PRESIDENT DE LA FECAFOOT...CE QUE J'EN PENSE. PAR L'ECRIVAIN CALVIN DJOUARI
FRANCE :: POINT DE VUE

FRANCE :: PRESIDENT DE LA FECAFOOT...CE QUE J'EN PENSE. PAR L'ECRIVAIN CALVIN DJOUARI

« Si quelqu’un est jeune et passionné de football, il ne peut pas avoir raison devant un vieux. »   Nous sommes dans un pays où le football tient une place essentielle. Il   est la pierre angulaire du mouvement sportif. La Fecafoot, chargée de sa mise en place en est sa cheville ouvrière. Le ministère du sport son institution centrale.  Toutes ces entités occupent nos pensées.

Notre regard sur la Fecafoot est un beau regard. Parce qu’elle doit être le lieu des rencontres entre sportifs, qui se retrouvent pour l’ambiance qui créé l’harmonie entre eux comme modèle de civilisation.  Il m’arrive de pleurer, quand je vois sur un stade les lions être malmenés. De rester des jours et des jours tristes sans adresser un mot à mon entourage après une défaite des lions.

J’ai l’impression que le Cameroun ne pouvait avoir qu’une seule activité, le football, parce que c’est ça qui nous rendait heureux. Le capitalisme moderne a envahi le football et il est devenu un sport immortel à cause de son développement. Le spleen, auquel je fais allusion au sujet de lions, des millions de camerounais le vivent encore plus intensément dans les défaites inoubliables. C’est dire combien de fois une élection à la Fecafoot peut me préoccuper en tant que passionné du football. Si on veut un grand football il faut une Fecafoot forte.    

Le football doit créer un schéma d’intelligibilité cohérent pour le bien du pays. Celui qui sera président de la Fecafoot représentera d’abord la nation camerounaise. Son élection est capitale. Tous les camerounais doivent se sentir concernés et ceux qui comprennent doivent essayer d’expliquer à ceux qui semblent n’avoir pas compris. J’ai la vanité folle de considérer que, le travail à réaliser ici, demande une dominance et un professionnalisme, qui doivent de prime abord exclure les mœurs légères pour des valeurs augustes.    

Le sport aujourd’hui pour le sportif, travaille l’éthique sportive qui permet la reconnaissance et la protection des valeurs qui éviteront les affrontements, même symboliques qui garantissent la paix. Le football camerounais a deux outils, le footballeur et l’administrateur. C’est deux mondes différents. Lorsqu’on quitte le terrain pour le bureau, le fossé se creuse. Mais ils sont complémentaires et les deux s’interpénètrent. Le football au niveau de la Fecafoot n’est pas ce qu’on voit tous les jours, c’est quelque chose d’autres.

Pour diriger la Fecafoot, il faut non seulement la science, mais surtout être un « Homme. »    

Au Cameroun il faut faire attention, le football a eu une histoire. Il faut lire cette histoire là si on veut s’y engager fermement. J’ai constaté que je ne suis pas le seul à faire ce constat, que depuis qu’on a instauré les élections au sein des fédérations. Ça n’a plus jamais bien fonctionné. Avant c’est le ministre qui nommait les dirigeants. On pouvait aller de succès en succès.

Exemple du mondial 90. Faites le bilan de cette fédération, vous verrez qu’avant, il y avait du positif et après beaucoup de ratées. Des rares victoires imposées par des ministres charismatiques comme Bidoung Kpwatt  ou joseph Owona. Après cela, le Cameroun n’a plus jamais atteint le second tour dans un mondial. En Afrique du sud le Cameroun est rentré avec zéro point. Cela nous donne une idée qui nous permet d’évaluer la qualité des gens qui ont dirigé cette fédération dans cette époque. Nous ne sommes pas encore sortis des questions sérieuses de ce sport.  

Les votes nous dirigent en certaines circonstances vers des héros médiocres ou alors un prince banal. Il faut à la Fecafoot, un homme capable de fournir les efforts imposants et surtout résister aux soubresauts violents que le tempérament camerounais impose à tous les milieux.  

La Fecafoot est une affaire sérieuse, le ministre actuel est un intellectuel, il faut qu’il joue son influence. La Fecafoot, c’est pour les camerounais ; il y a des choses qui seront inacceptables pour ceux qui pensent pour le sport. Le football c’est sur le terrain de jeu. L’administration c’est dans les bureaux. La Fecafoot, est un lieu qui inclue la science de gestion. Il ne peut pas être non scientifique. Il y a des problèmes qu’il faut résoudre en amont pour certains candidats. Le processus de la vie doit quelque fois être graduel. Une personne qui se sent capable de diriger le football et qui pétri d’expériences, pouvait commencer par entrainer une équipe ou être président d’un club afin de démontrer ses capacités managériales. Le point culminant d’un ancien footballeur peut être les prouesses d’une équipe de première division.  

