Le Noir d’Afrique a colonisé tous les continents
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Le Noir d’Afrique a colonisé tous les continents :: AFRICA

J’avais annoncé une série de trois articles sur la religion abrahamique. Deux ont été publiés. Il n’y a eu, à ce jour, aucune réaction à ma prose. J’en conclus que cette question ne compte pas parmi les préoccupations des lecteurs. Du coup, je ne rédigerai pas le troisième article et, à la place, je propose un sujet que l’histoire officielle a fait exprès d’occulter : l’activité foisonnante de nos aïeux pendant la Préhistoire ; c’est un fait historique : nos ancêtres ont apporté leur civilisation avancée à tous les continents et mon rôle n’est pas de restituer notre passé épique, mais de donner des indications pour que celui qui veut s’enrichir ait entre les mains des pistes de recherche.

Rappelons-nous que le Noir le frère aîné de l’humanité et de ce fait il prend de l’avance sur sa fratrie. Il a surtout une conscience qui affiche cette position de premier-né à ses yeux et à son sens des responsabilités. Il se munit alors d’un bâton de pèlerin pour parcourir la planète, ce qui lui permet de coloniser tous les secteurs du globe : je ne m’étends pas sur sa présence en Asie ; je ne traite que de l’Europe et de l’Amérique. Mais pour couvrir toute la terre, il faut être capable de naviguer en haute mer : nos ancêtres ont développé cette expertise dès la plus haute Antiquité, c’est-à-dire, bien avant tout le monde. Pour ne pas semer du trouble dans l’esprit du lecteur, il faut dire à quoi le Noir doit son avance.

Pour parler de notre pôle-position et de notre apport à la civilisation, mon intervention se divise en plusieurs points : je commence par présenter notre avance en tant que fils premier-né de l’humanité, puis j’attire l’attention sur notre expertise dans la navigation hauturière ; enfin, je termine en dessinant les différentes phases dans notre rôle de colonisateur.

L’Homo sapiens africain, un privilégié par la nature

Pour expliquer cette place en peloton de tête, je nous invite à remonter, en un survol rapide, le temps. L’humanité telle qu’elle est aujourd’hui naît en Afrique autour des grands lacs, il y a 300.000 ans. Le secteur se présente comme un accueil : température idéale, nourriture variée et abondante et, du coup, au lieu de se gaver, de s’ennuyer, Homo sapiens se met, pour comprendre son environnement, à se poser des questions… philosophiques, métaphysiques, ontologiques. Il invente les mathématiques, l’architecture… imagine un concepteur qui aurait planté les choses d’alentour, il l’appelle le ‘dieu créateur et bienfaiteur’ : c’est surtout une divinité que vont lui disputer, des millénaires plus tard, les religions abrahamiques.

Quelques congénères de cet homme apaisé s’en vont vers l’Asie, il y a 100.000 ans. D’autres se déploient de là-bas vers l’Europe, il y a 40.000 ans. Ces deux contingents de migrants se confrontent à l’austérité du climat et à la rareté de la nourriture : ils vont perdre leur naïveté, devinant en chaque individu croisé un ennemi à abattre ; ils se font guerroyeurs, ne prennent pas le temps de réfléchir sur ce qui est : il faut d’abord vivre !

Installés dans ces secteurs hostiles, les types européens et asiatiques se dessinent avec les millénaires. Tel qu’il est aujourd’hui, le Blanc apparaît il y a 7700 ans. Le contexte difficile dans lequel il évolue l’oblige à laisser libre cours à ses instincts bas, à développer des tendances rétrogrades qui, seules, lui permettent d’être sûr d’être, de disposer de ce qu’il lui faut : la dévastation, la spoliation, l’accaparement, la soumission de l’autre, le sadisme même… ne sont jamais en contradiction avec ses objectifs immédiats ; il ignore ce qu’est l’empathie. Lisons Fabre d’Olivet (1767-1825) au tome 1 de son livre, p. 66 :

