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© Camer.be : Paul Moutila
- 18 Aug 2026 16:28:40
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Cameroun - Lettre ouverte au Délégué Général : « Les institutions ne passeront pas par moi »
Affaire Badjeck : Olive Ngobo adresse une lettre ouverte au Délégué Général. Accusations de diffamation, détournement et atteinte à l’honneur des services de sécurité. Plongée dans un scandale qui ébranle le Cameroun.
Une ancienne fonctionnaire de la Présidence interpelle la plus haute autorité de la sécurité nationale, dénonçant un ancien porte-parole de l'armée pour diffamation et mise en cause de l'intégrité des services de l'État.
Le vendredi 7 août 2026, sur le plateau d'InfoTV, le Colonel (retraité) Dr. Didier BADJECK accusait publiquement une fonctionnaire de la Présidence et un officier en exil d'avoir corrompu la police frontalière pour quitter clandestinement le territoire. Une déclaration qui n'est pas passée inaperçue. Ce mardi 18 août 2026, c'est une lettre ouverte cinglante qui lui répond. Dr. Olive NGOBO, experte en relations internationales, interpelle directement le Délégué Général pour la Sécurité Nationale. L'enjeu ? La réhabilitation de son honneur, la défense de l'intégrité des forces de sécurité, et la mise en lumière de ce qu'elle qualifie de « propagande » et d'« imposture » venue d'un haut gradé. Alors que les accusations fusent, une question demeure : l'appareil sécuritaire camerounais est-il devenu une arène de règlements de comptes personnels ?
Une accusation qui interroge la sécurité nationale
Le 7 août 2026, l'émission « À Vous La Parole » sur InfoTV a été le théâtre d'une déclaration explosive. Le Colonel Didier Badjeck, ancien porte-parole de l'armée camerounaise, aujourd'hui docteur en science politique et consultant en stratégie, a affirmé que le Capitaine Kenneth Effoudou et Dr. Olive NGOBO avaient quitté le Cameroun en toute illégalité, grâce à des pots-de-vin versés à la police frontalière. Une accusation qui, si elle était fondée, constituerait un délit grave de corruption et de violation de la souveraineté nationale. Dans sa lettre, Dr. NGOBO rejette ces allégations avec fermeté, rappelant qu'elle détient des documents de voyage officiels et qu'elle exerce des fonctions au sein d'un conseil des Nations Unies.
Au-delà de l'attaque personnelle, c'est l'institution qui est visée. En accusant la police frontalière de corruption passive, le Colonel Badjeck met en cause l'intégrité d'un corps souverain. Dr. NGOBO souligne que « déséquilibrer les institutions souveraines et l'appareil de sécurité nationale ne passera pas par moi », une phrase qui résonne comme un avertissement à la hiérarchie.
Qui est le Colonel Didier Badjeck ?
Figure médiatique bien connue au Cameroun, le Colonel Didier Badjeck a été le visage de la communication du ministère de la Défense pendant plusieurs années. Médaillé de la bravoure et ceinture noire de judo, il s'est illustré sur les plateaux télévisés pour commenter les questions de sécurité, notamment la lutte contre Boko Haram.
Cependant, la lettre d'Olive Ngobo dresse un portrait moins glorieux. Elle évoque un parcours académique semé d'embûches, alléguant qu'après avoir été envoyé en France pour devenir pilote de chasse, il aurait été redirigé vers la maintenance mécanique avant de finalement embrasser une carrière de communicant. Une trajectoire qui, selon elle, soulève des questions sur la gestion des ressources humaines au sein de l'armée. Elle interpelle directement : « Qui a produit cette classe EMIA ? Par quel processus est-il devenu porte-parole des Forces armées ? » Des questions qui, bien que polémiques, s'inscrivent dans un contexte de « guerre des diplômes » récemment relancée par l'affaire, certains remettant en cause la légitimité de son doctorat.
Les contre-accusations : Le spectre de la prédation sexuelle
L'affaire ne se limite pas à des questions de corruption. Depuis plusieurs semaines, le Capitaine Kenneth Effoudou, ancien chef du bureau des renseignements de l'État-major particulier du Président Paul Biya, accuse le Colonel Badjeck de « prédation sexuelle ».
Selon Effoudou, les faits remonteraient à 2017, dans le bureau du Colonel au ministère de la Défense. Badjeck aurait convoqué une collaboratrice, identifiée comme étant Olive Ngobo, pour un rendez-vous professionnel fixé à 13h, mais ne serait arrivé qu'à 18h40.
Le 5 août 2026, Olive Ngobo a brisé huit ans de silence sur sa page Facebook, corroborant une partie des faits en écrivant : « La justice de Dieu est parfois silencieuse, mais elle n'est jamais absente. Lorsqu'elle agit, elle dévoile la vérité ».
Un scandale financier : Le magazine « Honneur et Fidélité »
Au cœur de la tourmente, Dr. NGOBO ajoute une couche explosive en accusant le Colonel Badjeck de détournement de fonds. Elle affirme que l'ancien chef de la Division de la Communication du ministère de la Défense (DIVCOM) a détourné des « centaines de millions de francs CFA » alloués à la production du magazine « Honneur et Fidélité », la vitrine médiatique des Forces Armées. Ce « braquage à ciel ouvert des caisses de l'État » aurait été alimenté par une arrogance née de l'enrichissement personnel. Elle interpelle directement le CONSUPE, le TCS, la CONAC et la Chambre des comptes pour qu'ils enquêtent sur ces allégations.
La riposte du Colonel et l'appel à l'institution
Face à ces accusations, le Colonel Badjeck a choisi de contre-attaquer violemment. Il dénonce une « cabale » et annonce des poursuites judiciaires au Cameroun et en France. S'adressant au Capitaine Effoudou, il lâche : « Allez jouer avec vos collatéraux, je peux vous tracer », une menace voilée qui fait froid dans le dos. Il a également saisi la direction de RFI concernant le rôle présumé d'un de ses collaborateurs.
Cependant, dans sa lettre ouverte, Dr. NGOBO ne se contente pas de se défendre. Elle en appelle à la responsabilité du Délégué Général pour la Sécurité Nationale, estimant que des poursuites disciplinaires et judiciaires doivent être engagées contre le Colonel à la retraite. Elle affirme : « Si les allégations sont vraies, les autorités compétentes doivent établir les faits. Si elles sont fausses, l'auteur doit être tenu responsable. » Elle insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une « réaction personnelle » mais d'une « responsabilité institutionnelle » visant à protéger la crédibilité des services de l'État.
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