Cholra : la fin du mystre camerounais ? :: CAMEROON

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Le pays d’Afrique centrale est souvent touché en nombre et en mortalité par la maladie. De nouvelles recherches semblent prouver que la saison pluvieuse favorise les épidémies.

Le Cameroun représente une épine dans le pied des autorités sanitaires nationales et internationales. Le cholra semble y être beaucoup plus fréquent et mortel - des dizaines de milliers de personnes touchées ces 40  dernières années - que dans les autres contrées de la région et bien moins maîtrisé. Sans que l’on sache exactement pourquoi. Une équipe de chercheurs pense avoir trouvé l’une des raisons principales de cet état de choses: la maladie y suivrait différentes «lois» de développement, en fonction des conditions climatiques différentes dans chaque région (travaux publiés dans Plos Neglected Tropical Diseases).

Le cholra est une maladie due à certaines souches de la bactérie Vibrio cholerae. Elle provoque des diarrhées sévères pouvant conduire à des déshydratations mortelles. Ces microbes peuvent survivre à l’état «sauvage» dans l’environnement, en particulier l’eau, et peuvent se transmettre d’homme à homme.

Pour leur étude, Moïse C. Ngwa et ses collègues de la faculté de médecine à l’université de Floride, ont utilisé les données réunies dans une base établie par le ministère de la Santé du Cameroun et l’OMS entre 2000 et 2012, collectant toutes les données épidémiologiques du pays. Soit 43.000 cas survenus pendant cette période de 13 ans (avec une mortalité de 7,9 %). Ils ont croisé ces relevés médicaux avec ceux concernant les pluies, les températures.

Ils ont découvert que les flambées épidémiques du choléra suivaient différents schémas météorologiques dans les différentes zones du pays. Ainsi, dans le nord du Cameroun, près du Soudan, on constate que le plus grand nombre de cas déclarés de choléra surviennent entre juillet et septembre, lors de la saison pluvieuse. Les hausses de température et la pluie semblent favoriser les transmissions d’homme à homme. En revanche, c’est l’inverse au sud du pays, aux conditions climatiques plus tropicales avec des régimes de mousson, les mois les plus pluvieux étant ceux où il y a le moins de cas.

«Cette étude montre la complexité de la transmission du choléra et ses liens étroits avec les conditions climatiques », estime ainsi J. Glenn Morris, l’un des auteurs. «Il ne peut donc y avoir qu’une seule stratégie de lutte, même au sein d’un même pays. Ce qui doit être valable pour de nombreux États.»

© Source : Lefigaro.fr

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