Pénétrante Nord de Yaoundé : Le goulot d’étranglement
CAMEROUN :: SOCIETE

CAMEROUN :: Pénétrante Nord de Yaoundé : Le goulot d’étranglement :: CAMEROON

Un samedi en fin d’après-midi à Nkozoa, moins d’une dizaine de kilomètres de Yaoundé. Sur une cote, un bus en provenance de Bamenda est bloqué depuis une bonne heure avec ses 90 passagers à bout de patience au milieu de camions, véhicules personnels, taxis et plusieurs dizaines d’autres automobiles en provenance d’Obala, Bafia, Ntui et Nanga Eboko, mais aussi de l’Ouest et du Nord-Ouest. Pas le moindre mètre d’écart entre eux pour avancer ni reculer. Un témoin raconte que récemment le cortège d’une haute personnalité de la République s’était retrouvé coincée dans ces bouchons, et il avait fallu que des hommes en tenue s’impliquent fortement pour l’en sortir.

Une situation de blocage

Les voitures qui vont vers Yaoundé se sont constituées en quatre files là où il devrait en avoir deux tout au plus, barrant ainsi complètement la chaussée. Et, mauvais signe, on ne voit aucun véhicule descendre, ce qui veut dire que la chaussée est complètement bloquée quelque part en amont par les usagers qui vont vers la ville. Les véhicules sont tellement proches les uns des autres que c’est un miracle si un accident n’est pas arrivé. Entre chauffeurs, les échanges sont tout ce qu’il y a de violents, les uns et les autres se rejetant réciproquement la responsabilité de la situation de blocage.

On craint qu’ils en viennent aux mains. Certains accusent le Gouvernement de ne pas faire son travail. Des voyageurs épuisés et exaspérés sont assis à même le sol, attendant désespérément que le voyage, qui dure depuis plusieurs déjà, reprenne et se termine enfin. Certains autres, apparemment plus jeunes, sacs de voyage sur le dos, entreprennent d’y aller à pied. Il faudra attendre encore une bonne heure avant que, lentement, parechocs contre pare-chocs, les véhicules commencent à avancer sur environ cinq mètres avant de s’arrêter pendant dix minutes, avant de repartir dans le même rythme, ainsi de suite, jusqu’à ce que, en fin, on voie le bout du tunnel. On y aura passé pratiquement deux heures. Il aura fallu pour cela que des policiers, pas toujours en nombre suffisant, et des volontaires interviennent pour essayer de décanter la situation. Certaines voitures n’ont pas pu résister à cette difficile épreuve : quelques-unes sont garées sur le bas-côté parce que les moteurs ont trop chauffé ; pour certaines autres, les moteurs ont même coulé… Ici et là, monte une forte d’embrayage usé ou de carburant… L’entrée nord de Yaoundé fait des victimes.

Une route déjà dépassée

La vérité est que, par rapport à l’importance du trafic, la chaussée est étroite. Avec en plus des goulots d’étranglement que sont les marchés spontanés et les intersections non aménagées. À cet égard, les lieux-dits carrefour Champ de tirs, carrefour du dispensaire d’Émana, carrefour Nkolondom, carrefour Borne Fontaine d’Émana, jusqu’au carrefour de la Présidence, sont emblématiques des difficultés auxquelles les usagers font face pour circuler sur l’important axe qui permet d’entrer et de sortir de la capitale du Cameroun par le nord.

A ces embuches structurelles, il faut ajouter l’indiscipline notoire caractéristique du comportement de la plupart des automobilistes. Ici en effet, alors que l’on ne peut pas constituer plus de deux files, aucun automobiliste ne veut rester dans sa file. Conséquence : trois, voire quatre files se constituent spontanément, avec des voitures qui dépassent à droite en prenant même le risque de monter sur les trottoirs. Les conducteurs de minibus en provenance d’Obala, Sa’a et Monatelé, s’illustrent particulièrement dans ce dangereux exercice.

Des solutions urgentes

On avait pourtant pensé que la construction de la route Mobil Emana – Olembé, qui avait nécessité de très lourds investissements, allait permettre de fluidifier la circulation. L’important ouvrage de deux axes de trois voies, à peine achevé, était déjà dépassé du fait notamment du désordre urbain, certains usagers ayant choisi d’occuper abusivement la chaussée en y installant des marchés et des stationnements spontanés. Et dire que dans quelques mois, il va devoir accueillir les milliers de spectateurs qui voudront se rendre et partir du stade d’Olembé à l’occasion de la CAN de football. Sans oublier que, avec l’ouverture attendue de la route nationale qui va relier le Centre à l’Adamaoua en passant par Ntui, Yoko et Tibati, un important trafic en direction et en provenance des régions septentrionales va se développer sur cet axe.

Il faut relever que, en s’arrêtant à Olembé, juste après le carrefour du stade du même nom, cette route apparait comme un entonnoir. Et alors que, logiquement, le trafic doit se fluidifier au sortir de la ville, on assiste plutôt à un bouchon, parce que la route se rétrécit subitement. Autre chose, pour entrer à Yaoundé et aller à Biyem-Assi, Mimboman, Madagascar ou Nkolbisson ou Odza, la route d’Etoudi est le passage obligé. Il en est de même pour tous les usagers qui veulent se rendre ou qui proviennent de Douala, Mbalmayo et toutes les localités qui se trouvent de ce côté. Il n’existe pas, pour l’instant, de voie de contournement qui permette de parvenir à ces localités sans passer par le centre de Yaoundé. Des solutions urgentes sont nécessaires pour éviter une situation de blocage. Cela pourrait commencer par la continuation la route à deux voies jusqu’à l’échangeur d’Obala en construction.

Lire aussi dans la rubrique SOCIETE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo

L'actualité en vidéo