La crise...la crise...la crise...oui le mot est enfin lâché, le Cameroun est en crise! :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Correspondance : Daniel Yagnye (Dimax), Président de l'Alliance Patriotique.
  • mardi 14 janvier 2020 10:18:00
  • 2089

La crise...la crise...la crise...oui le mot est enfin lâché, le Cameroun est en crise! :: CAMEROON

De soubresaut en soubresauts, en permanence dans la répression et le mensonge , le système néocolonial Mbida-Ahidjo-Biya né de la guerre atroce de la France contre nos populations ( le Contentieux Historique franco-camerounais) est encore une fois entré dans une crise ouverte.

Mais pourquoi s'agit-il cette fois-ci d'une crise irréversible ?

LA CRISE

Habitué à s'en sortir, soit par la Violence,soit par le Mensonge ou par la Corruption , soit par tous les trois en même temps, le régime Biya s'est cru vacciné tellement il a pu se tirer de situations difficiles, il a survécu à une tentative de coup d'état, il a dépassé les villes mortes et les émeutes de la faim...impavides et sereins, les jouisseurs de l'Uc-unc-rdpc, ne se sont pas encore rendus compte qu'ils sont en train de vivre une situation inédite depuis le début de ce qui est faussement appelé "crise anglophone ".

Après avoir longtemps nié l'existence d'un problème "anglophone" dans le pays, après avoir affirmé qu'il n'y avait pas de partie avec laquelle un dialogue sur cette crise serait possible, Mr Biya a finalement reconnu l'existence d'un Contentieux Historique National en organisant son Grand Dialogue National qui malheureusement n'a rien résolu, s'en est suivie une forte offensive militaire, apparemment la situation "s'améliore" aujourd'hui, le cardinal Tumi l'a constaté sur le terrain mais comme il a dit lui-même les problèmes demeurent...or tant que les causes des problèmes ne seront éradiquées,Rien ne sera définitivement résolu ,puisqu'il est certain que les approches telles que le Statut Spécial ne seront jamais la solution adéquate et n'apporteront rien de nouveau, avec des hauts et des bas, il faudrait s'attendre à une persistance du conflit armé fratricide avec son lot d'exactions de plus en plus insupportables.

UNE CLASSE POLITIQUE OFFICIELLE DÉPASSÉE ET EN DÉPHASAGE AVEC LA RÉALITÉ.

L'Uc-unc-rdpc et ses partis satellites sont des regroupements pluri ethniques dirigés par des jouisseurs chroniques déconnectés de la réalité du pays et du monde, c'est ainsi que dans notre pays,la visite d'un ministre français des relations extérieures devient le centre des intérêts de toute la classe politique officielle qui se bouscule pour être reçue. Sans dignité ni amour propre, ces hommes expriment ouvertement leur loyauté envers la France...Allez au Nigeria,au Ghana, en Tanzanie, dans les deux petites îles de Sao Tomé et Principe ou même en Angola et etc...posez en public la question de la nécessité d'une monnaie nationale dans ces pays et vous en aurez honte...alors que chez-nous, on pourrait passer des heures et des années à discuter de ce sujet pourtant déjà résolu dans plusieurs pays du continent.

Au moment où dans notre pays, la jeunesse et les populations tiennent à prendre leur destin en mains, alors qu'un peu partout dans le continent les voix se lèvent pour se libérer de la FrançAfrique, nos hommes politiques eux sont persuadés que sans l'aval de la France,ils n'arriveront jamais au pouvoir,c'est pourquoi il est plus facile de les voir à Paris ou en train d'échanger au téléphone avec des fonctionnaires subalternes de Matignon et de l'Elysée au lieu de sérieuses rencontres de travail avec les autres formations politiques du pays.

LES ÉLECTIONS, UNE MASCARADE PITOYABLE ET UN MIROIR DE LA CRISE.

Rien ne montre le plus la faillite du système néocolonial Mbida-Ahidjo-Biya et la crise dans laquelle il est enlisé que son système électoral misérable.

Elecam est incapable de respecter la loi électorale qui exige la publication des listes des candidats retenus 60 jours au moins avant la clôture du scrutin.Le dernier délai de cette fixation était le 9 Décembre à minuit, ce qui n'a pas été fait !

Pour un univers de 300 partis politiques, ne participent aux élections législatives que 35 parmi lesquels l'Uc-unc-rdpc qui apparaît de facto comme l'unique parti national du pays, tous les autres étant des partis "ethniques" ou "régionaux" tout au plus. Aujourd'hui même avant ces élections le parti au pouvoir s'est déjà octroyé 17 députés sans péril aucun par manque d'adversaires politiques, ce parti avec 208 listes à lui seul en présente presque la moitié, les autres 34 formations politiques se répartissant le reste parmi lesquelles aucune n'atteint la centaine, l'Undp qui a le plus de listes ne présente que 93, tandis que le Sdf 75 et le Pcrn 44,ces 3 partis ne présentent que 212 listes au total !

