SUCCESSION DE PAUL BIYA : La France a-t-elle son mot à dire ?
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Au fur et à mesure que les années passent, l’ancienne puissance coloniale s’enfonce dans le discrédit à cause de sa propension maladive à vouloir imposer ses hommes liges à la tête de ses ex-colonies d’Afrique noire francophone. Peut-elle encore décider du destin du Cameroun ?

Toutes les artères de la politique africaine portent encore les stigmates de la colonisation française. L’Afrique francophone en particulier reste et demeure sous le joug d’une métropole qui ne s’est jamais débarrassée de ses intrigues et calomnies politiques en Afrique, paralysant au passage l’essor des Etats africains. D’ailleurs un observateur faisait constater qu’en Afrique, les pays les moins développés sont ceux colonisés par la France. Dans le cas du Cameroun, le président de la République, Paul Biya, au pouvoir depuis 33 ans, ne bénéficierait plus, selon une certaine opinion, du soutien de la France, mais reste au sommet de l’Etat grâce à sa politique faite de finesse et de clairvoyance.

Dans le cadre des relations de coopération qui existent entre les deux pays, Paris et Yaoundé se sont toujours accordés dans les échanges et les rapports nets. Le développement du secteur énergétique a été concédé à l’ancienne puissance coloniale, c’est ce qui justifie la présence de l’Agence française de développement au Cameroun et les autres entreprises de contrôle des barrages hydroélectrique en construction au Cameroun. Cornier et Belier. Pour les observateurs avertis, il serait stupide et imprévisible d’affirmer que le Cameroun s’est émancipé de la France alors que les preuves de cet assujettissement abondent dans tous les sens.

Le volet politique lié à la succession du président Paul Biya reste un mystère. Paris a déjà imposé sa volonté politique dans tous les pays francophones à l’exception du Cameroun. Que se passe-t-il ? se demandent certains. Nicolas Sarkozy, ancien président français, n’a pas caché durant son quinquennat son animosité à l’endroit du président camerounais Paul Biya. L’actuel pensionnaire de la prison secondaire du Sed, Marafa Hamidou Yaya aurait même bénéficié des assurances de Sarkozy de faire de lui le troisième président de la République du Cameroun. Mais contre toute attente, Paul Biya est resté imperturbable à la tête du pays.

Sarkozy est parti, Paul Biya est resté. François Hollande est arrivé avec ses hauts et ses bas Paul Biya, telle une eau de lac, reste calme et tout porte à croire que Hollande partira aussi dans les prochaines années. Et, le Cameroun aura toujours à sa tête Paul Biya. Le règne du successeur d’Ahmadou Ahidjo est loin d’être un long fleuve tranquille, lorsqu’on jette un regard sur son passé avec des événements qui ont failli faire tout sauter. Entre autres : l’ouverture démocratique en 1990, la guerre de Bakassi entre 1995-2010. Les émeutes de février 2008, les arrestations dans le cadre de l’opération épervier entre 2006-2012 et les combats au front entre nos valeureuses forces de défense et la secte islamique Boko Haram. Fort de son expérience, Paul Biya n’a jamais failli. Comme il l’avait promis le 06 novembre 1982 lors de sa prestation de serment.

Quelle puissance occidentale décidera du successeur de Paul Biya ?

Si entre 1957 et 1982, la France aura influencé le sommet de l’Etat camerounais, cela répond normalement à la notion de temporalité d’un peuple soumis aveuglement à sa métropole. De Ramadier à Aujoulat en passant par André Marie Mbida, Ahidjo, Charles Assale et l’exécution des nationalistes Ruben Um Nyobe, Ernest Ouandjie, Felix Moumié pour ne citer que ceux-là, l’influence française est passée sans heurt jusqu’à l’accomplissement d’un destin mystérieux le 4 novembre 1982 lors de la démission de feu Ahmadou Ahidjo- premier président de la République du Cameroun de 1957 à 1982.

Aujourd’hui sauf si ce n’est un secret des grandeurs, le successeur politique de Paul Biya le sera par la force du destin et par la volonté personnelle de Paul Biya. Dans un pays où rien n’est gagné d’avance : 252 composantes ethniques, plus de 200 partis politiques et un RDPC où se dévoilent peu à peu les velléités successorales de certains militants. Le président Paul Biya serait le seul acteur de la stabilité politique de ce parti en attendant que l’exemple du Gabon nous éclaircisse sur certaines positions des caciques du régime.

Dans une commune mesure, Paris pourrait aussi conserver Yaoundé dans la stabilité juste pour un meilleur contrôle de la sous-région, car le président Paul Biya reste un leader incontesté dans cette partie de l’Afrique. Mais la stabilité actuelle du Cameroun survivra-t-elle à Paul Biya ? Son successeur saura-t-il maintenir le cap ? Là réside l’équation à plusieurs inconnues.

© L'Epervier : Minlo Enyegue

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