CAMEROUN :: La COMICODI dénonce les gendarmes routiers coupeurs de routes :: CAMEROON
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CAMEROUN :: SOCIETE
  • Correspondance : COMICODI
  • mardi 16 juillet 2019 15:00:00
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CAMEROUN :: La COMICODI dénonce les gendarmes routiers coupeurs de routes :: CAMEROON

Dans une lettre datant du 17 juin 2019, le Médiateur Universel, Président de la Commission adresse une correspondance au chef du Centre de Commandement Opérationnel, Secrétariat à la Défense. Le Pr Shanda Tnme puisqu'il s'agit de lui, dénonce certaines pratiques courantes au sein de la gendarmerie routière. L'intégralité de sa lettre

Faits incontestables constatés le dimanche 14 Juillet au lieu-dit EBANG, à la sortie de Yaoundé vers l’Ouest- Cameroun

Mon Commandant,

Nous avons le devoir, de porter à votre connaissance, les actes graves de coupure de route et de braquage des automobilistes utilitaires, perpétrés par des éléments de la gendarmerie nationale, ceux que l’on désigne vulgairement des routiers circulant à moto.

Il est 10hs30, ce dimanche 14 juillet 2019

Nous prenons position à bord d’un taxi banal, à 100 m du péage au lieu-dit Ebang, à la sortie de Yaoundé en allant vers l’Ouest. Devant, juste à côté du dos d’âne, une moto est stationnée, suffisamment visible dans les deux sens. Derrière la moto, à environ cinq mètres, un gendarme portant le grade d’adjudant, est accoudé sur le toit d’un véhicule Toyota Carina E Break, de couleur sombre et immatriculé, CE 419 IW. Derrière le gendarme, un autre est assis derrière une table et dors royalement. A côté de lui, à 10 m, un gamin est occupé à cirer son véhicule de marque Carina, couleur bleu vif.

Le premier gendarme siffle tous les véhicules utilitaire qui roulent dans les deux sens : Véhicule sans immatriculation ; transporteurs clandestins ; véhicules de sable ; camions ; Pick Up ; Coasters. Certains s’immobilisent carrément au milieu de la chaussé. A chaque fois, quelqu’un descend et va remettre le dossier au gendarme avec un billet de banque. L’arrêt semble automatique, bien connu, puisque la majorité n’a pas besoin de sifflet.

Nous nous approchons, faisons semblant de converser au téléphone, et filmons la scène. Le gendarme n’est pas encore inquiété, et continue sa sale besogne, pendant qu’un poste radio juché sur le toit du véhicule, prêche la parole du seigneur à haute voix, le pauvre. Comme monsieur semble abuser vraiment, nous allons carrément vers lui et lui posons la question : « Mais que faites-vous ainsi ? Est-ce cela le travail pour lequel on vous envoie ici ? Qui doit aller vers l’autre, le chauffeur ou vous ? Sa réponse est pour me donner raison. C’est à ce moment, qu’il réveille son collègue qui dormait pour lui signaler le danger. Maintenant les deux comparses se mettent à jouer les vrais contrôleurs, et se ruent sur un malheureux qui est arrivé au mauvais moment.

Nous signalons que durant les 45 minutes que nous avons passé à observer, aucun contrôle réel n’a été effectué. Le scénario se limite à tendre le dossier au gendarme, qui retire son billet, et on repart. Nous avons compté jusqu’à 82 véhicules dans les deux sens qui se sont arrêtés, sans aucun égard pour

les risques d’accident. Imaginez tout ce qui peut se passer donc : même un véhicule militaire pourrait être volé et passera ; des transports des armes ; des mercenaires ; tout ce qui est mauvais dans ce contexte peut circuler. Il faut juste donner un billet de 1000 Fcfa.

Nous avons interrogé le voisinage et voici les propos : « Ah, grand frère, vous perdez cotre temps. Ces gens sont des braqueurs. Ils sont ici 24hs sur 24, et font la rotation. Toute la nuit ils travaillent à arnaquer, dépouiller les gens, en tout impunité. Ils sont très riche, parce qu’ils ramassent seulement l’argent, pendant que d’autres meurent au front. Mon cousin a été tué à Bamenda, il était gendarme. Vous perdez votre temps, ils seront toujours là. Moi-même je conduis le camion pour la Sanaga de temps en temps, et ce péage est bien connu de tous. On va faire comment, il faut travailler et vivre, et pour cela on donne sans discuter ».

Et la CONAC alors ? « Okooo ! est-ce que eux-mêmes ne passent pas par ici ? Eux-mêmes ne sont pas bien. On dit qu’on lutte contre la corruption, on ment. Ils sont tous au courant. En tout cas, ils n’ont qu’à rester, parce que les petits du quartier vont souvent leur crier dépannage et ils aident un peu avec 100Fcfa ou 200 FCFA. Mais franchement, c’est la honte quand même. C’est entre vous vous les grands là-bas en haut. Nous on est qui et quoi » ?

Nous tenons les photos à votre disposition en tant que de besoin.

Nous en tirons, et définitivement, la conclusion sans appel, qu’il faut dissoudre complètement et sans autre forme de débat, ce corps de routiers. En effet il y a quelques années, nous avions suggéré cette solution, amis invité à une séance de travail avec le SED, nous nous étions ravivés, en mettant en exergue, le rôle primordial et irremplaçable de cette unité sur les axes urbains entre deux agglomérations. Notre avis a donc changé radicalement, face au constat que ces éléments sont plus nuisibles pour les rapports entre l’autorité de l’Etat, l’image des forces de la gendarmerie d’une part, et les citoyens d’autre part. Des solutions de substitution sont possibles et il faut travailler à les trouver et les acter.

Par contre, personne ne saurait aujourd’hui, douter de l’efficacité de la gendarmerie dans la prévention routière. Un travail formidable a été accompli à ce niveau, avec un impact certain sur le nombre des accidents. Il faut s’en féliciter et aller sans doute plus loin, perfectionner leurs méthodes de travail à ce niveau, sensibiliser et associer les citoyens, bien que la corruption et les mauvaises pratiques aient la peau tellement dure, qu’elles fréquentent même la maison du seigneur.

Avec notre respect citoyen.

SHANDA TONME

16juil.
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