Nord-Ouest et Sud-Ouest : Paul Biya met en garde les donneurs d’ordres
CAMEROUN :: POLITIQUE

CAMEROUN :: Nord-Ouest et Sud-Ouest : Paul Biya met en garde les donneurs d’ordres :: CAMEROON

Le chef de l’État a, par ailleurs, appelé de nouveau à la responsabilité des pays qui hébergent les commanditaires et financiers de la tentative de sécession anglophone.

Àpart un message de compassion adressé deux jours après le drame et l’institution d’une journée de deuil national en la mémoire des victimes, le président de la République ne s’était pas jusque-là exprimé publiquement sur la tuerie barbare qui a fait sept morts et une dizaine de blessés dans un complexe scolaire à Kumba (Sud-Ouest), le 24 octobre dernier. Dans son discours à la nation à l’occasion de la fin d’année 2020 et du nouvel an 2021, le 31 décembre dernier, Paul Biya a exprimé son indignation relativement à ce crime et juré que celui-ci ne restera pas impuni. Par ailleurs, il en a appelé, « une fois de plus, à la responsabilité des pays amis qui hébergent les commanditaires et des organisations qui financent et animent, par divers canaux, les bandes armées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ».

En clair, le chef de l’État demande aux pays partenaires du Cameroun qui hébergent ceux des membres de la diaspora camerounaise soupçonnés de financer la sécession anglophone de les lui livrer. On pense tout de suite à l’Afrique du Sud, aux États-Unis et à l’Angleterre, entre autres territoires où l’on retrouve une forte légion d’activistes camerounais qui soutiennent ouvertement les groupes séparatistes. 

Sous réserve de cette éventualité, « tous ceux qui, au terme des enquêtes, seront identifiés comme donneurs d’ordres ou complices de ces crimes odieux, devront répondre de leurs actes », a promis le chef de l’État. Alors même que beaucoup redoutent que Boko Haram ne soit en train de reprendre du poil de la bête, Paul Biya, pour sa part, dédramatise en indiquant que l’action de la secte terroriste dans l’Extrême-Nord se limite désormais à quelques attentats kamikazes désespérés, du reste très souvent déjoués par l’armée. Par ailleurs, le président de la République s’est non seulement gardé de faire un état des lieux de la situation sécuritaire globale du pays, il n’a pas non plus rassuré quant à la guerre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, pour dire le moins.

Il ne s’est pas, cependant, privé de brocarder le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et son président Maurice Kamto – sans les nommer, avant de se vanter des avancées démocratiques au Cameroun. Si pour lui il n’est pas nécessaire de « rappeler qu’en démocratie, l’accès aux responsabilités politiques est assuré par la voie des urnes et non par la rue, par certains médias ou par les réseaux sociaux », « l’on doit regretter que quelques-uns de nos compatriotes, regroupés autour d’une personnalité dont les ambitions avaient été déçues lors de la dernière élection présidentielle, aient profité des difficultés sécuritaires et sanitaires pour tenter de susciter une insurrection, faussement appelée « marches pacifiques».

Attentes déçues

Par ces mots, le président de la République emboîte officiellement le pas au ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, qui a toujours soutenu que les manifestations du Mrc cachent des velléités insurrectionnelles. L’une des attentes déçues du discours présidentiel d’il y a cinq jours à trait à la relance de la machine économique. Il s’est limité à constater qu’en dépit des difficultés, l’économie camerounaise a conservé une certaine capacité de rebond. Et de ce point de vue, « grâce à l’appui des partenaires internationaux et, dans l’hypothèse d’un recul de la pandémie du coronavirus, il est permis de penser qu’une reprise est possible dans les mois à venir ». Aucune annonce concrète relativement au plan de soutien au secteur privé – il a même soigneusement évité la question - et à la résorption du chômage aggravé par la crise sanitaire. 

Paul Biya a, néanmoins, fondé beaucoup d’espoir sur la Stratégie nationale de développement (Snd30), qui définit les grands axes de la planification jusqu’en 2030. « Ce document tire les leçons des expériences passées et fixe de nouveaux objectifs pour la décennie à venir, notamment une transformation structurelle de notre économie et un développement inclusif », a-t-il déclaré.

Lire aussi dans la rubrique POLITIQUE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo