Manoeuvres politiques : Ces bruits qui inondent Yaoundé
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En cette fin de semaine du 20 février, toute l'attention politique est captivée par les manoeuvres pour la succession et l'épée de Damoclès d'un remaniement. 

Cette semaine a servi à l'option, au grand étonnement, la sortie d'une association se mettant en scène pour que Franck Biya succède à son père. Au moment où on annonce que le promoteur de cet instrument politique a été convoqué par la police pour en savoir davantage sur ses motivations, les réseaux sociaux buisaient d'une sortie des proches du "N'nom Ngui" pour se désolidariser d'une telle initiative. « Il est porté à l'attention de l'opinion publique, des internautes et des Camerounais, que Mr Emmanuel Franck Biya n'a initié aucun mouvement et qu'il n'est en aucun cas associé de près ou de loin à une telle initiative », lit-on par exemple sur les réseaux sociaux en guise de détachement à l'initiative d'Alain Fidèle Owana, qu'on révèle être en service à Mtn. Où se trouve la vérité ? S'agit-il d'un ballon d'essai pour prendre le pouls sur une telle éventualité ? Ce n'est pas la première fois que le nom du fils du chef de l'État est audevant de la scène comme l'éventuel successeur du président. 

Sur le terrain, contrairement aux usages qui ont cours dans les pays où la filiation a fondé la succession, tout est opaque au Cameroun. Franck Biya, contrairement à Ali Bongo Ondimba au Gabon, de Faure Gnassingbé au Togo ou Théodorin Obiang Nguema en Guinée Équatoriale, n'occupe aucune fonction officielle connue ni au sein de l'appareillage d'État, ni au sein du Rdpc. Il s'est toujours gardé d'afficher publiquement ses intentions de prendre le pouvoir après son père. Devrait-on préciser qu'il a tous ses droits d'être président de la République ? La problématique à ce niveau est le comportement imprévisible des Camerounais. Autant parler d'une équation à multiples inconnues à résoudre, dans une telle éventualité. 

L'épée de Damoclès du remaniement ministériel

Paul Biya sait qu'autour de lui, les appétits des acteurs politiques de s'asseoir sur son fauteuil se ravivent au fil des jours. Comment tenir ce beau monde en respect pour un temps? La première arme serait de les garder au gouvernement pour mieux les observer, les surveiller. Dans le même coup, les plus ambitieux au gouvernement savent qu'une disgrâce pourrait sonner comme un adieu au doux rêve d'accaparement du pouvoir. Ainsi, tous les acteurs au sein de l'équipe Dion Ngute cachent leurs jeux ou s'empêchent de prendre la moindre initiative qui pourrait leur être fatale. Du haut de ses 88 ans, Paul Biya se tient prêt à frapper lourdement comme à l'accoutumée au moindre couac venant des rangs. 

En deuxième lieu, il y a un an que tous les ministres vivent le calvaire d'attendre un remaniement qui n'arrive pas, ruinant quelques ententes au sein de jet-set en vue de la quête du pouvoir. En ce moment, des bruits les plus sensationnels convergent vers le nom de celui qui sera le proche collaborateur du chef de l'État : le Secrétaire générale à la présidence de la République. Dans certains fiefs régionaux du parti de Paul Biya, les ministres mènent une bataille feutrée pour la quête de ce graal. Les jours à venir, la cocotte chauffée à blanc dans les antichambres pourrait sauter sur la place publique. Autant dire qu'il s'agira d'une série cousue de rebondissements en perspective, où les coups les plus indécents ne sont  pas épargnés. 

Maurice Kamto revient

Les gorges chaudes se déploient au sein des officines depuis le périple de Maurice Kamto dans l'Extrême-Nord et particulièrement à Tokombéré. Au sein du sérail, l'adhésion populaire dans la région, même si elle met les nerfs à fleur de peau, est taxée par les adversaires de Cavaye comme un échec personnel. Il faut bien sûr comprendre cet empressement de mettre le président de l'Assemblée nationale sur l'échafaud, comme la volonté manifeste de ses protagonistes de le remplacer au perchoir de la Chambre basse à la session parlementaire du mois prochain. Pour l'heure, il flotte comme un air de converger les énergies de surveillance en interne et de courir le risque de voir l'ouragan mrciste se déferler sur toutes les régions. A suivre les bruits, on dirait que l'adversaire coriace au régime pour l'heure est dans la maison, d'où cette flopée de bruits qui inondent Yaoundé.

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