« Je vais me transporter, à cet effet, à une époque reculée de celle que nous vivons ; et, raffermissant mes yeux qu’un long préjugé pourrait avoir affaiblis, fixer, à travers l’obscurité des siècles, le moment où la race blanche, dont nous faisons partie, vint à paraître sur la scène ; à cette époque, dont plus tard je chercherai à déterminer la date, la race blanche était encore faible, sauvage, sans lois, sans culture d’aucune espèce, dénuée de souvenirs et trop dépourvue d’entendement pour concevoir même une espérance. Elle habitait les environs du pôle boréal (pôle nord), d’où elle avait tiré son origine. La race noire, plus ancienne qu’elle, dominait alors sur la Terre et y tenait le sceptre de la science et du pouvoir : elle possédait toute l’Afrique et une grande partie de l’Asie ».

L’individualisme règne donc et la femme, qui n’est d’aucun secours lors des conflits, est considérée comme moins que rien, d’où le patriarcat, la misogynie, la domination de l’homme sur la femme.

Pendant que le Blanc se complique l’existence, le Noir privilégié par la nature avance vers la civilisation : il construit les premières cités au Soudan et en Égypte, il y a 15.000 ans, avec toutes sortes d’équipements, améliorés avec le temps. L’écriture naît il y a 5300 ans et bien d’autres produits du génie noir. Il va surtout initier à ces savoirs et techniques ses frères épars au Sud de l’Europe et en Asie.

On voit déjà notre décalage quand on observe Homo sapiens : les savants occidentaux enseignent qu’il est né en Afrique et qu’il a parfois plus de 50.000 ans d’avance sur ses frères qui avaient préféré aller habiter d’autres régions du monde ; il a entrepris de couvrir de nombreux kilomètres pour les retrouver. Ce sont les conclusions des fouilles : les archéologues sont unanimes, répétant à l’unisson que l’Africain a laissé des traces bien voyantes de son long séjour dans tous les continents.

L’Africain n’est pas impérialiste

Il s’établit outre-Atlantique autour de –5000. On nous enseigne pourtant que c’est Christophe Colomb qui foule ce sol en premier. Même à l’époque de ce navigateur, un riche roi malien fit, un siècle avant Colomb, plusieurs traversées : ce roi, Mansa Abubakari II, développa un commerce intense avec Tarâna.

En ce qui le concerne, l’Occidental s’introduit avec le glaive et l’épée, tandis que le Noir, pour sa part, ne fait pas de bruits de bottes : il vient d’abord s’extasier devant les expressions de la culture d’accueil ; il n’extermine aucun membre des tribus rencontrées ; il n’essaie même pas d’imposer sa religion. Les deux groupes vivent en bonne intelligence, ce qui permet à l’Africain de se trouver de nouveaux débouchés pour ses produits finis.

Il est vraiment paisible et prêt à initier ses hôtes à ses savoirs. Les autochtones des régions visitées reçoivent avec gratitude les enseignements et se dépêchent de mêler leur génie aux rudiments qu’on leur sert : les Mayas se saisissent du ‘zéro africain’ et lui affublent des rôles inconnus en Égypte. L’Africain constate ce genre de rapport aux savoirs partout dans ce monde antique où il dispense ses enseignements.

Tarâna, la nouvelle Afrique

Voilà le nom qu’ils donnent à l’Amérique. Dans son livre, Pathé Diagne ose le terme de « Monarchies de peuplement ». L’Africain implante de véritables ‘settlements’ dans plusieurs secteurs des Amériques. L’arrivant se comporte en véritable administrateur de ses pied-à-terre. Il inculque ses savoirs sans créer de frustrations chez les autochtones qui reconnaissent, sans contredit, son avance sur de nombreux plans.