Même à l’université lorsque tu viens de passer le doctorat, on ne peut pas te confier directement une classe ; si on le fait, celui-ci doit être supervisé. Il faut une structure d’évaluation des compétences, parce que ce qui se passe dans le milieu de la Fecafoot est encore plus grave que ce qui se passe dans un grand ministère ou dans une mairie. 

On me dira qu’un ignorant qui accède à des hautes fonctions pourra s’entourer des scientifiques mais lorsqu’on a le pouvoir, il y a la spontanéité qui intervient et très souvent on n’écoute plus personne. On devient fou, le pouvoir rend fou. C’est ce qui crée des dictateurs. D’autres finissent par recevoir des balles dans la tête.   Le nivellement par le haut, ou commencer par le haut du pavé, on tombera comme un fruit mûr. Si ce n’est pas à l’instant, ça viendra un jour. Quand on a tout eu en sport, il faut préparer un programme d’action et attendre le bon moment. C’est un comportement indélicat de se présenter très tôt. Je crois qu’ici il y a une perturbation émotionnelle qui anime certaines personnes qui ont de l’argent. Je pourrai même dire de la folie.    

Au Cameroun on croit que les seuls handicapés qui existent au monde sont des handicapés physiques. Ils ont raison, parce que le handicap mental ne se voit pas. Pourtant les handicapés non physiques ou mentaux sont encore plus néfastes. Les effets qu’il cause dans la société sont aussi sérieux que le handicap physique. Souvent on voit des gens apparemment bien portant, pourtant ça ne va pas. Se croire trop intelligent ou trop sûr de soi peut être une névrose. Il y a des hommes qui sont intellectuellement irremplaçables quel que soit son idéologie. Le football doit avoir l’expérience pédagogique du passé qui aidera à de nouveaux venus. On revient à l’histoire, parce que si on ne connait pas l’histoire, on ne peut pas diriger le Cameroun.  

Si un candidat compte sur sa renommée, dans un espace comme à la Fecafoot, il se trompe ; il faut que les choses soient faites avec beaucoup de sérieux. Si on a fait un bon parcours dans le football, ça ne résout pas encore le problème de la Fecafoot. C’est une erreur de croire que celui qui a fait un bon parcours footballistique peut diriger le football au Cameroun, sinon Milla aurait été choisi ou joseph Antoine Bell.    

C’est toujours possible, mais il faut faire comme Zidane. Que la personne commence par être entraineur, avant d’accéder au fonction suprême. Même Michel Platini avant d’être président d’organisation de la coupe du monde 98 a été entraineur des bleus. La Fécafoot est toujours la première étape qu’on veut gravir, qui sait quelle sera la prochaine étape. Certains candidats nourrissent une passion, commander. Il faut éviter les coups de cœur dans ce domaine. Le terrain et l’administration sont complémentaires mais aussi le destin du joueur n’est pas l’administration du football. Il s’agit de gérer les hommes, pas de tirer sur un ballon. Ce sont les ressources humaines. On ne peut pas rester dans un lit d’hôtel et téléphoner à ses amis qu’on va prendre la Fecafoot, et tout le monde se lève pour soutenir cela. Soyons sérieux. Ceci montre à quel point on veut ventiler la seule chose qui nous reste comme réconfort.    

La Fecafoot doit être plus visible ce n’est pas un terrain de jeu. L’action subtile des camerounais, montre l’intelligence des candidats à la tête complément balafrée. Souvenons-nous du chemin parcouru par le Nnamdi Azikiwe qui fut reporter sportif avant de devenir président de la république du Nigéria. Il fut un bon président à la fin. Mais c’est parce que le Nigéria n’avait pas mieux. La plupart des nigérians étaient analphabètes et paysans à cette époque. La Fecafoot est plus puissante que le Cameroun. C’est une instance fantôme.

C’est l’organisation dominante dans la société camerounaise. Ça fait trente ans que cela dure déjà. On a vécu des désordres de tout genre. Le plus célèbre fut en 94 avec le discours du ministre Bernard Massoua arrivé en blanc pour réinstaller Maha Daher au détriment d’Owona Pascal. Jusqu’à ce jour ça n’a pas changé.

