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Cameroun: Pas de CAN !... et alors ?... :: CAMEROON
CAMEROUN :: POINT DE VUE Cameroun: Pas de CAN !... et alors ?... :: CAMEROON
  • Le Jour : Patrice Etoundi Mballa
  • mardi 22 janvier 2019 14:06:00
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Cameroun: Pas de CAN !... et alors ?... :: CAMEROON

Chaque jour, un peu plus, la preuve est rapportée que le football, parce que générateur et porteur de gros sous, glisse progressivement vers des zones inconnues, totalement étrangères à la gloire du sport et aux normes minimales qu’il est censé défendre…

Notre pays, le Cameroun, depuis longtemps désigné pour organiser la Coupe Africaine des Nations (CAN) du Football, pour l’édition de 2019, vient d’être « disqualifié » pour ce faire, au motif que les stades et autres infrastructures y afférentes ne pourront être, ni achevés, ni livrés à temps, pour cette compétition qui débute au mois de juin prochain.

Nous sommes fin mois de novembre, quand la nouvelle tombe. Bien que des promesses aient été données au plus haut niveau, bien que des engagements les plus solennels aient été pris au même très haut niveau, rien à faire : la CAN 2019 pourra se jouer partout ailleurs, en Afrique, sauf au Cameroun. Ainsi en ont décidé ces Messieurs qui gouvernent et président la Confédération Africaine de Football (CAF). Ils l’ont, officiellement, signifié aux plus hautes autorités du Cameroun, afin que nul n’en ignore.

Nous, nous disons que notre pays a été « disqualifié ». Eux, plus polis et peut-être plus cyniques, ils utilisent le verbe « décaler ».

Ainsi, le Cameroun pourra organiser sa CAN seulement en 2O21, avec un « décalage » de deux ans. Tant pis pour la Côte d’Ivoire et les autres pays africains qui avaient déjà été programmés, à partir de 2021 !...

Pour eux aussi, ils connaîtront un « décalage » on ne sait de combien d’années, jusqu’à ce que des programmes arrêtés puissent être respectés et retrouver leur cours normal. Quelle mesquinerie !...

Pourtant le mot « bordel » ne rime, à première vue, ni avec Afrique, ni avec Football !...

Personnellement, nous considérons les erreurs de jeunesse du nouveau président de la CAF comme presque normales, même si elles ont un arrière-goût de vengeance, dirigé contre l’ancien président de la même CAF. Cela ne vaut même pas la peine d’évoquer le fait que cette compétition, qui est passée subitement à 24 équipes, alors que Cameroun se
préparait pour 16 équipes seulement, aurait dû servir à notre pays de raison absolutoire de tous les soi-disant retards constatés.

Nous savons que cette nouvelle a beaucoup remué la sensibilité des amoureux du football camerounais. Mais, il faut savoir transcender ce genre de petites contrariétés. Le Cameroun n’organisera pas la CAN en 2019.

Et alors ?... Ce n’est pas la fin du monde. Notre pays a des défis bien plus importants à relever. Quoi qu’il en soit, les retards dans l’organisation de ce genre d’événements – s’il y en a, effectivement - ne sont pas le propre du Cameroun.

Rappelez-vous : à moins un, on retirait l’organisation du Mundial au Brésil. Même la Russie a dû essuyer les mêmes menaces, bien que le président de la FIFA ait eu l’honnêteté de reconnaître, bien après, que le pays de Poutine a organisé le plus beau Mundial de tous les temps.

De toute façon, on réfléchit à deux reprises, avant de prendre la décision de « décaler » des pays costauds, comme le Brésil ou la Russie. Avec le Cameroun, c’est plus facile : les risques à courir sont minimes, dans un football qui semble soigner la vengeance et qui, de plus en plus, n’est plus sport que de nom. Dieu merci, la CAN ne se joue que dans un pays africain. Autrement, c’est aux Emirats Arabes qu’on aurait sûrement préféré aller disputer l’édition « décalée » de 2019.

Car, là-bas, il y a plus d’argent !... Nous laissons à leur honte ceux des Camerounais qui, pour des raisons minables, approuvent ce « décalage ».

D’ailleurs, bien des gens commencent à se demander si certains Camerounais sont vraiment normaux, en les voyant se réjouir ainsi des humiliations qu’on leur inflige.

Nous laissons également à leur honte ceux des Camerounais, de quelque niveau que ce soit, qui, pour des intérêts personnels, auraient failli ou trahi, dans l’accomplissement de leur mission, en ce qui concerne les préparatifs de cette CAN avortée…

22janv.
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