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Cameroun, Vient de paraà®tre, Enoh Meyomesse: Les premiers pas du Cameroun indépendant :: CAMEROON
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  • Camer.be : Avec L'auteur
  • dimanche 06 mai 2018 14:58:05
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Cameroun, Vient de paraà®tre, Enoh Meyomesse: Les premiers pas du Cameroun indépendant :: CAMEROON

Quels ont été les premiers pas du Cameroun indépendant ? Telle est la matière de cet ouvrage que nous avons voulu quelque peu didactique.

En effet, à l’observation, la majorité des Camerounais n’a pratiquement pas d’idées sur cette période, ne sait nullement comment les événements se sont déroulés. Il est ainsi assez frappant de constater que pour nombre de personnes interrogées, Ahmadou Ahidjo était devenu président de la République aussitôt l’indépendance proclamée, autrement dit, de manière quasi-automatique. Peu de gens savent qu’il ne l’était

devenu que cinq mois plus tard, à savoir le 5 mai 1960, et que, entre-temps, il était toujours demeuré Premier ministre du Cameroun, mais sans président de la République, bien mieux, il s’était attribué la fonction de Ministre des Affaires Etrangères, cumulativement avec celle qu’il exerçait déjà.

Si les gens ne savent guère grand-chose des premiers pas du Cameroun indépendant, la raison en est très simple : il n’existe pratiquement pas de document, sous forme de livre, qui décrive cette période.

Les premiers pas du Cameroun indépendant, ambitionne, par conséquent, de combler cet insupportable vide.

Nous y avons parlé de tout : du maquis, des déclarations des politiciens de l’époque, des premières conventions signées avec le gouvernement français, de l’admission du Cameroun à l’ONU, de l’assassinat de Félix Moumié, de l’assassinat du préfet Kohn, près d’Eséka, de l’incendie criminel du quartier Congo, l’adoption de la première constitution du Cameroun, la formation du premier gouvernement, etc.

Nous nous sommes contenté de sélectionner des événements qui nous ont semblé importants à connaître, en nous efforçant de ne pas y ajouter de longs commentaires. Notre but aura été de restituer l’histoire dans son authenticité, afin que le lecteur s’en fasse sa propre opinion.

……………..

1

Vendredi 1er janvier 1960 : la proclamation de l’indépendance.

Conformément, 1/- à la résolution des Nations Unies du mois de mars 1959, 2/- à la résolution de l’Assemblée Législative du Cameroun, ALCAM, du 24 octobre 1958 préconisant la levée de la tutelle des Nations Unies le 1er janvier 1960, 3/- au rapport de la 4ème et dernière Mission de visite des Nations Unies de décembre 1958, le vendredi 1er janvier 1960 à 0 heures, le Cameroun est devenu indépendant.

Pendant toute la semaine, les populations s’étaient préparées à l’événement. Des retraites au flambeau avaient été organisées un peu partout à travers le pays. Des bals avaient été programmés. Mais en même temps, les grandes villes ont été ceinturées par des cordons de police, l’UPC ayant prévu un massacre sans précédent de Blancs si, le 1er janvier, c’est-à-dire en fin de semaine, le Cameroun n’est pas indépendant. La tension était ainsi très vive dans le pays. Mais, par bonheur, la nuit du jeudi 31 décembre s’était bien passée, et le lendemain matin, vendredi, tout le monde s’était déporté sur la place de l’hippodrome baptisée, du coup, « Place de l’indépendance ».

A 7 h 40, déjà, ce vendredi 1er janvier, le premier ambassadeur de France au Cameroun, Jean Bénard, avait présenté ses lettres de créances à Ahmadou Ahidjo. Après quoi, ce dernier encore Premier ministre, s’était rendu au lieu des cérémonies qui devaient commencer à 9 h 30. A l’heure dite, alors que tous les invités étaient déjà présents, une chorale constituée de jeunes enfants, avait chanté l’hymne national. Tout le monde avait chaleureusement applaudi. 101 coups de canons avaient été tirés. Tout le monde avait de nouveau applaudi. Le secrétaire général des Nations Unies, Dag Hammarskjöld, avait pris la parole. Il avait levé officiellement la tutelle des Nations Unies sur le Cameroun.

« C’est un vrai privilège pour moi, comme Secrétaire général des Nations Unies, d’être présent au moment où le premier territoire sous tutelle s’affranchit des statuts de tutelle et s’apprête à joindre la famille toujours grandissante des nations indépendantes.

C’est aussi un très grand plaisir personnel que d’assister à ces cérémonies d’indépendance, au seuil de l’année à venir qui sera d’une importance singulière dans l’évolution politique et économique de ce grand pays du continent africain.