La personnalité des joueurs n’est pas forcément façonnable pour que celui-là remplisse la tâche proposée. Le footballeur admiratif relève de la confiance, du courage pour la défense de la patrie. Tous les candidats seront des camerounais, mais il faut faire un tri. Elle implique des fonctions. La plus importante est la diplomatie. la Fecafoot doit donner la possibilité à ses dirigeants de s’habituer à une culture de débats, une culture de la diplomatie, elle ne doit pas voter des empereurs.    

Les candidatures pour ma part sont encore un peu théoriques. Il faut voir que beaucoup d’hommes manquent d’expériences dans la vie. On ne réussit pas partout aussi facilement. Les hommes aujourd’hui sont sans pitié ; ils ne sont pas prêts à faire des cadeaux dans un enjeu comme celui-là. L’avenir nous dira. Après ce faut, beaucoup auront la sagesse. Je le dis pour toute personne qui fera les mêmes légèretés.    

Les anciens sportifs devront toujours faire une différence entre le malade et leur maladie. La maladie du pouvoir est facile à guérir. Puisqu’on ne se débarrasse pas de la maladie en se débarrassant du malade. Celui qui est malade doit guérir la maladie pour que la Fecafoot se porte mieux. Et dans ce contexte si quelqu’un est jeune dans ce domaine, il ne peut pas avoir raison devant un vieux. Pourtant la compétence ne connait pas d’âge. Mais chez nous, on respecte ceux qui ont vécu afin que notre vie ait un sens. Il ne faut pas confondre l’espace de jeu et l’espace administratif. Qui aime trop une chose risque y laisser sa peau. 

 Malheureusement des soubresauts, la Fecafoot ne peut pas fonctionner en dehors de ces soubresauts. Il faut prendre au sérieux la complexité de cette maison. Je me rappelle du livre « 90 jours d’enfers » de Jean Lambert Nang.

A la Fecafoot on ne dépose jamais les armes dès que la victoire est acquise ; tu vas connaitre pendant ton exercice de gagneur des turbulences effroyables. Tu vas traverser des épreuves qui iront croissants qui vont se multiplier jusqu’à la nouvelle élection.  

La Fecafoot a beaucoup d’argent, tout le monde le sait ; pendant le séjour de certains employés de la Fecafoot en occident, j’ai vu ces gens dépenser l’argent comme s’ils le ramassaient par terre.  La communauté camerounaise compte parmi elle le meilleur joueur de son histoire depuis Mbappé Leppé en passant par Roger Milla et Thomas Nkono. Ce joueur ne s’engage jamais à la légère, c’est le seul camerounais qui a gagné sa vie sans tricher.

En bossant dur, en croyant en lui et en ses rêves. Avec la volonté, les anciens footballeurs sont capables d’assurer la formation des jeunes générations qui sont appelés à prendre la relève. Mais le football, au niveau de l’administration requière une plus grande réflexion qui doit être suivi des mesures pratiques. Si les anciens footballeurs veulent exercer dans l’administration du football, c’est une bonne chose, mais il faut une formation en management ; le football moderne tel que nous le connaissons est une création de la politique moderne. C’est pourquoi il faut opposer à cette juvénile prétention, la solide expérience des adversaires et l’estime profonde que la perfection dont ces aînés jouissent auprès de l’administration.  

Ainsi on aurait moins de catastrophe. Les camerounais sont faibles devant l’argent, si nous sommes faibles devant l’argent, un jour on va acheter le Cameroun entre nos mains ou acheter nos vies. Ne soyons pas bornés devant l’argent. Restons des hommes dignes. Il y a des gens dans ce pays qui n’ont pas qualité pour diriger une instance comme la Fecafoot. Prenez cela au sérieux.  

L’expérience a montré que ceux qui n’ont pas pratiqué le football sur le terrain sont des meilleurs dirigeants ; ils essayent de compenser cela par une connaissance et un engagement physique débridés. Quitter le stade et chercher à étendre son influence pour le développement du football est bien, mais une personne qui a une telle ambition doit commencer par montrer ses réussites dans des entreprises individuelles du même acabit.

Nous sommes d’accord que le football du futur sera dirigé par des hommes différents ; pour relancer le football au Cameroun ce n’est pas seulement les lions indomptables, c’est le championnat de première division, celui de deuxième et de 3ème division.

Voilà le football féminin qui devient important, il faut des femmes dans les instances dirigeantes.  

On ne veut pas de président de la Fecafoot qui viendra commenter la composition des équipes ou imposer des joueurs. Le rêve des dinosaures est de voir le pays tout entier s’aligner pour fêter dans leur jardin botanique.  Maintenant que chacun fasse son choix.

Calvin Djouari Ecrivain romancie 

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