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© Camer.be : Par Alain Ndanga, à Paris
- 22 Jul 2026 09:40:35
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FRANCE :: Kissilâ Kay-Funky Mama: "Megasound c’est créer une scène pour tous les talents"
Débordante de joie, mais visiblement éprouvée par des mois de préparation, la productrice du Megasound Festival, revient sur les coulisses de la première édition de cet événement, organisée le 18 juillet à Quincy-Voisins, en région parisienne. Entre bilan, ambitions, plan de carrière et stratégie artistique, elle dévoile les ressorts d'un projet qu'elle mûrit depuis plusieurs années.
Au terme de cette première édition, avez-vous le sentiment d'avoir relevé le pari d'une organisation à la hauteur de vos ambitions ?
Je me sens très bien comme vous pouvez le constater. Je me réjouis de ce que la première édition de Megasound ait été un modèle de réussite. Une très belle organisation. Je profite de l’occasion pour encourager et féliciter la magnifique et dynamique équipe qui a porté haut cet événement. Ils ont l'habitude des festivals. Franchement, ça va. Surtout avec mes amis qui sont venus me prêter main-forte également. Je me sens un peu fatiguée, mais c'est le jeu. Je suis surtout heureuse. Nous avons réuni une belle palette d'artistes, du blues au pop-rock, en passant par la soul américaine et un groupe venu d'Italie avec du dub. Je suis satisfaite du travail accompli.
Comment est née cette aventure et quelle vision portiez-vous en lançant ce festival ?
Voilà, je fais beaucoup de choses. Je suis moi-même artiste, interprète, auteure et compositrice. Depuis des années, j'ai acquis une solide expérience, même si je ne suis pas très connue du public camerounais. J'ai effectué plusieurs tournées internationales, notamment au Canada et aux États-Unis, à New York, Atlanta, Washington, Maryland, Texas, etc. Après tout ce parcours et les difficultés que j'ai rencontrées en tant qu'artiste, j'ai décidé de créer mon propre festival afin d'offrir une véritable scène aux artistes émergents, tout en programmant des artistes de haut niveau. L'objectif était de permettre à ceux qui n'ont pas toujours leur chance de se produire dans des conditions professionnelles.
Vous évoquez un projet ancien. Quel a été le véritable déclic qui a permis à Megasound de voir enfin le jour cette année ?
Ce n'est pas un projet né cette année. J'essaie de monter ce festival depuis 2019. Cette année, j'ai enfin obtenu les autorisations nécessaires et l'accès au site qui m'a permis d'installer les deux scènes. Au départ, tout devait se dérouler en plein air, dans un château, mais c'était compliqué ce qui nous a conduits à revoir le dispositif. J'ai également bénéficié d'un soutien important : celui des médias, des vidéastes, de la mairie et de nombreuses personnes qui ont cru au projet. Cette année, toutes les conditions étaient réunies.
Cette première édition s'est déroulée sur une seule journée.
Estimez-vous que ce format est suffisant pour révéler tout le potentiel de Megasound ?
Une journée était un choix logique pour une première édition, mais notre ambition est d'évoluer vers un festival de deux jours. Nous raisonnons avec un véritable business plan sur trois ans. Ce n'est qu'à cette échéance que nous pourrons réellement mesurer le développement du projet. Aujourd'hui, toutes les conditions étaient réunies : sécurité, protection civile, organisation… Le plus difficile a été de convaincre les autorités que j'étais capable de porter un tel événement. J'ai aussi élaboré une stratégie consistant à m'appuyer d'abord sur le public local avant d'élargir progressivement l'audience. Mon ambition dépasse largement un simple festival communautaire : je veux construire un rendez-vous d'envergure.
La programmation mêle plusieurs univers musicaux. Quels critères ont guidé vos choix artistiques et votre sélection des artistes ?
Tout est parti de la stratégie que j'avais imaginée. J'ai volontairement intégré des styles comme l'Amapiano, le blues, le pop-rock ou encore la soul afin de toucher différents publics. J'avais constaté qu'il existait peu d'espaces pour les artistes émergents de ces univers dans la région. J'ai donc identifié une opportunité et construit toute une vision autour de cette diversité musicale. Pendant près de deux ans, j'ai travaillé seule sur ce projet avant de constituer progressivement une équipe. Les moyens étant limités, je n'ai pas pu programmer de grandes têtes d'affiche afro pour cette première édition. J'ai préféré lancer le festival avec les ressources dont je disposais, observer les résultats et préparer la suite. Aujourd'hui, cette première réussite me permet d'envisager l'avenir avec confiance. Dès l'année prochaine, je développerai deux festivals distincts : Megasound, consacré à cette diversité musicale, et Afroland, entièrement dédié aux musiques africaines, du Benskin, Makossa au Coupé-Décalé, en passant par d'autres sonorités du continent.
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