Développement durable : le Cameroun joue aux abonnés absents :: CAMEROON
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Dans mon dernier article, j’ai donné trois raisons qui ont retenu l’Afrique dans son état de pauvreté. Ces trois raisons étaient le climat, les impérialismes et l’autarcie. Je vais me pencher sur les deux premières dans cet article-ci.

- Le climat

Le climat est un facteur déterminant pour le développement. Un climat inadéquat est réfractaire au développement pour la simple raison que les habitants d’un tel pays devraient fournir des efforts qu’ils pourraient sans doute ne pas maîtriser ou dont ils n’auraient pas les moyens au moment opportun. Un climat morose occasionne des mouvements migratoires incontrôlables, des dérèglements de l’écosystème et ainsi ramène en arrière des progrès déjà réalisés.

Vous avez pour preuve les dégâts causés tour-à-tour par des ouragans Harvey et Irma respectivement au Texas et en Floride aux Etats-Unis. J’ai eu le sinistre honneur d’être de passage là-bas et ainsi de devenir témoin oculaire de l’un de ces ouragans. J’ai vu comment la quatrième ville des Etats-Unis a été tenue en échec. Il faudra peut-être un an pour que l’activité reprenne totalement dans la ville de Houston. Un climat sympa par contre occasionne un développement rapide à l’instar de l’industrialisation qui a pris l’envol en Grande Bretagne au XVIIIe siècle.

Pour ce qui est de l’industrialisation telle qu’expliquée dans l’article précédent, l’Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada), l’Australie et la Nouvelle Zélande avaient des climats tempérés. Les connaissances technologiques développées en Grande Bretagne venaient ainsi d’un pays tempéré. Il était donc plus naturel que ces connaissances soient non seulement transférées mais aussi appliquées plus facilement dans ces pays-là. En plus, les exportateurs de technologies étaient un peu plus à l’aise dans des zones à températures similaires aux leurs et étaient plus tentés de s’y installer. Voilà pourquoi, bien que toutes les nations existantes de l’époque fussent relativement pauvres, certaines sont parties de 1800 avec une petite avance économique sur les autres. Nous y reviendrons plus tard.

Toujours en matière de climat, il serait néanmoins moins honnête de dire que la pauvreté de l’Afrique Subsaharienne en général et du Cameroun en particulier soit due à son climat. C’est

plutôt surprenant que l’Afrique ne se soit pas développée jusqu’ici parce qu’elle a l’un des meilleurs climats de la planète. Dans les pays comme le Canada et la Russie, l’on expérimente ce que les anglais appellent permafrost. C’est une condition écologique où le sol devient congelé de sorte que si vous le creusez, vous verrez que la glace est dans le sol. Voilà le degré de froid que ces pays connaissent. Dans de telles zones, l’agriculture est saisonnière. En hivers l’activité agricole ralentit. Mais ce n’est pas le cas en Afrique.

Le Cameroun a été doté d’un climat des plus favorables. Il suffit qu’un cultivateur remue son doigt pour recevoir un produit en sa saison. Oui, je vous vois crisper le sourcil. J’ai grandi au village, moi aussi. Je sais que les pluies sont rares ces jours-ci et le sol s’appauvrit à une vitesse vertigineuse. Tout cela est dû au réchauffement climatique et au laxisme de nos institutions. Encore et encore je parlerai d’agriculture dans mes articles. Pendant que cet article ne se préoccupe pas d’agriculture, savez-vous que en 1980 il y avait 58 pays pauvres sans ressources pétrolières dans le monde ? En 1998, 22 de ces pays ont avancé économiquement et savez-vous ce que ces pays ont fait pour se développer ? C’est vrai, ils ont investi gros dans la culture des céréales ! La Malaisie par exemple est le quatrième pays d’Asie-Pacifique en réserves pétrolières (4 milliards de barils) mais seulement découvertes en 2014. Avant le pétrole, la Malaisie était aisée et simplement grâce à sa culture de céréales. Le Cameroun importe 100 mille tonnes de maïs de la Malaisie chaque année. En somme, si le Cameroun n’a pas pu se développer jusqu’ici, ce n’est pas le climat qui l’a causé mais le manque d’investissements publiques et privés dans les secteurs rentables.

