Pierre Baleguel Nkot : Il faut une réforme constitutionnelle
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La Constitution de 1996 a eu 25 ans le 18 janvier dernier. S’il vous était donné de faire un bilan de l’implémentation de cette loi, que diriez-vous ?
Heureusement que pour le 25e anniversaire, on a bouclé la mise en place des institutions de la décentralisation avec l’élection des conseillers régionaux. Dans le cadre de la réforme institutionnelle, c’était l’un des pans qui restaient. Mais, nous aurions souhaité que cela aille du plus petit au plus grand ; il était prévu dans cette Constitution que les sénateurs soient élus à la fois par les conseillers municipaux et les conseillers régionaux. 

Ça n’a pas été le cas, donc, c’est quelque-chose d’intermédiaire qui vient parachever la mise en place de cette Constitution. Maintenant, tout ce que nous pouvons dire c’est qu’un pays ne finit pas en 25 ans ; un pays n’est pas une boutique qu’on ferme dès qu’il y a des problèmes. Maintenant qu’il y a un schéma institutionnel en place, nous devons tout faire pour essayer de l’améliorer. Les batailles internes font parfois qu’on reste dans la politique politicienne, sans savoir comment on fait ensemble pour sortir du sous-développement. Les institutions c’est bien, mais elles doivent aussi aller avec le choix des hommes. 

Le mandat présidentiel, depuis la modification de l’article 66 de cette Constitution en avril 2008, est resté le plus long au monde ; et puis le président peut rester en poste ad vitam aeternam. Quels sont d’après vous les dispositions de cette loi qu’il faut revoir pour la rendre plus actuelle ?
Tout le monde est pour une nouvelle réforme constitutionnelle, y compris beaucoup au sein du parti au pouvoir, le RDPC. Si les gens sont démocrates, ils doivent comprendre qu’à un certain moment quand on a essayé une Constitution qui ne marche pas, il faut procéder à une réforme. C’est comme cela que les grandes démocraties évoluent. Donc, des réformes comme la limitation des mandats, le raccourcissement du mandat présidentiel…peuvent régler beaucoup de problèmes. Il y a même des choses plus graves ! J’ai été conseiller municipal pendant deux mandats. Et lorsqu’on brigue le troisième mandat, on échoue les élections. Par exemple, quand vous êtes dans un village, les gens vous votent comme conseiller avec 97% des voix, comme cela a été mon cas. Votre adversaire à 3%, mais comme la loi veut que ce soit des scrutins de listes, vous arrivez au niveau de la commune il l’emporte alors que dans son village on ne voulait pas de lui.

Qu’est-ce que vous proposez pour ce cas de figure ?
Ce qu’on aurait dû faire c’est que chaque village vote son conseiller et puis on voit la somme des conseillers que chaque parti politique a pour former l’exécutif municipal. Donc, il y a des choses comme ça qui, malheureusement, font naître des tensions de bas étage qui montent. Il y a beaucoup de choses à revoir dans cette loi, et si quelqu’un dit qu’il ne veut pas de la réforme constitutionnelle, il est politiquement malhonnête.

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