CAMEROUN :: Bonne année… quand même !... :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Le Jour : Patrice Etoundi Mballa
  • dimanche 20 janvier 2019 13:14:00
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CAMEROUN :: Bonne année… quand même !... :: CAMEROON

Parmi les années que les Camerounais aient eu à passer ces derniers temps, l’année 2018 aura été, de loin et jusqu’au bout, sinon l’année la plus difficile, du moins, l’année la plus incertaine. Sa longueur a parfois paru éternelle, tellement le cours de ses jours s’alourdissait, de plus en plus, d’événements aussi importants que graves, qui semblaient dépasser totalement notre débrouillardise habituelle. Qu’il s’agisse de la crise dont des gens pourtant intelligents disent qu’elle est anglophone, qu’il s’agisse de la présidentielle qui semblait s’être déroulée sans grave incident, mais, dont le déroulement, à la fin, fut très pénible, les Camerounais ont souvent semblé manquer d’idées et de bonnes initiatives.

C'est le moins que l’on puisse dire quand, jour après jour, on continue, dans des zones orientales du pays, d’assister à des actes d’une barbarie extrême, commis sous des prétextes obscurs que les auteurs mêmes de ces crimes ne parviennent plus aujourd’hui à expliquer. En ce qui concerne la présidentielle, on s’est trouvé en pleine folie ; car, on se serait attendu à tout, sauf à voir l’un de ces Camerounais, respectés et respectables, qui enseignent le Droit au plus haut niveau, se lever et, dans le seul but de flatter sa petite vanité, proclamer que le Droit n’est rien du tout et que tout ce que le Droit a pu prévoir n’engage que les idiots et les imbéciles qui y croient. Même la diaspora camerounaise, à laquelle on a fait la part trop belle ces derniers temps, en lui supposant, à tort ou à raison, une tenue intellectuelle confortable, s’est mise à cafouiller, prenant ses propres émotions pour des réalités indispensables, alors que celles-ci ne plaidaient en rien la véritable cause camerounaise…

Chaque fois et dans chaque situation pendante, nous n’avions jamais pu, au cours de cette année qui a fini par s’achever, apporter la bonne solution, au moment indiqué et dans un contexte précis. Même des histoires somme toute banales, comme la construction des infrastructures qu’il faut pour accueillir, à une date précise, une vieille compétition comme la Coupe d’Afrique des Nations de Football, étaient au-dessus de nous. L'info claire et nette. Cela nous a dépassés, jusqu’à ce que, sans honneur, ni gloire, nous soyons déclarés incapables d’organiser ladite compétition. La petite colère que nous avons manifestée à l’annonce de ce verdict honteux pour nous n’était qu’une simple bravade ; car, à regarder les choses de plus près, cette colère ne servait à rien ; elle ne se justifiait d’aucune manière. Il faut continuer de le répéter, avec sincérité et humilité : en 2018, nous avions cruellement manqué d’idées et d’initiatives…

Pourtant, 2018 avait porté, en ces premiers jours, nos plus fervents espoirs. Dès janvier, en effet, auréolés de gloire et d’exploits, nos footballeurs nous ramenaient du Gabon non seulement la Coupe d’Afrique des Nations, mais encore, la certitude que c’est notre pays qui allait organiser, en 2019, ladite compétition. Nous en oubliions nos malheurs. Dans cette euphorie, nous étions nombreux à nous convaincre que la soi-disant crise anglophone allait bientôt être un simple mauvais souvenir et que nos compatriotes, du côté de Bamenda ou de Buéa, allaient recouvrer d’eux-mêmes la voie de la raison, regrettant amèrement le mal qu’ils avaient fait au Cameroun qui est notre seule et commune Patrie. Même nos dirigeants qui n’osaient plus prendre le risque de faire autrement semblaient décidés à en finir avec un problème qui n’avait que trop duré.

La présidentielle programmée ne faisait peur à personne, surtout lorsque l’on s’est rendu compte que nos jeunes s’intéressaient à la chose politique et, partant, au sort de leurs compatriotes, dans le Cameroun d’aujourd’hui et de demain. Grâce à cette incursion remarquée et remarquable de nos jeunes, tout le monde se réjouissait du fait que notre démocratie qu’on croyait figée, avait, au contraire, de bien meilleures ressources encore et qu’elle pouvait, à tout moment, développer d’autres forces nouvelles avec lesquelles il était prudent de savoir compter… Que s’est-il donc passé, pour que les maigres fruits cueillis en décembre n’aient pas pu tenir la promesse des fleurs observées au mois de janvier ? N’en parlons plus !... Bonne Année 2019, malgré tout !...

20janv.
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