L'armée américaine s'apprête à franchir un cap sans précédent. La mise à mort de Nidal Hasan, auteur de la tuerie de Fort Hood en 2009, sera diffusée en direct, a annoncé jeudi 8 octobre un responsable du Pentagone à l'AFP sous couvert d'anonymat.
"Elle sera diffusée en direct. Des détails suivront", a déclaré ce responsable, confirmant les propos tenus plus tôt dans la journée par le ministre de la Défense Pete Hegseth.
Dans une vidéo postée sur X depuis le porte-avions USS Abraham Lincoln, Pete Hegseth avait en effet assuré que l'exécution serait publique : "Il sera fusillé par des soldats, comme il se doit, et nous veillerons à ce que le public puisse y assister". "Les gens doivent comprendre que ce genre d'actes entraîne de graves conséquences", a-t-il justifié.
Une tuerie qui avait marqué l'Amérique
Le 5 novembre 2009, Nidal Hasan, alors psychiatre militaire de 39 ans, avait ouvert le feu dans un centre de préparation médicale de la base de Fort Hood, au Texas, la plus grande base américaine. En quelques minutes, il avait tué 13 personnes, dont 12 militaires, et blessé 32 autres, avant d'être neutralisé. Devant ses juges, il avait expliqué vouloir "empêcher des soldats de partir dans des guerres illégales" en Afghanistan et en Irak.
Condamné à mort en 2013 par un tribunal militaire, il croupit depuis dans le couloir de la mort de Fort Leavenworth, paralysé et en fauteuil roulant après avoir été touché à la colonne vertébrale lors de son interpellation.
Son exécution par peloton est fixée au 3 décembre 2026, à Fort Hood même, avec l'aval du président Donald Trump.
Une première depuis 1945
Si elle a lieu, ce sera un événement historique. L'armée américaine n'a plus exécuté de condamné par peloton d'exécution depuis le soldat Eddie Slovik, fusillé pour désertion le 31 janvier 1945 en France. La dernière exécution militaire américaine, tous modes confondus, remonte à 1961, avec la pendaison de John A. Bennett.
Aucun pays au monde ne diffuse officiellement ses exécutions légales. Selon Amnesty International, les seules exécutions publiques recensées en 2025, au moins 17, ont eu lieu en Afghanistan et en Iran.
La décision du Pentagone suscite déjà une vive controverse aux États-Unis, où les médias ont par le passé tenté sans succès de faire autoriser la télédiffusion d'exécutions. La dernière exécution publique légale aux États-Unis remonte à 1936.
Interrogé sur une éventuelle dernière volonté du condamné, Pete Hegseth a balayé la question : "Je m'en fiche. On se verra le 3 décembre".