CAMEROUN :: Vox pop : Les pays africains vous semblent-ils préoccupés par la crise anglophone ? :: CAMEROON
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CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Le Jour : Propos recueillis par Guillaume Aimée Mete
  • samedi 25 mai 2019 11:34:00
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CAMEROUN :: Vox pop : Les pays africains vous semblent-ils préoccupés par la crise anglophone ? :: CAMEROON

Njoya Moussa, politologue : “Ces pays ont leurs problèmes”
Les pays africains ne semblent pas préoccupés par la crise anglophone, et ce pour plusieurs raisons. La première est liée à l’idéologie originelle de l’organisation de l’Union africaine qui est devenue l’Union africaine : à savoir la non-ingérence dans les affaires internes des Etats, c’est la raison pour laquelle vous observerez quand, il y a un problème dans un Etat africain, l’Union africaine est la dernière à intervenir. La deuxième raison est que les chefs d’Etat africains ont cette forme qui est le prolongement de la non-ingérence entre eux ce qui fait en sorte que lorsque quelqu’un d’entre eux est en difficulté, ils ne vont pas en rajouter. Et puis ceux qui sont en poste à l’Union africaine font face à des difficultés. L'info claire et nette. On a par exemple le président de la commission de l’Union africaine qui est du Tchad et ce pays connait des problèmes de tibesti. Est-ce qu’ils peuvent laisser ce problème où leur président Idriss Deby utilise les hélicoptères et l’armée française pour tuer les gens et ensuite venir donner des leçons au Cameroun. Le président de l’Union africaine actuel Abdel Fattah al-Sissi, le président Egyptien a également des problèmes avec les Frères musulmans. Ce problème l’a amené à condamner près de 7000 personnes à mort en Egypte donc dans ce contexte, il n’a pas de leçon à venir donner à M. Biya. Grosso modo, la plupart des Etats africains en interne n’a pas de leçons à donner qu’ils ne peuvent pas se prononcer. Et puis la crise anglophone n’a vraiment pas encore débordé sur le plan international, il est certes vrai qu’on a des réfugiés au Nigéria, mais contrairement à Boko Haram où les exactions avaient débordé jusqu’au territoire nigérian, on est encore à l’intérieur du Cameroun, on pense que la situation peut se gérer sur le plan bilatéral.

Me Claude Assira, avocat : « Je n’ai pas cette impression »
Pour un juriste, il aurait fallu que je puisse avoir des éléments d’analyses pertinents et non pas que donner l’impression au loin. Mais, en tant que citoyen, je n’ai pas cette impression. L’Union africaine a déjà eu l’occasion de se prononcer sur les procédures qui ont été engagées dans le cadre de cette crise pour un certain nombre de groupes rebelles qui défendent les intérêts et valeurs culturelles de ces régions. Camer.be. La commission africaine a très souvent rendu un jugement qui impose un certain nombre de contraintes au gouvernement camerounais. Evidemment, le gouvernement camerounais considère que c’est une immixtion et par conséquent les choses sont restées comme telles. Ça aurait pu constituer le prétexte dans le cadre des relations diplomatiques de la politique internationale, mais je n’ai pas vraiment le souvenir.

Faustin Etouke, épistémologue : «Les Occidentaux cristallisent le débat»
Aujourd’hui, ne serait-ce que du point de vue juridique, l’Afrique est un continent libre, car les différents pays qui forment l’Union africaine sont des Etats indépendants. Aussi est-il surprenant de constater qu’une crise comme celle dite anglophone au Cameroun, soulève plus de passions et de prises de position dans les pays occidentaux et leurs institutions, plutôt qu’au sein des institutions africaines comme l’Union africaine ou la Cemac. En effet, c’est bien surprenant que ce soient les déclarations de diplomates occidentaux, comme Tibor Nagy des Etats-Unis ou Michelle Bachelet du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, qui cristallisent l’essentiel des débats sur ladite crise anglophone. De même, lorsqu’il s’agit des déploiements de la diaspora camerounaise vis-à-vis de ladite crise, ce sont systématiquement les diasporas présentes aux Etats-Unis ou en Europe qui se font entendre, comme s’il n’y avait pas de diaspora camerounaise dans les divers pays africains.

25mai
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