Dans moins d’une heure, le rideau va tomber sur un chapitre dans l’histoire du Cameroun avec lequel les Nations Unies avaient une étroite association pendant les quatorze dernière années, et peut-être je puis en faire mention, avec lequel les Nations Unies avaient des relations suivies pendant plus d’un quart de siècle, son but accompli, la responsabilité des Nations Unies est arrivée à sa fin, et le Cameroun s’assurera sa place comme membre de la communauté internationale du 20ème siècle (…) MM. Le Président, M. le Haut-commissaire, M. le Premier ministre, au nom des Nations Unies, je salue le nouvel Etat indépendant du Cameroun.. »1

Tout le monde avait applaudi en poussant de frénétiques youyous de joie. Ensuite, le représentant du gouvernement français, Louis Jacquinot avait pris la parole :

« La France apporte, ce matin, au nouvel Etat camerounais, son parrainage et ses vœux. Elle le fait en sa qualité de puissance tutrice, consciente d’avoir rempli la tâche que les suprêmes instances internationales lui avaient confiée. Elle le fait pour rester fidèle à un passé de quarante années au cours desquelles le Cameroun lui fut associé et pour répondre à l’amitié que les populations de ce pays n’ont jamais cessé de lui manifester.

Aux heures plus douloureuses de notre histoire, ce sont constituées, ici même, les premières phalanges d’hommes libres dressés dans un magnifique élan contre la barbarie et la servitude.

Voici d’autres heures solennelles, le Cameroun naît à l’indépendance. Ce fut d’abord le vœu du peuple camerounais exprimé par son Assemblée législative et par son gouvernement, l’acceptation immédiate de la République française, le vote, enfin, de l’Assemblée générale des Nations Unies, entraînant la cessation, le 1er janvier 1960, de la tutelle que nous exercions en vertu des accords approuvés le 13 décembre 1946 par cette même Assemblée.

(…) L’accession de l’Etat du Cameroun auprès des nations souveraines est un événement mondial. Et cet événement n’est dû, ni à la révolte, ni à la réaction passionnelle. Il est le fruit du travail, de la détermination, et de l’aboutissement d’une évolution raisonnée et patiemment poursuivie (…)

Vous avez votre indépendance. Elle s’accomplit dans l’amitié et dans la confiance mutuelle. Ensemble, nous pouvons nous en féliciter. Elle se fortifiera, parce qu’elle repose sur une base de complète égalité et de réciprocité. Nos conseils, notre aide, si vous croyez devoir nous les demandés, vous seront accordés sans aucune exclusive dans le respect entier de votre souveraineté (...)

Jamais un Camerounais ne sera un étranger en France, pas d’avantage, j’en suis certain, un Français ne sera, au Cameroun, un étranger. Puissent nos destins longtemps se rencontrer pour la prospérité et le bonheur de nos deux patries et pour le bien de l’humanité »2.

Puis le représentant des Etats Unis d’Amérique, Henry Cabot Lodge, représentant permanent aux Nations Unies :

« C’est avec une vive émotion que je prends contact avec le sol camerounais. Mes compagnons et moi-même avons l’honneur d’être les représentants du peuple des Etats Unis d’Amérique, le Président Eisenhower, aux cérémonies marquant l’indépendance du Cameroun. Nous souhaitons au gouvernement et au peuple camerounais bonheur et prospérité … »3

Enfin, Ahmadou Ahidjo, le Premier ministre camerounais.

« Camerounaises, Camerounais, mes chers compatriotes, le Cameroun est libre et indépendant (l’explosion de joie est générale et sans précédent au sein de la population qui suit le déroulement des cérémonies à la radio). Ces mots font vibrer en chacun de nous, une émotion que nous ne dissimulons pas, tant elle est grande, tant elle est naturelle, tant elle touche aux aspirations de tout ce qui porte le nom d’homme. Camerounais des villes, des villages et des campagnes, ce jour tant attendu, nous allons le vivre avec émotion, etc... »4

A la fin du discours, un impressionnant défilé de jeunes et de militaires en tenue de l’armée camerounaise (pour la première fois), commandé par un jeune capitaine du nom de Pierre Semengue, s’était déroulé à la place de l’hippodrome, et non plus devant l’actuel magasin « Casino » comme jusqu’alors. L’émotion était au paroxysme. Parmi les hôtes de marque à cette cérémonie historique et inoubliable, on distinguait, Madame Golda Meir, le Premier ministre israélien, Modibo Keita, le Président du Conseil (Premier ministre) du Soudan Français (Mali), Moktar Ould Dada, Président du Conseil de la Mauritanie, etc.

Pendant toute la journée, la joie avait été indescriptible dans tous les foyers, à travers tout le territoire national. Deux jours plus tard, tous les invités du Cameroun s’étaient déportés à Douala, où les cérémonies de l’indépendance étaient prévues pour le dimanche 3 janvier au matin. Un impressionnant défilé s’était déroulé au Boulevard du 27 août 1940. Des militants de l’Union des Populations du Cameroun, UPC, avaient défilé, des portraits de Ruben Um Nyobè en main et bien en vue.

A la légation du Cameroun à Paris, rue de Courcelles, une grande réception avait été organisée pour la circonstance. De

nombreux Français et Camerounais y avaient été conviés. Les Camerounais résidents dans des villes de province en France, avaient également organisé des cérémonies, et y avaient conviés leurs amis tant Français qu’Africains.