- Les impérialismes

En classe de troisième, si mes souvenirs sont exacts, l’on nous enseignait que le terme impérialisme signifie domination. Quand les impérialismes ont-ils commencé, cela remonte à des millénaires. Certes, selon mon propre argumentaire, vous avez l’impression que l’ère des impérialismes est couplée avec la révolution industrielle qui a commencé dans les années 1750 avec la Grande Bretagne. Mais l’on peut retracer les pratiques impérialistes depuis la nuit des temps. Cependant, puisque la domination des états forts sur les états faibles a été systématique depuis l’envol de la révolution industrielle, il serait juste de placer le début des impérialismes à la genèse de la révolution industrielle. Cette domination a contribué à segmenter le monde en trois groupes tels qu’élaboré par le chef de la République Populaire Chinoise, Mao Zedong au milieu des années 1970.

En effet, après que la Grande Bretagne a donné le coup d’envoi de l’industrialisation, d’autres nations allaient plus facilement s’accaparer des avancées technologiques et devenir hyperpuissantes. Vous avez besoin pour exemple les Etats-Unis qui se sont révolté contre l’impôt que la couronne d’Angleterre voulait prélever sur eux. Se sentant suffisamment équipées pour se gérer toute seules, les treize colonies de l’Amérique du Nord se sont insurgées contre le pouvoir de Londres. Appuyés par la France, ennemi de longues dates de l’Angleterre, l’indépendance américaine est finalement reconnue le 3 septembre 1783 à Versailles.

Depuis lors, les Etats-Unis se sont développés à une vitesse exceptionnelle. Economiquement, de 1820 à 1998, le pays de l’oncle Sam a conservé une croissance constante annuelle de 1,7% par habitant pendant deux siècles sans perdre d’haleine. A titre de comparaison (c’est vrai que personne n’accepte plus comparer les deux aujourd’hui sous prétexte qu’on ne compare que les comparables), l’Afrique a conservé une croissance moyenne de 0,7%. Quand les données sont présentées de cette manière, la différence est presqu’invisible. Mais quand on sait que cette différence a duré deux siècles, l’on comprend pourquoi un faussé important s’était creusé entre les deux économies. Un point de différence dans le produit intérieur brut avec un pays tourné de façon agressive vers les capitaux privés et l’innovation comme les Etats-Unis crée forcément de la différence dans l’intérêt composé et c’est exactement ce qui s’est passé.

De l’autre côté se démarquait l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (l’URSS). Nous n’irons pas dans les origines très anciennes de cet empire, mais allons-y seulement aux années 1920 quand le monde traversait une récession généralisée.

Le 3 avril 1922, Staline est nommé secrétaire général du Parti Communiste. Il commença alors à solidifier les idéaux du communisme soviétique et contribua à la création de L’Union Soviétique le 30 décembre de la même année, un état fédéral qui regroupait une partie des frontières de l’empire tsariste en dehors de la Pologne, les Etats Baltes et une bonne partie de l’Ukraine. Bien que Lénine soit décédé le 23 janvier 1924, il avait œuvré avec Staline pour pousser l’agenda communiste, bien qu’à sa mort, Lénine était méfiant de Staline à cause de ce qu’il a appelé la brutalité de Staline.

Néanmoins, l’URSS était devenue une puissance que d’aucuns ont qualifiée de très agressive. En termes de ressources, c’était une puissance gigantesque qui se tenait sur des bases très solides.

Ces deux puissances (les Etats-Unis à l’Ouest et l’URSS à l’Est) se toisaient dans une guerre froide qui heureusement tardait à se tourner en conflit armé. Ces deux pays constituaient donc le premier-monde. Par leurs ressources humaines, économiques et technologiques, elles avaient acquis le contrôle du monde quelque peu de façon impressionnante pendant l’époque d’après la deuxième guerre mondiale aux années 1970 et début des années 1980.

