Revers de fortune : quand le PMUC a mal à ses cagnottes
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La société des paris hippiques commence à se mettre à un régime sec et à fermer certaines de ses unités au Cameroun. En silence. L’heure va être à la rigueur budgétaire alors que les parieurs semblent avoir perdu l’enthousiasme.

Silence radio et black-out intégral sur le gros temps au PMUC. Il y a bien du temps que l’agence de Bertoua de la société des paris hippiques est fermée et les employés ont été mis en « chômage technique ». Une mesure à plaisanteries de mauvais goût que la centaine de braves qui animaient l’agence de la province de l’est n’a pas gobée. Ce d’autant plus qu’ils n’ont pas reçu un seul kopeck comme ils s’y seraient attendus. Résultats des courses, bureaux saccagés, kiosques démolis et incendiés. Au PMUC, on a minimisé l’incident qu’on met sur le compte d’une petite erreur d’inattention : on a juste oublié d’apprêter les enveloppes des personnels qu’on allait mettre en chômage technique avant de baisser les grilles.

Un malencontreux oubli qui va coûter quelques millions de plus à une société qui ne s’empresse plus depuis une saison de remplacer les kiosques après le passage des vandales à Yaoundé, à Douala ou à Bamenda. Le saccage de Bertoua survenait deux mois seulement après celui de Bamenda. Les exaspérés de la vie chère et autres insurgés de la hausse du prix du carburant à la pompe ont proprement mis le feu à l’édifice abritant le PMUC dans la province anglophone. L’ombre portée de John Fru Ndi à qui on attribuait la paternité de l’immeuble ne les en a pas dissuadés, bien au contraire. Mais la page noire des mauvaises nouvelles est loin d’être tournée pour le PMUC. Dans la foulée, le personnel de la salle des calculs de Limbé a été congédié. Les dépouillements se feront désormais à Douala comme au tout début de l’aventure du pari mutuel au Cameroun.

A Yaoundé, c’est l’unité audiovisuelle du service de la communication qui est supprimée. La raison avancée est toute simple. Avec la baisse d’audience que connaît la CRTV, on ne peut plus s’accommoder d’une unité tv à Yaoundé qui ne rapporte rien. On va se concentrer sur les chaînes concurrentes, canal 2 international ou STV qui distancent largement la chaîne publique à l’audimat. Une mauvaise nouvelle pour Amadou Vamoulké. Forcément embarqués dans la même galère que la CRTV, certains patrons de la presse privée qui pourraient bientôt avoir à compter sans les précieux secours des insertions PMUC. Lorsqu’une entreprise se met au régime sec, elle commence généralement à couper dans les budgets de la communication globale. Tout y passera, depuis les insertions publicitaires jusqu’aux actions de sponsoring ou de mécénat. Et surtout, la société va être contrainte de revoir à la baisse les ambitions affichées de sa politique d’agence. Il y a quelques années encore, sous André Giacomoni, on gagnait le pari d’ouvrir une agence à Garoua, un fief musulman dont les traditions enracinées proscrivent les jeux de hasard. Aujourd’hui, on n’ouvre plus des agences, on en ferme.

Temps durs
Le PMUC est religieusement avare des chiffres de ses performances commerciales. Il est donc absolument impossible pour le public de se faire une idée sur la santé de la société. Si elle n’est cependant pas à l’article de la faillite, la société des paris a atteint un point d’inflexion de la courbe de progression de ses affaires, conjoncture oblige. Lorsque la vie chère se complique du tassement des revenus et de l’urgence de survie, même les parieurs les plus fous et les drogués du jeu réduisent leur budget affecté aux courses de chevaux. Il y a ainsi des signes qui ne trompent pas. L’heure est à la morosité. Les gars du PMUC qui ne manquaient pas l’occasion d’une apparition publique ont subitement appris à se faire plus discrets. Depuis bientôt un an, la réputation du PMUC faiseur de millionnaires a pris un coup. Les jackpots ont disparu et les parieurs doivent se contenter de maigres gains, des ordres du quarté et du quinté plus à … 40 mille francs CFA camer.be, parfois beaucoup moins. Les camerounais ne seraient donc pas tous devenus de sacrés veinards qui gagnent à chaque tour ou qui arment des boules de cristal pour trouver les combinaisons infaillibles. Les rapports chiches sont l’indice d’un effondrement des mises aggravé en outre par une désaffection progressive des parieurs qui jouent de moins en moins et sont beaucoup moins nombreux qu’il y a dix ans à se bousculer aux kiosques du PMUC. A Douala, des parieurs ont une explication : c’est leur faute s’ils n’ont pas sur pied un syndicat de turfistes pour surveiller la répartition de la cagnotte à chaque course. Le malaise est perceptible dans les rangs, on est tous convaincus que le PMUC ne reverse que ce qu’il veut bien, en l’absence de tout contrôle impartial.  

Ça ne pogne Pas fort sous Les habits neufs
Du côté du PMUC, on a du mal à se faire comprendre et à se dédouaner. Avec un immeuble fringuant à Akwa à Bonanjo, des meubles tout neufs et un matériel informatique high-tech, ça ne peut pas être la galère. La réalité est tout autre : avec un moindre investissement en équipements informatique et des moyens du bord, le PMUC a fait de bien meilleures affaires il y a dix ans encore. Les atours neufs de la société n’auront pas fait le bonheur des affaires. Même les nouvelles formules de jeu introduites, genre 6 sur 7 pour des mises à cent francs, dans l’espoir d’élargir une clientèle qui commençait à se raréfier n’y ont rien fait. Et comme les explications métaphysiques ne manquent pas au Cameroun, ont vite fait d’en trouver une depuis que le PMUC s’est installé dans le presbytère de Christian Tumi contre l’avis de la Bible catholique qui interdit les jeux de hasard, et au beau milieu d’une dizaine d’écoles, la colère des dieux n’allait pas tarder à s’abattre sur ses cagnottes. Les parieurs se disent tous orphelins de leur vieux siège de Bonanjo avec un espace aménagé où ils s’installaient dès les premières heures de la matinée jusque tard dans la soirée, climatisation à l’œil et convivialité assurée. Conséquence, on a vite rangé la douce fierté qu’on a tiré un bref instant du nouvel immeuble siège pour se consoler que l’argent des camerounais servait au moins à quelque chose, même lorsqu’il a changé de poches et de proprio. Mais la conjoncture s’en est mêlée et bonjour les désillusions. Le prochain gros millionnaire n’est toujours pas annoncé.

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