Mardi le 5 janvier 1960, Xavier Torre, le dernier Haut-commissaire de la France au Cameroun, avait quitté Yaoundé. Le Cameroun avait cessé d’être un territoire sous tutelle des Nations Unies à l’administration confiée à la France. Une nouvelle ère commençait pour lui…

……………..

Avant-propos

1- Vendredi 1er janvier 1960 : Proclamation de l’indépendance

2- Dimanche 10 janvier 1960 : Attaque de la chefferie Bazou

3- Jeudi 14 janvier 1960 : Attaque de la « Frégate » à Douala

4- Jeudi 14 janvier 1960 : Le mode opératoire de l’Armée de Libération Nationale Kamerunaise

5- Vendredi 15 janvier 1960 : Désignation des membres du Conseil Consultatif Constitutionnel

6- Vendredi 15 janvier 1960 : Paul Soppo Priso critique le Conseil Consultatif Constitutionnel

7- Vendredi 15 janvier 1960 : Appel de M. Ngayewang pour une « Table ronde bamiléké »

8- Vendredi 15 janvier 1960 : Le gouvernement français décide le maintien de troupes militaires au Cameroun

9- Vendredi 15 janvier 1960 : Ahmadou Ahidjo se prononce sur les institutions camerounaises

10 – Samedi 16 janvier 1960 : Attaque de l’Armée de Libération Nationale Kamerunaise à Bafang

11- Lundi 18 janvier 1960 : Daniel Kemajou refoulé de Yaoundé

12 – Mercredi 20 janvier 1960 : Djoumessi Mathias s’adresse aux Bamiléké

13 – Mercredi 20 janvier 1960 : Distribution de tracts par Momo Paul

14 – Mercredi 20 janvier 1960 : Description de l’insurrection en pays bamiléké

15 – Mardi 26 janvier 1960 : Recommandation du Conseil de sécurité des Nations Unies sur l’admission du Cameroun comme Etat membre

16 – Samedi 20 février 1960 : L’Alnk s’oppose par des attentats au referendum constitutionnel, bilan 62 morts

17 – Dimanche 21 février 1960 : referendum sur la première constitution du Cameroun

18 – Vendredi 4 mars 1960 : Promulgation de la première constitution du Cameroun indépendant

19 – Lundi 7 mars 1960 : Retour d’exil à Conakry d’André-Marie Mbida

20 – Jeudi 10 mars 1960 : Démission des députés français de l’ALCAM

21- Samedi 9 avril 1960 : Ernest Ouandié vice-président de l’UPC préconise la violence

22 – Dimanche 10 avril 1960 : élections législatives pour la première Assemblée Nationale du Cameroun

23 – Jeudi 14 avril 1960 : Le Dr Eyidi Bebey se prononce sur les problèmes politiques de l’heure à la salle des fêtes d’Akwa

24 – Jeudi 14 avril 1960 : le député André-Marie Mbida convoque une « Table Ronde »

25 – Samedi 23 avril 1960 : congrès du Parti des Démocrates Camerounais

26 – Dimanche 24 avril 1960 : Incendie du quartier Congo

27 – Mardi 26 avril 1960 : Adoption du « Programme minimum National Commun »

28 – Jeudi 5 mai 1960 : Election du Premier Président de la République par l’Assemblée Nationale du Cameroun

29 – Mardi 10 mai 1960 : désignation du Premier ministre de la République du Cameroun indépendant

30 – Jeudi 12 mai 1960 : Dr Eyidi Bebey décline l’offre d’entrer au gouvernement

31- Samedi 14 mai 1960 : Formation du premier gouvernement du Cameroun indépendant

32 – Mercredi 15 juin 1960 : Charles Okala évite Ernest Ouandié et Osendé Afana à Addis-Abeba

33 – Jeudi 7 juillet 1960 : John Ngu Foncha préconise la Séparation du Southern Cameroons du Nigeria

34 – Mercredi 17 août 1960 : Assassinat du Rev. Père Jean Courtecuisse à Ngambé

35 – Mardi 20 septembre 1960 : admission du Cameroun comme membre des Nations-Unies

36 – Vendredi 7 octobre 1960 : assassinat du Préfet Albert Khon près d’Eséka

37 – Samedi 15 octobre 1960 : empoisonnement de Félix Moumié à Genève

38 – Dimanche 13 novembre 1960 : signature des premiers Accords de coopération France - Cameroun après la proclamation de l’indépendance

39 – Jeudi 17 novembre 1960 : John Ngu Foncha préconise la réunification …en 1965 !

40 – Mardi 22 novembre 1960 : Levée de l’immunité parlementaire du député upciste du Dja & Lobo Owono Mimboé

41 – 9 décembre 1960 : Charles Okala, Ministre des Affaires Etrangères, se prononce sur la mort de Félix Moumié

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06mai
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