LETTRE OUVERTE À MONSIEUR MESSANGA NYAMDING
CAMEROUN :: POINT DE VUE

CAMEROUN :: LETTRE OUVERTE À MONSIEUR MESSANGA NYAMDING :: CAMEROON

Cher Monsieur,

Je viens de suivre votre pathétique sortie au cours de l'émission Équinoxe Soir du 27 novembre 2020.

Jamais, au grand jamais, je n'ai suivi un universitaire camerounais toutes obédiences politiques confondues dire ce que vous avez eu à dire. Savoir que l'État du Cameroun, au nom du rapport de force, aurait le droit d'appliquer l'illégalité et le non-droit contre un citoyen.

Vous invoquiez ainsi la séquestration de Maurice Kamto qui serait justifiée parce qu'il n'aurait pas respecté la loi selon vous.

Monsieur Messanga, je me serais tu, si de tels propos venait de Monsieur Elimbi Lobe ou de tous autres thuriféraires et louangeurs du régime à la compréhension abrégée.

Mais vous, vous êtes un universitaire.

De surcroît selon les nominations de votre hiérarchie, professeur d'université.

Oui professeur d'université. C'est à dire un dispensateur de la connaissance suprême.

Quelle tristesse de vous savoir élevé à cette prestigieuse distinction après avoir suivi votre sortie !

Vous n'êtes pas du tout digne de porter une telle distinction académique.

D'ailleurs, vous-mêmes, avez de la peine à vous sentir dans cette toge.

La preuve, pour vous en convaincre, vous êtes souvent bien obligé de rappeler tout le temps à vos contradicteurs qui vous mettent régulièrement face à vos impertinences que vous êtes professeur, enseignant à la Sorbonne et je ne sais où.

En réalité, vous n'avez pas la mesure du grade.

Monsieur Messanga, être professeur, c'est une élévation universelle à la dignité.

Au-delà de la science, c'est la reconnaissance de ses pairs de la capacité à diffuser et à répandre des valeurs acquises au contact de la connaissance dont le sens inégalé de l'humain que sa science doit servir.

Cette conscience du service à l'humain obligera le professeur au respect et à la préservation des valeurs dont la justice, l'équité qu'il doit transporter sur les plans moral et de l'éthique.

Comment pouvez-vous donc justifier une telle profanation de votre sacerdoce en affirmant sans sourciller qu'un État doit violer la loi pour régler des comptes politiques ?

Toute cette attitude foncièrement blasphématoire juste pour la recherche d'un strapontin, au caractère imminemment temporel, là où votre grade de professeur vous pousse dans l'intemporalité ?

On est professeur à vie, sauf circonstance exceptionnelle Monsieur Messanga.

Pourtant tout près de vous, vous ont précédés les inspirants professeurs :

  • Eboussi Boulaga,
  • Jean-Marc Ela,
  • les frères Melone,
  • Roger Gabriel Nlep,
  • Tchuidjang Pouemi,
  • Georges Ngango,
  • Marcien Towa,
  • Puis Otou...

Même si on est en droit de critiquer les postures et positions de vos pairs et camarades politiques, et encore parmi nous: Ebenezer Njoh Mouelle, Bipoun Wum, Jacques Fame Ndongo, Hubert Mono Ndzana, Luc Sindjoun, Mouelle Kombi..., il serait intellectuellement injuste de ne pas leur reconnaitre un certain respect de la dignité universitaire, qu'ils ont su préserver même étant au contact des hautes fonctions de l'Etat, dont la promotion ou le maintien dépend d'un homme, celui que vous vénérez des bouts de lèvres : Paul Biya.

Certainement qu'Ebenezer Njoh Mouelle, pourtant ancien Secrétaire général du Rdpc, ou encore Fame Ndongo, le glorificateur attitré de Paul Biya devant Dieu et les hommes, ne diront jamais que l'État du Cameroun a le droit de violer et d'abuser la loi pour quelque raison que ce soit.

Soit-il se tairont, soit ils y trouveront, des habillages ou des échappatoires. Parce qu'ils savent très bien qu'en tant qu'universitaire, c'est un sacrilège, une profanation que de soutenir publiquement une telle absurdité.

En outre, Monsieur Messanga, vos passages dans les médias camerounais, deviennent de plus en plus des moments d'humiliation des universitaires et de l'université camerounaise.

Surtout que vous aimez bien à faire afficher et vous faire appeler professeur.

Ne rabaissez pas cette belle classe sociale à ce niveau, pour des prébendes politiques et administratifs éphémères.

Vous en faites déjà un peu trop et ça devient laid.

Soutenez Biya et son régime, mais sans dégrader l'université.

Nos universitaires, sont notre fierté.

Nous en parlons avec honneur et le monde d'ailleurs le reconnaît : le Professeur Hugues Kenfack vient d'être élu Président de l'une des plus grandes universités françaises Toulouse 1, et le professeur Achille Mbembe à l'académie américaine des arts et des sciences.


Cordialement.

Christian Ntimbane Bomo

Société Civile Critique.

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