À l'Université de Yaoundé II, les cours ont effectivement démarré ce lundi à Soa. Immersion dans l'Amphi 1001 de la FSJP, où le Pr ABA'A OYONO a lancé l'année.

À Soa, l'année académique ne se résume plus à un communiqué : elle s'écrit désormais dans les amphithéâtres, entre un cours magistral de Contentieux Administratif et des étudiants de Licence 3 bien présents.

Université de Yaoundé II. Soa. Lundi. Les cours ont démarré. Pas dans un communiqué, pas dans une circulaire : dans l'Amphi 1001 de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP), devant des étudiants de Licence 3 assis, cahiers ouverts, stylos en main.

Le Professeur Jean-Calvin ABA'A OYONO a donné le ton. Son cours ? Contentieux Administratif. Un choix qui n'a rien d'anodin pour une faculté qui forme les juristes de demain.

Mais derrière cette scène d'apparence banale se cache une question que beaucoup se posaient encore il y a quelques semaines : la rentrée à Yaoundé II allait-elle vraiment avoir lieu ? La réponse est là, sous nos yeux.

Ce qui s'est passé ce lundi à Soa

Il est des rentrées qui se devinent. Celle-ci s'est constatée.

Ce lundi, l'Amphi 1001 de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l'Université de Yaoundé II a accueilli un cours magistral de Contentieux Administratif. Devant les étudiants de Licence 3, le Professeur Jean-Calvin ABA'A OYONO a ouvert le bal. Un cours dense, interactif, marqué par des échanges avec l'assistance.

Joint par nos soins, un membre de l'administration facultaire confirme : « Les enseignements ont bel et bien pris leur envol. C'est concret. »

Cette rentrée effective à Soa s'inscrit dans le cadre des « très hautes directives » du Ministre d'État, Ministre de l'Enseignement Supérieur, le Professeur Jacques Fame Ndongo, Chancelier des Ordres Académiques. Des directives qui, cette fois, ne sont pas restées lettre morte.

Une rentrée sous surveillance

Pour comprendre l'importance de cette journée, il faut remonter de quelques semaines.

L'Université de Yaoundé II, baptisée « Technopole des Sciences Sociales et de l'innovation technologique », avait ouvert son année académique 2025-2026 dès le mois d'octobre 2025. Le recteur, le Professeur Richard Laurent Omgba, avait lui-même visité les amphithéâtres pour s'assurer que les conditions d'accueil étaient optimales.

Mais entre la cérémonie officielle et la réalité des salles de cours, il y a parfois un fossé. À Yaoundé II, comme dans d'autres universités d'État du Cameroun, les étudiants ont appris à se méfier des annonces. Les retards de paiement des enseignants, les emplois du temps mouvants, les amphis parfois vides : autant de souvenirs qui hantent les esprits.

Cette fois, pourtant, quelque chose a changé. Le cours du Pr ABA'A OYONO n'était pas une exception. Il était la preuve.

La FSJP, vitrine d'une rentrée qui tient

La Faculté des Sciences Juridiques et Politiques n'a pas été choisie au hasard.

Avec ses filières classiques, son Cycle de Capacité, ses Licences professionnelles et ses Masters, la FSJP est l'une des facultés les plus peuplées de l'université. En février 2026, elle avait même ouvert un jury de fraude pour 70 étudiants, signe que les examens s'y déroulent bel et bien.

Le Pr ABA'A OYONO, figure connue du landernau juridique camerounais, incarne cette exigence. Son cours de Contentieux Administratif, matière technique s'il en est, a été l'occasion d'un premier contact direct entre l'enseignant et ses étudiants. Selon plusieurs témoignages concordants, l'échange a été nourri. Des questions ont fusé. Des réponses ont été données.

