« Prédateur sexuel » : Olive Ngobo défie Badjeck en direct
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Cameroun - « Prédateur sexuel » : Olive Ngobo défie Badjeck en direct

Le colonel à la retraite Didier Badjeck attaque Olive Ngobo en justice après qu'elle l'a qualifié de « prédateur sexuel ». Elle réplique et l'accuse de détournement de fonds. Plongée dans un clash qui secoue le Cameroun. 

Accusé de tentative de viol et de détournement de centaines de millions de francs CFA, le colonel à la retraite Didier Badjeck contre-attaque en justice, tandis qu'Olive Ngobo,  maintient ses accusations avec une fermeté qui électrise la toile camerounaise.

C'est un affrontement qui tient en haleine le Cameroun tout entier. Vendredi soir, sur la chaîne Info TV, le colonel à la retraite Didier Badjeck a lancé un ultimatum à Olive Ngobo : des excuses ou des poursuites judiciaires. La réponse de l'intéressée, publiée sur les réseaux sociaux, est cinglante : « Dr. Colonel Didier BADJECK, vous ne recevrez AUCUNE excuse de ma part ! Je le maintiens avec fermeté : que vous êtes un prédateur sexuel ! »

En quelques heures, ce bras de fer médiatique a enflammé la toile, opposant deux figures publiques camerounaises dans une guerre des mots qui bascule désormais sur le terrain judiciaire. Entre accusations de tentative de viol, dénonciation de détournement de fonds et poursuites internationales, l'affaire Badjeck–Olive Ngobo est devenue le sujet de conversation numéro un au Cameroun.

Un clash en direct sur Info TV qui a tout fait basculer

Tout a commencé vendredi soir sur le plateau d'Info TV. Invité à s'exprimer, le colonel à la retraite Didier Badjeck, ancien chef de la Division de la Communication du ministère de la Défense (DIVCOM) et ancien porte-parole de l'armée camerounaise, a mis Olive Ngobo en demeure de lui présenter des excuses publiques. Faute de quoi, a-t-il prévenu, il engagerait des poursuites judiciaires contre elle.

Une prise de parole qui intervient dans un contexte de tensions accumulées. Badjeck dénonce ce qu'il qualifie de « campagne de dénigrement » orchestrée contre lui depuis plusieurs années. Selon lui, il est la cible d'une « cabale » ourdie par un réseau d'individus cherchant à salir sa réputation.

Olive Ngobo : « Vous ne recevrez AUCUNE excuse ! »

La réponse d'Olive Ngobo ne s'est pas fait attendre. Sur ses réseaux sociaux, la fonctionnaire à la présidence de la République, experte en relations internationales, a balayé la demande de Badjeck d'un revers de main, dans des termes qui ont immédiatement fait le tour du web :

« Dr. Colonel Didier BADJECK, vous ne recevrez AUCUNE excuse de ma part ! Je le maintiens avec fermeté : que vous êtes un prédateur sexuel ! Continuez de vous exhiber ! »

En quelques heures, ce message a été liké, commenté et partagé des milliers de fois. Olive Ngobo y réaffirme avec une détermination sans faille les accusations qu'elle porte contre l'ex-officier supérieur.

Une accusation de tentative de viol qui resurgit

Ce n'est pas la première fois que les noms de Didier Badjeck et Olive Ngobo s'entrechoquent. En 2017, une affaire que l'on croyait enterrée refait aujourd'hui surface avec une violence renouvelée.

Selon le récit relayé par plusieurs sources, Olive Ngobo, alors conseillère au ministère de la Défense, aurait été victime d'une tentative d'agression sexuelle de la part de son supérieur hiérarchique, le colonel Didier Badjeck. Les faits se seraient déroulés un soir de 2017, dans le bureau même du colonel, au sein de la DIVCOM.

Le récit, rapporté  est glaçant : Badjeck aurait retenu Olive Ngobo sous prétexte de lui confier une mission urgente. Une fois la porte fermée, il aurait tenté de l'agresser sexuellement. La jeune femme se serait défendue farouchement, allant jusqu'à déchirer la tenue de son agresseur présumé et à lui arracher son arme.

Pour éviter toute dénonciation, le colonel aurait alors mis en scène sa propre agression, déchirant son débardeur avec un couteau à fruit avant de courir alerter le ministre de la Défense de l'époque, Joseph Beti Assomo, accusant Olive Ngobo d'avoir tenté de le tuer. Cette dernière fut immédiatement suspendue pour six mois.