Tarâna se donne vraiment de faux airs d’Afrique : des zones du continent portent des noms qui sonnent africains, même à nos oreilles du 21ème siècle. Selon Diagne, le lexique spirituel, géopolitique, culturel et artistique du continent américain renvoie aux communautés Yoruba, Fon, Mina, Lebu-Wolof, Bantu, Maratana, Mandeng-Soninké ou Akan Baoulé. Je pense d’ailleurs qu’il est possible d’effectuer une bijection entre les éléments de l’ensemble des dénominations de régions américaines et celui des noms de contrées africaines : Tarakasum/Alaska, Taragoni/Patagonie, Gaytimara/Guatemala, Andoras/Honduras, Gayrifunia de Kalafia/Californie, Toro-Silla/Pérou-Chili, Baragwa/Paragwaï et Burugwa/Urugwaï.

Quand on dit ‘chutes du Niagara’, n’entend-on pas les sons d’une langue parlée en Afrique ? De nombreuses autres sonorités sont des appellations de lieux, de villes, de collines ou d’individus : à l’annonce de la mort de MARADONA, ce patronyme connu a retenti à mes oreilles comme le nom de peuplades des côtes Ouest-africaines, telles les Marana, Marroun, Maratana, Maratona, Maradona, Maranayba, Maranaïbo...

La question est : d’où partaient ces embarcations ? C’est Dawidi Uchiwa qui nous apprend que :

« Ces réseaux partaient de Menn Nafooré (Memphis), de Salse (Saïs), de Tanisis-Tanit (Tunis) de Tingita (Tanger) et nous pouvons aussi associer Taratakas à Caracas dont le réseau portuaire était déjà une très antique réalisation de toutes les civilisations Noires Khanit et Khamit (Nubie/Kmt) responsables des Portulans de Piri Reis et d’autres cartes marines toujours d’origine soi-disant inexpliquées, cependant les populations natives Africaines urbanisées des Amériques se désignaient elles-mêmes comme des Mara, des Maya ou des Maura ».

L’Africain et la navigation hauturière

Les Européens avaient constaté que, pendant la Préhistoire et la Protohistoire, leur Ancien s’était montré incapable de naviguer en haute mer. Ils ont déduit de cette incapacité une impossibilité pour le Noir, moins intelligent qu’eux, de s’aventurer au-delà de quelques petits milles des côtes. Pourtant, foison de preuves clament notre habileté dans ce domaine depuis la Préhistoire : des cartes marines transcontinentales anciennes, des indices bien perceptibles de traversées et même des restes de bateaux, en bois africains, échoués sur les côtes brésiliennes. La littérature à ce sujet est abondante (voir la bibliographie).

Dans son article, Xavier Séguin montre l’ingéniosité millénaire de nos pères :

« Le corridor nord-équatorial emprunté par Christophe Colomb était connu depuis toujours. Le roi africain Bakari II l’a utilisé plus d’un siècle avant Colomb… Pathé Diagne nous explique que ce corridor des alizés est marqué par l’empreinte des mool-mariniers Lebu nord-Bantu de l’ouest atlantique. Ces « peuples de la mer » (Geejawaay) ont construit l’un des plus grands réseaux portuaires qui couvrait les deux côtes de l’Atlantique et le Pacifique américain ».

Ce corridor nord-équatorial dont parle Séguin à la suite de Diagne est une voie connue de nos aïeux depuis la Préhistoire : il y eut des échanges par ce canal depuis ces temps, entre Tarâna et l’Afrique.

Disons simplement que l’Africain a colonisé les Amériques, mettant à la disposition des populations ses avancées. Tout ceci a duré des millénaires. Pour y être, nos pères ont utilisé leur savoir-faire afin de dompter la mer, d’organiser un va-et-vient incessant entre les deux mondes.

Au moment où Colomb et sa bande y débarquent, des communautés d’Africains établies dans ces territoires étaient devenues des autochtones. Les mauvais traitements de la part des arrivants et d’intenses persécutions ciblées ont rayé ces Noirs de la carte. Il n’y reste plus que des fossiles qui rendent compte de leur présence : nos pères ayant initié l’autochtone à l’art, à l’architecture, à la spiritualité, aux activités agraires, à la vie citadine dans des cités aux larges avenues rectilignes bordées d’arbres, comme celles de Tombouctou dont parle Ibn Battuta (1304-1368 ou 1377) dans ses récits de voyages. On y trouve, au plan linguistique et même dans les gênes des populations, de nombreux indices qui témoignent de leur implantation.

