Lettre du président médiateur universel au président Emmanuel Macron à propos du Mali
FRANCE :: POINT DE VUE

FRANCE :: Lettre du président médiateur universel au président Emmanuel Macron à propos du Mali

SEM. Emmanuel MACRON, Président de la République française. S/c de Monsieur l’Ambassadeur de France au Cameroun

Objet : Regrets à propos de certaines déclarations exprimées récemment par les Ministres des Affaires étrangères et de la défense, concernant le Mali, et impactant lourdement la relation Franco-Africaine dans son ensemble

Excellence Monsieur le Président de la République,

J’ai l’honneur de solliciter votre intime permission, à l’effet d’exprimer à votre très haute personnalité, mes sentiments sincères de déception, à la suite des déclarations ouvertement menaçantes, faites par vos proches collaborateurs, à l’encontre des nouvelles autorités maliennes.

Monsieur le Président,

Je prends la liberté de vous parler, portant dans moi, en moi, de par l’histoire, de par ma formation ainsi qu’au regard des liens entre mon pays et le vôtre, des repères, des indications et une sommes d’acquis autant que d’atouts irréversibles, inaltérables, et non négociables dorénavant qui nous lient. Ce sont des millions de cadres Africains qui sont dans la même situation.

J’ai pris ma plume il n’y a pas très longtemps, pour défendre Monsieur Achille Mbembé, lequel était sévèrement critiqué, pour avoir accepté une mission de réflexion que vous lui aviez confiée, sur la relation France - Afrique. Je l’ai fait parce que nous faisons partie du même monde, parce que le réalisme s’impose, parce que les temps changent, parce que le temps des extrêmes est révolu et parce qu’on ne refait pas l’histoire. En effet seul le dialogue avec toutes les intelligences, anciennes et nouvelles, et seules des sagesses pragmatiques sont en mesure de protéger l’humanité des extravagances barbares, génocidaires et guerrières, des égoïsmes et des sectarismes cruels. J’ai soutenu et soutiens cet universitaire modèle de l’intégration des cultures dans tous les sens du terme que vous avez utilement et opportunément adoubé.

Monsieur le Président,

Le Mali comme le Cameroun, comme le Gabon, comme le Vietnam, comme le Chili et comme d’autres nations, constitue une entité étatique et nationale souveraine, reconnue ainsi par le droit international, l’organisation des nations unies et même par l’Union européenne dont la France est un des principaux moteurs. Le Pays aspire à développer des relations franches et mutuellement bénéfiques, avec des partenaires publics et privés variés, et revendique légitimement une considération concrète.

Aussi, les sorties de vos collaborateurs chargés de la diplomatie et de la défense, ne peuvent qu’avoir des effets négatifs et sont par certains aspect insultantes, humiliantes et clairement provocatrices. Certes, nul ne saurait dénier à la France le rôle prépondérant qu’elle tient dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, et nul ne saurait banaliser, renier ou contredire une influence plus que visible, qu’exerce votre pays sur le destin de ses anciennes colonies. Les analystes ont vu là, une expression brutale et peu courtoise, du dogme obsolète de la souveraineté limitée ramenée subrepticement à l’ordre du jour, pour des raisons sécuritaires. Une approche plus discrète, mieux élaborée et conviviale par les voies diplomatiques usuelles, aurait été plus indiquée en la forme, même en étant contestable dans le fond.

J’ai tenu à effectuer la présente démarche, dont l’autre aspect est de vous mettre amicalement en garde, contre une radicalisation à outrance de la jeunesse africaine, dont une frange très importante véhicule déjà un sentiment anti-français notoire. Ces jeunes le font plus à raison qu’à tort, et pour signifier que le temps de la relation paternelle et esclavagiste est révolu, que la sagesse et l’humilité de part et d’autre ainsi qu’une égale considération entre les nations, devraient conduire notre destin commun. Personne n’enlèvera à la France ses atouts, ses moyens et ses instruments de puissance internationale, mais aucun peuple n’acceptera permanemment de subir cette puissance si elle se présente avec arrogance et condescendance. Il n’y aucune honte à se reconnaître de culture académique française et ami de la France, Mais !

Le Mali pas plus que les autres Etats Africains, n’aspire point à devenir une nouvelle colonie de quelle que puissance que ce soit, mais la réalité des rapports des forces, des ordonnancements géopolitiques et des constructions stratégiques immédiates qui impactent sa sécurité, sa prospérité et la consécration de sa souveraineté nationale, commandent des ajustements, des compromis et des sacrifices, lesquels se traduisent par le besoin de diversification voire de multiplication des partenaires dans tous les domaines.

Puisse Monsieur le Président, le présent plaidoyer d’un citoyen africain avisé, ami de votre pays mais aussi de nombreux autres, vous émouvoir dans l’âme, et constituer un ultime plaidoyer pour envisager autrement, la relation franco-africaine !

Très hautes considérations./.

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