Le second-monde était le monde forgé par Lénine et Staline après la deuxième guerre mondiale. Une fois encore, nous n’avons pas à entrer dans les régimes politiques mais ces rappels que je fais sont nécessaires pour comprendre les arguments qui vont venir dans d’autres sections. Cela étant dit, comprenons que Lénine est le fondateur du Parti Communiste Soviétique. Ce parti reprenait les idées du communisme marxien mais avouons que par intention ou par mégarde le parti de Lénine a dévié des principes du communisme marxien. Le communisme tel que prôné par Karl Marx était un système social où l’état s’assurait que les individus soient à l’abri du prolétariat ou ce qu’on appelle aujourd’hui extrême pauvreté. Pour cela l’état devait se rassurer qu’aucun individu ou groupe d’individus ne s’accapare les ressources du pays au détriment du reste de la population. Mais, sans faire le procès du communisme, il parait qu’il est allé un peu plus loin que le simple monitoring républicain. Lénine est le créateur de ce système dans l’Union Soviétique et a été succédé par Staline.

Le tiers-monde est l’ensemble des pays qui n’ont pas pris l’envol économique aux côtés des deux grandes puissances qui étaient à l’époque les Etats-Unis et l’URSS. Ce sont les états pauvres mais qu’on appelle pays du tiers-monde ou pays en voie de développement. Ça c’est pour être politiquement correct. Ce sont des états qui ont subi les assauts des impérialismes, l’isolement économique et les abus sur leurs propriétés. C’est dans ce groupe que le Cameroun tombe.

Les pays du tiers-monde sont pour la plus grande majorité en Afrique Subsaharienne. Ils ont été sous la domination des pays riches. En plus, il y a une explication selon laquelle ces pays ont choisi de se refermer sur soi quand la globalisation prenait essor dans les années 1980. Ils avaient omis de s’ouvrir au marché mondial, mais je ne suis pas d’accord avec cet argument. Je pense que les pays du tiers-monde avaient été expressément abandonnés sous la pluie sans ouverture au marché mondial. Ils étaient ainsi sans personnes qualifiées, sans connaissance et sans les moyens qui accompagnent un développement durable. Mais où est le péché du Cameroun dans les impérialismes ?

Les deux régimes qui ont déjà dirigé notre pays depuis les indépendances sont deux systèmes différents. Le régime d’Ahidjo avait un système ouvertement autocratique. Tous savaient que la liberté se mesurait aux comptes goûtes par exemple, et prenez ça dans quelque sens que vous voulez. Mais au moins, dans ce poing de fer, le Cameroun était appelé au travail comme son chef le voulait. Le résultat est que presque toutes les routes goudronnées du Cameroun datent de l’époque du premier régime. Quand il quittait le pouvoir, Ahidjo laissait plusieurs sociétés d’états ou parapubliques avec la capacité d’embaucher au moins deux milles cadres chacune comme le FONADER ou la SOFIBEL. La Cameroon Airlines avait sept avions commerciaux quand le premier président partait. L’hôpital central de Yaoundé était un hôpital de référence en Afrique Centrale et doté d’équipements ultra compétitifs pour des interventions d’envergure. Le palais de l’Unité, huitième plus beau palais dans le monde alors que les Champs Elysées (palais présidentiels français) ne figure même pas parmi les dix premiers, avait été construit par Ahidjo. C’était donc régime autocratique et dur mais l’on évoluait.

Le deuxième régime s’est voulu démocratique. Mais en réalité les maux des camerounais se sont développés. Certains d’entre vous ne connaissez même pas les noms des sociétés que j’ai mentionnés plus haut. C’est tout simplement parce que tous ceux qui avaient été élus de la destinée pour diriger les grands services publics à l’ère du renouveau avaient la licence de prendre tout ce qu’ils voulaient sans être inquiétés tant qu’ils faisaient leur possible pour garder le président actuel au pouvoir. Par souci de rester au pouvoir à tout prix, le régime actuel a conduit sa propre expérience de ce que j’appelle impérialismes endogènes. Voilà où nous sommes plus meurtris.

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© Correspondance : Vitalis Essala

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