CAMEROUN :: Titus Edzoa, la plume comme le bistouri :: CAMEROON

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Ses ambitions politiques de diriger le pays n’ont pas changé, malgré 17 ans d’incarcération.

Célèbre et controversé personnage de l’arène politique camerounais, Edzoa Titus Rigobert est originaire du village Mbalgong, près de Mbankomo, région du Centre. Né le 04 janvier 1945 à Bonabéri (Douala), il arrive au pic de son ascension administrative, lorsqu’il est promu secrétaire général à la présidence de la République (Sg/Pr), avant de passer ministre de la Santé publique d’où il démissionne le 20 avril 1997. La descente aux enfers de l’ancien baron du régime de Yaoundé commence alors quelques jours après sa démission, lorsqu’il déclare sa candidature à l’élection présidentielle de la même année. Il est arrêté, puis incarcéré pour 15 ans, au motif de détournement de deniers publics.

Ayant purgé  sa peine, il sera à nouveau jugé pour les mêmes faits en 2012, et condamné cette fois à 20 ans de prison. Sa libération depuis le 24 février 2014, émane d’une remise de peines du président de la République. Depuis lors, Titus Edzoa a renouvelé son adhésion au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir. Il prépare sa rentrée socio-politique, car il confirme être toujours dans le Rdpc dont il n’a jamais démissionné. Il faut le souligner, l’ancien secrétaire général à la présidence de la République a fait des révélations accablant le régime en place, pendant sa détention. En effet, par le moyen des correspondances et d’un ouvrage de 158 pages, le chirurgien met à nu les pratiques occultes des dirigeants et dénonce la stagnation dans la gestion des affaires du pays.

Le combat.

La première lettre d’octobre 2009, interpelle Paul Biya sur le supplice à lui infligé dans la geôle. Une doléance qu’il reformule, dans une autre lettre de février 2011, titrée par «14 ans de torture, Monsieur, ça suffit ! Dans cette dernière, le prisonnier décide de dénoncer le cynisme du Chef de l’État, en qui il reconnait pourtant des vertus de bonhomie. Il affirme subir des sévices et même des menaces de mort, du fond de son cachot, alors qu’il est innocent. Il y interpelle d’ailleurs l’opinion internationale, face à cette violation des droits «humains et avise que son cas mettra en péril le rayonnement du pays. Son livre, intitulé «Méditations de prison», édité en 2012 chez Karthala et les Éditions du Schabel, a été écrit depuis sa cellule.

Celui-ci met en vue, les pratiques sataniques des hommes au pouvoir à savoir l’ingurgitation du sang humain tout frais, l’homosexualité, la dégustation de la chair humaine, la livraison en sacrifice à la confrérie du plus aimé de ses proches, les pactes avec Lucifer, la fornication avec des cadavres féminins, des bains publics en tenue d’Adam, la possession de l’âme, … tout ceci pour acquérir plus de pouvoir, de la puissance, dominer tout et tous, accéder à des fonctions les plus prestigieuses de la société et accumuler des richesses.

Après ces révélations horripilantes, l’ancien ministre libre ce jour, réitère ses convictions et opinions politiques, qui selon lui se sont raffermies, densifiées et pétrifiées. Il se positionne comme ce Camerounais à la recherche d’un idéal partagé pour l’émancipation et l’épanouissement du peuple. Mais alors, l’on se demande pourquoi cette prétendue rébellion ? Pourquoi cet acharnement sur le système dont il porte pourtant des gènes ? Pense-t-il vraiment apporter un changement au pays ? Wait and see.

© InfoMatin : Carole Oyono

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