Un étudiant de Licence 3, qui a requis l'anonymat, résume : « On sentait que le prof voulait vraiment qu'on comprenne. Pas juste qu'on note. »

Ce que dit l'Université

L'Université de Yaoundé II n'a pas publié de communiqué spécifique sur cette journée. Mais les signaux sont là.

Le Conseil de l'Université, réuni le 3 juillet 2026, avait déjà acté que « l'année académique suit son cours normal », avec des examens du second semestre achevés et des rattrapages prévus jusqu'au 30 juillet 2026. Sur les 26 000 étudiants attendus, 20 150 s'étaient effectivement enregistrés — un chiffre que le recteur attribuait à une offre de formation jugée insuffisamment diversifiée.

Pour la rentrée suivante, le Pr Omgba a annoncé un virage : « Le moment est venu de basculer vers l'entrepreneuriat. » Un cabinet d'expertise, Magister Advice, a été créé. Le campus sera désormais divisé en trois espaces : académique, social et entrepreneurial.

La rentrée effective à la FSJP s'inscrit dans cette dynamique. Elle en est même la condition sine qua non.

Pourquoi cette rentrée compte

Une rentrée qui démarre à l'heure n'est pas un détail. C'est un signal.

Dans le contexte universitaire camerounais, où les calendriers académiques sont régulièrement bousculés par des grèves, des retards administratifs ou des contraintes budgétaires, le démarrage effectif des cours à la date prévue relève presque de l'exploit.

Pour les étudiants de Licence 3 de la FSJP, l'enjeu est double. D'abord, ils doivent boucler leur année dans les temps. Ensuite, ils préparent des concours et des masters dont les dates ne se négocient pas. Chaque semaine de retard se paie cash.

Pour l'institution, l'enjeu est ailleurs : il s'agit de prouver que Yaoundé II mérite son statut de « Technopole des Sciences Sociales ». Une université qui ne fait pas cours est une université qui perd sa légitimité.

La voix des étudiants

Nous avons tenté de joindre plusieurs étudiants à la sortie de l'Amphi 1001. Certains n'ont pas souhaité s'exprimer. D'autres ont accepté, sous couvert d'anonymat.

« L'année dernière, on a attendu jusqu'en novembre pour certains cours. Là, on est en octobre et on a déjà commencé. C'est un bon signe. »

Un autre nuance : « Un seul cours ne fait pas une rentrée. On verra dans deux semaines si les profs sont tous là. »

Cette prudence est saine. Elle rappelle que la crédibilité d'une rentrée ne se mesure pas à une journée, mais à une régularité.

Et maintenant ?

La question qui plane sur cette rentrée tient en une phrase : est-ce que ça va durer ?

Les prochaines semaines seront décisives. Si les cours se poursuivent sans interruption, si les enseignants sont payés à temps, si les amphis restent remplis, alors Yaoundé II aura gagné un pari que peu d'universités camerounaises peuvent se vanter d'avoir gagné.

Si, en revanche, l'élan retombe, cette journée du lundi restera ce qu'elle est : un bon début. Rien de plus.

Les étudiants, eux, ne demandent qu'une chose : qu'on leur donne les moyens de travailler. Le reste, disent-ils, c'est de la littérature.


La rentrée a-t-elle vraiment eu lieu à l'Université de Yaoundé II ?
Oui, selon des sources concordantes au sein de la FSJP. Un cours magistral de Contentieux Administratif s'est tenu ce lundi dans l'Amphi 1001, devant des étudiants de Licence 3.

Qui a donné le premier cours ?
Le Professeur Jean-Calvin ABA'A OYONO, enseignant à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques.

Est-ce que tous les cours ont démarré dans toutes les facultés ?
Nous n'avons pas pu le vérifier pour l'ensemble de l'université. Seule la FSJP a été confirmée.

Que disent les autorités ?
Le Ministre d'État Jacques Fame Ndongo avait donné des directives pour une rentrée effective. Le recteur Richard Laurent Omgba a confirmé que l'année académique suit son cours normal.