La transition générationnelle : et si c’était la « transmission monarchique"
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Les amis hier nous avons tous rigolé en voyant les nominations de deux vieux hommes à la tête du sénat et de l'Assemblée nationale du Cameroun.

Nous avons rigolé mais nous n'en voulons pas à ces compatriotes en tant que personnes âgées. Car il faut avoir un peu de chance et surtout beaucoup de grâce pour atteindre ces âges là aujourd'hui au Cameroun où l'espérance de vie est des plus faibles.

Mais là n'est pas le problème. Le problème c'est l'imposture de Paul Biya qui a jailli de sa cachette pour parler de la transition générationnelle alors que personne ne la lui a demandée. Les Camerounais demandent la réforme consensuelle du système électoral pour pouvoir choisir librement pour une fois leurs dirigeants. Car depuis l'indépendance, le peuple Camerounais n'a jamais choisi ses dirigeants. Ceux-ci le lui sont systématiquement imposés à travers le mécanisme des fraudes électorales.

Dès lors que le Cameroun se serait doté d'un système électoral consensuel, le peuple aura le loisir de provoquer, s'il le souhaite, une transition générationnelle dans les urnes et non ailleurs. De toutes les façons avec un système électoral consensuel, les dirigeants élus, qu'ils soient jeunes ou vieux, seront le parfait reflet de la volonté du peuple souverain. Et cette volonté ne sera considérée comme vérité des urnes que dans le cadre d'un système électoral consensuel.

Tout ceci pour dire quoi ?

Tout ceci pour dire que le discours sur la transition générationnelle est une imposture. C'est de la fumisterie. C'est un projet dictatorial dont la finalité est de préparer les esprits a accepter la succession dynastique du pouvoir qui se prépare dans l'ombre au mépris des principes démocratiques.

Dans un système démocratique, il n'appartient pas à un homme de dicter sa volonté sur la génération qui doit ou non diriger le pays. Cette tentation est à mettre au compte des dérives dictatoriales et c'est inacceptable. Car en démocratie on laisse parler les urnes dans des élections justes, équitables et transparentes. C'est pourquoi aux États Unis comme en Allemagne ou en Italie, on n'entend pas ces incantations sur la transition générationnelle. Dans ces pays démocratiques, on met un accent sur l'organisation des élections justes, équitables et transparentes, bref sur des élections honnêtes. Puis le peuple à travers son vote décide de qui il va mettre au pouvoir. Il peut choisir librement un vieux comme Donald Trump ou un jeune comme Emmanuel Macron. Cela ne dépend que de sa seule volonté. C'est pourquoi au Cameroun il faut laisser vos jongleries sur la transition générationnelle là. Paul Biya n'a pas à décider à la place du peuple souverain. S'il est démocrate, tout ce qu'il a à faire aujourd'hui c'est d'ouvrir un dialogue sur la réforme consensuelle du système électoral. C'est tout.

Je peux vous dire que derrière la fameuse idée de la transition générationnelle se cache en réalité une intention malsaine et inacceptable pour les démocrates que nous sommes. Il s'agit pour Yaoundé de créer un environnement psychologique favorable à la "transmission monarchique" du pouvoir de père en fils. C'est à cela que se réduit en réalité la transition générationnelle de Paul Biya.

Voilà ce qui se cache derrière la fameuse transition générationnelle. Il ne faut donc pas rêver pour rien. Il n'est pas question pour Paul Biya d'accorder plus places à la jeunesse dans le système gouvernant. Paul Biya est dans ses calculs politiciens égoïstes et antidémocratiques. La preuve, à sa demande, des vieillards de 81 et 87 ans ont rempilé à la tête du sénat et de l'Assemblée nationale alors que des jeunes capables d'assurer ces fonctions ne manquent pas. N'est-ce pas du mépris relativement à son discours sur la transition générationnelle ?

On ne se laissera cependant pas rouler dans la farine rassurez-vous. Personne n'a réclamé la transition générationnelle à Paul Biya. D'ailleurs cela ne veut absolument rien dire en démocratie.

Nous réclamons un système électoral consensuel permettant au peuple Camerounais de choisir librement ses dirigeants vieux ou jeunes. Mais selon sa volonté.  La démocratie ne se comprend que comme cela.

Non à la manipulation.

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