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© Correspondance : Evarist Mobheu
- 12 Aug 2026 15:51:42
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France - Gouvernance, dérives et rupture: Virage stratégique à la tête d’Efracam
Réunie, le 4 juillet 2026, à la Maison des associations de Chevilly-Larue, l’association des Elus politiques et professionnels en France d’origine ou de nationalité Camerounaise (Efracam) a opéré un virage à 180 degrés. Secouée par des mois de tensions sourdes et de dérives de gestion, l'organisation s'est dotée d'une nouvelle gouvernance portée par le Dr Georges Kibong A Mira. Une transition qui s'accompagne de la mise à l'écart radicale de l'ancienne équipe dirigeante. En somme, un coup de balai institutionnel.
L'Assemblée générale extraordinaire (Age) et l'Assemblée générale ordinaire (Ago) du 4 juillet dernier n'avaient rien d'une simple formalité. Convoquée à l'initiative de plus d'un tiers des membres actifs, comme le prévoient les statuts, la session visait à rétablir le fonctionnement démocratique d'une structure qui avait grandement besoin de se remettre en question.
Sous la présidence de la trésorière Hermine Rigaud et avec l'assistance de la secrétaire générale Caroline Adomo, le quorum a été largement atteint, rassemblant plus de la moitié des membres actifs. L'ordre du jour était massif : rapports (moral, d'activité et financier) de l'exercice 2025, désignation du commissaire aux comptes et renouvellement des instances.
A l'issue des votes, le Conseil d'administration fraîchement élu s'est réuni en urgence, sous la présidence du doyen d'âge, le Dr Georges Kibong A Mira. C'est à lui qu'est revenue la présidence d'Efracam, entouré d'une équipe resserrée. Président : Dr Georges Kibong A Mira, vice-président : Blaise Ndjinkeu, vice-présidente : Mme Laurentine Bisse-Jenaste, secrétaire générale : Mme Caroline Adomo, trésorière : Mme Hermine Rigaud
Un réquisitoire accablant contre l'ancienne présidence
Derrière cette alternance se cache un malaise profond. Le 7 août 2026, la sanction est tombée : le Conseil d'administration a notifié la suspension temporaire à titre conservatoire de l'ancien président, Pierre de Gaëtan Njikam, et de son ancienne vice-présidente chargée de la communication, Mme Maxence Ansel.
Dans des notifications formelles transmises aux intéressés, le bureau égrène un certain nombre de faits susceptibles de compromettre le bon fonctionnement de l'association et de contrevenir aux obligations prévues par des statuts et par le Code civil applicable aux associations loi 1901. Il est, entre autres, notamment reproché aux anciens dirigeants :
- Opacité et dérives financières : des dépenses majeures engagées sans vote préalable du budget pour des événements festifs, un manque de justificatifs, des contrats signés sans mise en concurrence et des virements inexpliqués en provenance d'Allemagne constatés par la trésorière ;
- atteintes à la gouvernance et à la légalité : la remise du Rib de l'association à des tiers non-membres, le non-respect des règles de recrutement (violation de l'article 4.2 des statuts) et la signature de partenariats sans l'aval du Conseil d'administration.
- pratiques managériales toxiques : des méthodes qualifiées d'intimidantes, la confiscation de la communication externe (magazines et réseaux sociaux) au profit du seul duo présidentiel, et la fermeture arbitraire des canaux de discussion WhatsApp de l'association.
Entre ancrage au Cameroun et refondation éthique
Face à ces révélations, la nouvelle équipe dirigée par le Dr Kibong A Mira entend marquer une rupture nette. Premier acte fort : le Conseil d'administration a pris acte de l'arrêté n° 000038/Ah/Minat/Sg/Dap/Sdlp/Sa du ministère de l'Administration territoriale du Cameroun, daté du 15 mai 2026, autorisant Efracam à exercer ses activités sur le territoire camerounais, en tant qu'association étrangère. Un compte bancaire dédié y sera prochainement ouvert, tandis que des démarches de protection de la marque et du logo Efracam sont engagées à l'échelle internationale.
Sur le plan éthique, le nouveau bureau annonce la signature obligatoire d'une charte d'engagement pour tous ses administrateurs. L'objectif affiché est clair : restaurer la collégialité, la transparence financière et rassembler les nombreux élus franco-camerounais répartis dans l'Hexagone et en Outre-mer.
En radiant de fait les signatures de Pierre de Gaëtan Njikam et Maxence Ansel de tout engagement juridique ou financier, Efracam tente de fermer un chapitre tumultueux, pour rouvrir une page d'action républicaine et coopérative entre la France et le Cameroun.
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