Et l’Europe ?

Dès l’avènement de l’islam, les mahométans administrent ce pays pendant 7 siècles, avec le concours d’une forte proportion de Noirs islamisés. Avant l’apparition du Blanc sur terre (–7700), la Turquie, la Grèce… actuelles étaient peuplées de Noirs ; le centre de l’Italie, dont Rome, était le pays des Étrusques : ils furent les premiers habitants de la ville sainte, fondée par Remus et Romulus vers –753.

Selon des études, les Étrusques étaient des Noirs. En 1876, le Professeur Calori affirme dans Etruscan Bologna : A Study que :

« Les crânes dolichocéphales des Étrusques se distinguent par un prognathisme plus fréquent ».

Les termes ‘dolichocéphale’ et ‘prognathisme’ signifient, respectivement, crâne de forme allongée, plus grand dans le sens longitudinal que dans le sens latéral ; saillie en avant

de la mâchoire. Disons qu’ils avaient des crânes de Noirs : leurs têtes avaient donc les contours de têtes d’Africains.

En plus de leur portrait, leur organisation sociale pousse à penser qu’ils étaient des Noirs : le matriarcat était en vigueur dans leur communauté ; religion et rites funéraires étaient typiquement africains : un dieu unique, l’embaumement et l’installation du défunt dans un sarcophage avec quelques biens du partant ou des objets qu’il appréciait.

Après leur défaite, le Romain réforme leur religion, rejette leur matriarcat pour s’inscrire à l’extrême opposé, avec l’expression ‘imbecillitas sexus’ forgée par le juriste Ulpien (~170-223). Le christianisme intègre l’idée de l’imbécilité féminine et la société occidentale mettra des millénaires pour commencer à regarder nos moitiés sous un heureux jour.

Ce sont ces Étrusques qui sont à la base de la civilisation grecque. Dans sa Bibliothèque historique, LIII, LXVII, 1, Diodore de Sicile enseigne que :

« Lorsque Cadmos eut rapporté de Phénicie ce qu’on appelle les lettres, il fut le premier à les adapter à la langue grecque, à attribuer un nom à chacune et à fixer le tracé ; en général, ces lettres sont donc appelées ‘phéniciennes’, parce que c’est de Phénicie qu’elles ont été introduites en Grèce mais, proprement, elles ont le nom de ‘pélasgique’, parce que les Pélasges sont les premiers à s’être servis des caractères après leur adoption (...) Or donc, Linos composa, dit-on, en lettres pélasgiques, un recueil des exploits du premier Dyonisos et des autres légendes et il les laissa dans ses mémoires. Parallèlement, ces lettres pélasgiques furent utilisées par Orphée et par Pronopidès, le maître d’Homère, qui fut un compositeur de chants heureusement doué ».

Des auteurs comme Hérodote indiquent aussi que l’alphabet grec vient des Pélasges. Mais cette peuplade fut initiée à l’écriture par les Étrusques, c’est pourquoi on peut lire ici ou là que l’alphabet grec est originellement étrusque ou égyptienne. Des savants confondent d’ailleurs Pélasges et Étrusques, le cas de Plutarque dans Vies parallèles, 1 :

« Après avoir parcouru la plus grande partie de la terre et dompté plusieurs nations, ils s'arrêtèrent au lieu où est aujourd'hui Rome ; et, pour marquer la force (Rome) de leurs armes, ils donnèrent ce nom à la ville qu'ils y bâtirent ».

