires à l’Ouest ainsi que des enseignants de l’établissement. Les jeunes filles fuient parce que la cour royale du village cherche des épouses au jeune chef arrêté le samedi, 12 janvier 2019 et actuellement en cours d’initiation.

Selon des sources introduites à la cour, la future majesté Jules Roland Kouatchou, né en 1997, étudiant de niveau 2, option génie civil à l'Istecc de Bangangté au moment de la succession, a exprimé le voeu de ne pas avoir de femme analphabète. D’où le dévolu jeté par ses serviteurs sur les filles du second cycle du village, qui manifestement n’en veulent pas. L'info claire et nette. Elles ont cherché à se mettre en sécurité dans des lycées voisins mais on a refusé de les recruter pour les motifs allégués. Certaines ont trouvé refuge dans les villes de Yaoundé et Douala, a appris le Jour des mêmes sources, en attendant la fin d’année pour examiner la possibilité de revenir composer les examens officiels. Et comme le chef ne peut pas vivre seul dans la case d’initiation, deux autres lycéennes, cette fois de la classe de 4ème, y ont été conduites.

Une mauvaise publicité pour cet établissement, qui compte dans ses rangs de nombreux ressortissants Bororo mais reste peu fréquenté. A peine 300 élèves. Pour les uns, il s’agit d’habitudes rétrogrades mais de nombreux autres relativisent le problème. « Est-ce une si mauvaise chose pour nos jeunes filles d’être la femme d’un chef traditionnel ? », banalisent- ils.

21févr.
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