Recrutement dans Universités d'État : Fame Ndongo sommé d'écarter les fonctionnaires
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Un émissaire spécial du ministre, secrétaire général des Services du Premier ministre ( SG/PM), Séraphin Magloire Fouda, hier, chez le ministre d'État, ministre de l'Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, pour lui demander d'appliquer "à  l'immédiat et entièrement", la mesure écartant les fonctionnaires, hormis ceux des secteurs médical, pharmaceutique et biomédical.

La deuxième phase de recrutement spécial des titulaires du Doctorat ou du PHD comme enseignants dans les huit universités d'État du Cameroun, connaîtra bientôt son épilogue. La publication des résultats des 500 Assistants d'université, était prévue pour le 13 novembre 2020.

Seulement, en cours de processus, le SG/PM, Séraphin Magloire Fouda le président de la Commission centrale de recrutement, a changé les règles du jeu, en demandant à son collègue Jacques Fame Ndongo, d'écarter les dossiers des candidats fonctionnaires, hormis ceux des secteurs médical, biomédical et pharmaceutique. Une mesure qui a entraîné le courroux des candidats dont la plupart sont des professeurs des lycées et des chercheurs ayant par la suite, obtenu le Doctorat ou le PHD.

Bien plus, selon les candidats, le recrutement de 2019, n'a pas fait acception de  candidats. Il fallait seulement être détenteur du Doctorat ou du PHD, et ne pas être âgé de plus de 45 ans. Aussi la vague d'Assistants recrutés dans les universités d'État en 2019, comprend-elle plus de 300 fonctionnaires. 

Une jurisprudence que ne manquent  pas de brandir, les fonctionnaires qui, se voient écarter cette fois-ci, par une note de Séraphin Magloire Fouda, le ministre, secrétaire général des Services du Premier ministre et président de la Commission centrale de recrutement, à son collègue Jacques Fame Ndongo de l'Enseignement supérieur. 

Mécontents après les dépenses et le temps consentis  pour la constitution de leurs dossiers, les candidats fonctionnaires crient leur mécontentement. Ils ont de ce fait, projeté une marche de protestation à Yaoundé pour mardi dernier. Mais la manifestation n'a pas eu lieu. Selon des sources au ministère de l'Enseignement supérieur, des négociations auraient eu lieu en coulisses entre les candidats fonctionnaires, et Jacques Fame Ndongo.

Nos sources rapportent que des représentants de ces candidats ont été reçus hier par le ministre Jacques Fame Ndongo, mais sont rentrés bredouilles malgré leurs supplications devant le ministre d'État. Camer.be apprend que désespérés devant la fermeté du Professeur Jacques Fame Ndongo, ces derniers ont même plaidé pour un pourcentage de 1% en leur faveur.
 
Des informations rapportent que hier, Jacques Fame Ndongo a reçu un émissaire spécial de Séraphin Magloire Fouda, lequel lui a demandé de s'exécuter "à l'immédiat" : écarter tous les fonctionnaires, excepté ceux des secteurs pharmaceutique, médical et biomédical. Les mêmes sources rapportent que n'ayant plus aucun recours, les candidats fonctionnaires prévoient une grande manifestation le vendredi 26 février prochain, à l'esplanade du ministère de l'Enseignement supérieur. Des sources introduites avancent que Séraphin Magloire Fouda a requis l'avis du Premier ministre Joseph Dion Ngute, avant de dépêcher un émissaire spécial chez Jacques Fame Ndongo, lui demander d'appliquer avec rigueur, ses instructions, et "à l'immédiat".

Le patron de l'Enseignement supérieur a aussitôt  demandé aux recteurs  et vice-chancelors des huit universités d'État du Cameroun, d'épurer les listes des candidats, de tout fonctionnaire, excepté ceux des secteurs supra confere. Votre journal apprend que pour éviter de se voir déjouer par les malins, les adresses des candidats ont été envoyées au Cenadi ( organe central de prise en solde des Agents de l'État ) afin de donner la liste de tous les fonctionnaires. Une opération qui a permis de déceler deux cas irréguliers à l'université de Yaoundé 1, avec deux candidates fonctionnaires qui, avaient oublié de mentionner leur statut de fonctionnaire dans leurs dossiers.

Interrogé par Camer.be, un chef de département de l'université de Douala répond  "que la décision prise par Séraphin Magloire Fouda, est pertinente du point de vue social. Il est normal que dans un contexte marqué par la rareté du travail décent et sécurisé, qu'on recrute encore des fonctionnaires, même s'ils remplissent les conditions, au détriment des titulaires de Doctorat et de PHD encore en chômage. L'opportunité d'écarter les fonctionnaires n'appartient pas aux candidats, mais à l'État. Pour moi, il s'agit d'une mesure sociale salutaire", dit-il, avant de regretter cependant  que le recrutement dans les universités, s'assimilent déjà à un recrutement dans la Fonction publique. Pour ce professeur titulaire des universités, c'est le mode de recrutement qui fait problème. Selon lui, si les canons de l'université étaient respectés, personne n'aurait à se plaindre. " C'est dommage que les universités n'ont pas d'autonomie pour recruter leurs enseignants. Tout est accroché à l'avis du ministre de l'Enseignement supérieur, ou du secrétaire général des Services du Premier ministre comme nous le vivons en ce moment. Depuis 1993, les universités n'ont plus d'autonomie de recrutement de leurs enseignants. C'est le ministre de l'Enseignement supérieur qui décide de tout. Cela tue l'université. Une université qui ne se régénère pas  se meurt. Il faut toujours régénérer le personnel enseignant ; faire des remplacements par rapport aux décès, aux démissions, et à ceux qui partent en retraite. Ce sont les conseils d'administration qui devraient recruter dans les universités, comme c'était le cas jusqu'en 1992. Il faut vraiment rendre les universités autonomes, et seulement se rassurer que les règles et les normes sont respectées. Il faut les laisser organiser leurs concours d'entrée dans les écoles grandes  professionnelles. Il faut écarter le ministre du processus, et juste en faire un régulateur. La proclamation des résultats des concours dans les grandes écoles par le ministre, ne les rend pas crédibles, leur enlève leur caractère académique et scientifique, et leur confère plutôt une coloration politique ou politicienne. Il faut laisser les recteurs gérer les universités", a-t-il scandé.

De toute façon, la proclamation des résultats du recrutement de 500 Assistants d'université, est porteuse d'une déflagration sociale. Selon nos sources, l'étape serait encore au niveau des commissions techniques des universités.

Vivement qu'équité et méritocratie président à ce recrutement, pour que les tout meilleurs soient au service des étudiants, pour une Université camerounaise de qualité, forte et crédible.

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