Une réhabilitation après un long combat judiciaire

Olive Ngobo ne s'est pas laissée faire. Elle a saisi le tribunal administratif de Yaoundé contre le ministère de la Défense. Le ministère aurait tenté de couvrir Badjeck, mais Olive Ngobo avait déjà, par le passé, alerté Beti Assomo à plusieurs reprises sur le harcèlement qu'elle subissait. Ces plaintes étaient restées sans suite.

Quand le tribunal a exhibé ces preuves de démarches antérieures, le ministre a dû reculer. Olive Ngobo a finalement été réhabilitée, avec en prime une promotion. Diplômée de l'Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC), elle avait travaillé au Conseil de sécurité des Nations unies avant d'être sollicitée par feu Martin Belinga Eboutou pour rejoindre le ministère de la Défense.

De nouvelles accusations : détournement de centaines de millions

L'affaire a pris une nouvelle dimension ce vendredi 7 août 2026. Olive Ngobo a publié une déclaration publique dans laquelle elle accuse Didier Badjeck d'avoir détourné des centaines de millions de francs CFA du magazine « Honneur et Fidélité », publication officielle des Forces de Défense camerounaises.

Elle évoque « des centaines de millions de francs CFA distraits » et interpelle directement le CONSUPE, le TCS, la CONAC et la Chambre des comptes de la Cour suprême. Selon elle, ce « braquage à ciel ouvert des caisses de l'État » est né d'une « arrogance » alimentée par un enrichissement personnel.

Créé comme vitrine des Forces Armées camerounaises, le magazine « Honneur et Fidélité » qui reprend la devise de l'armée est produit sous l'égide du ministère de la Défense et diffusé sur les antennes de la CRTV. Les accusations d'Olive Ngobo suggèrent que cette vitrine médiatique aurait servi de vecteur à des détournements massifs.

Didier Badjeck contre-attaque : poursuites en France et au Cameroun

Face à la multiplication des attaques, Didier Badjeck a décidé de sortir du silence de manière officielle. Dans un communiqué de presse publié ce jeudi, le Dr-Colonel Didier Badjeck, Directeur général de Cameroon Consulting & Prospective, affirme être la cible d'une campagne de dénigrement qu'il dit orchestrée depuis plusieurs années à son encontre.

Il rejette l'ensemble des accusations portées contre lui, y compris celles relatives à une présumée affaire d'agression sexuelle, qu'il qualifie de « diffamatoires » et « sans fondement ».

Mais la surprise vient de l'ampleur de la riposte : Badjeck annonce avoir engagé des procédures judiciaires tant au Cameroun qu'en France. Le Tribunal judiciaire de Paris a été officiellement saisi. Il met en cause plusieurs personnes qu'il accuse d'alimenter cette campagne.

RFI interpellée : une dimension internationale

Fait notable : le Dr-Colonel Badjeck indique avoir saisi la direction de Radio France Internationale (RFI) afin qu'elle examine le rôle présumé de l'un de ses collaborateurs J. Rémy Ngono, intervenant régulier de l'émission « Café des Sports » dans la diffusion de ces accusations.

Cette démarche place la radio internationale dans une position délicate, entre protection de ses sources et exigence de vérification journalistique. Badjeck souligne l'incompatibilité entre une antenne de service public et la participation à une « entreprise d'atteinte à l'honneur en bande organisée ».

« Je ne m'exprimerai plus » : la fin annoncée d'une controverse publique

Concluant son communiqué, Didier Badjeck affirme qu'il ne s'exprimera plus publiquement sur ce dossier. Il dit vouloir désormais laisser la justice suivre son cours, tout en poursuivant ses activités professionnelles à la tête de Cameroon Consulting & Prospective.

Cette annonce marque, sur le papier, la fin d'une séquence de communication publique tendue. Reste à savoir si les procédures judiciaires annoncées permettront d'apporter des réponses claires à une affaire qui continue de diviser l'opinion.

Une affaire qui divise et interroge

Au-delà du clash médiatique, cette affaire soulève des questions profondes sur le fonctionnement des institutions camerounaises, la protection des victimes de violences sexuelles et l'impunité présumée dont bénéficieraient certaines personnalités.

Les accusations de détournement de fonds, si elles étaient confirmées, viendraient ajouter une couche explosive à un scandale qui menace de faire imploser l'appareil sécuritaire camerounais. La saisine du Tribunal de Paris confère à l'affaire une dimension internationale inédite.

À ce stade, toutes ces accusations restent des allégations. Aucune condamnation judiciaire n'a été prononcée. La justice, camerounaise et française, est désormais saisie. C'est à elle de dire le droit.

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