Aucun parti de la soi-disante opposition ne brigue ne serait-ce que la moitié (90) des sièges de l'Assemblée nationale, l'Undp ne brigue que 63, le Sdf 51 et le Pcrn 35, Tous les trois ensemble ne briguent que 149 sièges...

Lorsque l'on soustrait les 17 députés déjà acquis par l'Uc-unc-rdpc, on peut mieux constater la forfaiture...puisqu'il s'agit dans notre pays d'une démocratie de m...oui de misère et de mendicité car à quoi servent les partis politiques si ce n'est pour exercer le pouvoir politique?

Pendant toutes ces décennies à quoi ont servi les Ni John Fru Ndi, Bouba Bello Maigari et Ndam Njoya...s'ils se savaient incapables d'arriver au pouvoir ? Que servira un Cabral Libii avec son Pcrn (pop corn) si ce n'est de combattre l'UPC ?

Ces élections mettent à nu le système Mbida-Ahidjo-Biya et prouve encore une fois que tous ces hommes politiques tels de grands mendiants ne participent aux élections que pour prendre leur maigre part de gâteau et n'ont en réalité que le rôle subalterne d'accompagnement du système néocolonial aujoulatiste.

Mais cette fois l'une des grandes particularités est l'exclusion administrative de l'UPC.

Après avoir longtemps encouragé l'existence officielle de plusieurs UPC et leur bicéphalisme, le gouvernement camerounais trouve l'heure arrivée de faire disparaître totalement de la scène politique le parti historique responsable de la Réunification et de l'Indépendance du pays au profit du Pop corn ( Pcrn) de Cabral Libii, le petit Ahidjo Bassa qui tel le sanguinaire Ahmadou Ahidjo de triste mémoire, s'implique activement dans l'extermination de l'upecisme, il lui aurait été promis plusieurs députés au cas où il participerait aux élections...mais l'UPC en a vu d'autres et a survécu à Ahidjo, elle survivra donc au mini Ahidjo.

Il reste aux upécistes du pays de relever ce défi tout en comprenant définitivement la nécessité d'une Unité de l'UPC et d'une Alliance Patriotique forte!

On ne pourrait terminer sans ajouter ici que ce régime Mbida-Ahidjo-Biya dont le tribalisme est un important pilier a réussi à miner sérieusement l'unité nationale née lors de l'épopée upéciste lors de la conquête de l'Indépendance du pays car en même temps que l'on rencontre un petit groupe d'extrémistes Bamileké convaincus qu'ils pourraient seuls et contre tous arriver à la magistrature suprême, on trouve un bon nombre de Bassa dans le Pcrn et un peu ailleurs avec un langage réactionnaire incriminant les Bamileké de s'être enrichis sous Ahidjo-Biya et d'avoir ainsi trompé les Bassa lors de la guerre pour l'indépendance, comme si tous les Bamileké se seraient subitement enrichis et qu'ils étaient les véritables responsables de l'éternel enclavement du pays Bassa, une sourde haine est ainsi nourrie contre les Bamileké et le Mrc ...les milieux néocolonialistes du pays tiennent à ce que l'axe de fraternité patriotique Bamileké-Bassa qui a été le moteur de la lutte glorieuse et historique de notre peuple lors de la guerre d'indépendance ne se reconstruise plus jamais...mais à notre peuple et à sa jeunesse le dernier mot !!!

LA SOLUTION VIENDRA DU PAYS ET NON DE L'EXTÉRIEUR.

Contrairement à toutes les crises précédentes que le régime a survécues, l'actuelle prend sa source dans le Contentieux Historique franco-camerounais,c'est la raison pour laquelle elle ne sera jamais résolue avec de petites réformes telles que le statut spécial.

Car le pays tout entier a été rattrapé par son Histoire, en participant aux élections du 9 février le Sdf trahit son électorat et le pays tout entier, et on constate bien aujourd'hui que la faillite de la Réunification n'a été possible qu'avec la participation active des élites anglophones,le visage que montre le Sdf au pays est lamentable,il apparaît ainsi plus compromis avec le système néocolonial que le MRC! Qui l'aurait cru?

Alors qu'il lui est impossible de se présenter librement dans ses propres fiefs, le Sdf tout honteux et confus, a été incapable de se prononcer ouvertement sur sa participation aux futures élections qu'il a conditionné avec la solution du Contentieux Historique National au Cameroun Occidental, solution carrément impossible avant le 9 février prochain...

A la jeunesse et au peuple camerounais, aux forces politiques du pays d'exiger un Dialogue National Inclusif dont les préalables sont:

Une déclaration de cessez-le-feu par la gouvernement
Une amnistie générale et inconditionnelle
La libération de tous les prisonniers politiques, Ayuk Tabe et tous les siens inclus.

14janv.
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