Nos ancêtres ont dominé vraiment le monde dans l’Antiquité ; au Moyen-Âge et au-delà, avec la vague musulmane : ceci se vérifie avec Marsil, roi de Saragosse, qui défit Charlemagne au 8ème siècle et, sans discontinuer jusqu’au 15ème siècle, avec Abu Abdi-Liah, roi de Grenade : le règne des rois Noirs en Espagne est avéré, surtout lors des deux dernières dynasties de Noirs, les Almoravides et les Almohades. C’est eux qu’on appelle les ‘Maures’.

Quand les Maures entrèrent en Europe, cette région avait reculé depuis la chute de Rome. Elle était administrée par les Wisigoths qui en faisaient voir de toutes les couleurs aux populations. Les 7000 musulmans dont plus de 6500 Noirs furent accueillis en libérateurs.

Les Maures, civilisateurs de l’Europe

Les pays sont plongés dans les épidémies, le fanatisme religieux, les guéguerres multiples, laissant de nombreuses gueules cassées, des veuves et des orphelins à la pelle… C’est en fait un monde s’humiliant dans la barbarie. Dans cette Europe arriérée, où l’habitant est sale, superstitieux et analphabète, les Maures instaurent la civilisation et, par exemple, ses mesures d’hygiène ainsi qu’un autre rapport à l’administré.

Je rappelle que ‘maure’ est un latinisme rendu par ‘noir’, ‘nègre’, ‘esclave’ ; dans les cartes latines, le Maure habite la Maurétanie : l’Afrique du Nord, peuplée exclusivement de Noirs, avant la déferlante blanche et arabe ; on trouve des déformations anglaises avec ‘moore’ et allemandes, avec ‘mohr’. Quand on dit ‘Mohrenkopf’, il faut entendre ‘tête de nègre’.

Les historiens officiels parlent de cette civilisation musulmane comme d’une civilisation ‘maure’ et emploient peu l’adjectif ‘arabe’. Évidemment, la visibilité du Maure dans le temps et l’espace laisse des traces. Lisons à nouveau Lisapo ya Kama dans « Et l’Afrique gouverna l’Europe… 3 fois » :

« Les Maures ont laissé énormément de descendants en Europe. Leurs noms : Maurice, Morris, Maurois, Morin, Moreno, Morro, Moore, Murray… Ainsi, la reine Charlotte d’Angleterre, grand-mère de la reine Victoria et ancêtre direct d’Élisabeth II, était métissée de Maures ».

Les Maures vont donc s’activer pour renverser la situation et transformer une Europe primitive en un pays qui goûte les avancées que la modernité promet. Lisapo nous donne comme un résumé des réalisations maures en terre d’Europe. Ils vont :

« réintroduire les science et les arts venus de tout l’empire musulman et vont être diffusés en langue arabe ; créer 17 universités à la pointe de la connaissance là où il n’y avait que deux auparavant et des dizaines de grandes librairies ; construire les premiers châteaux forts, dont l’origine est proprement africaine, qui seront l’autre édifice marquant –à côté des cathédrales– de l’Europe médiévale ; créer les villes les plus belles, notamment Cordoue en Espagne, avec des trottoirs pavés et éclairés en soirée, l’eau courante dans les domiciles ; réintroduire l’hygiène avec la constructions des bains publics et l’incitation à se laver 2 fois par jour ;

révolutionner la mode avec le changement de vêtements à chacune des 4 saisons, introduire le dentifrice, l’épilation, les déodorants… Ceci fut l’œuvre de Ziryab, le savant noir de Bagdad ; diviser le repas en trois phases : entrée, plat de résistance, dessert ; toujours inventé par Ziryab».

Parmi ces civilisateurs venus de loin, on comptait, à des positions d’élite et même dans le secteur du business privé, des Noirs : Climborin, un sarrasin, était propriétaire de la moitié de la ville de Saragosse. Pour avoir une idée de leur grand nombre, lisons La Chanson de Roland, 170 et 171 :

« Il a sous lui des gens de race noire, au nez très gros, aux oreilles très larges. Ils étaient bien plus de cinquante mille qui chevauchaient, fiers et pleins de colère, et qui jetaient le cri d'armes païen. « Ah ! dit Roland, c'est l'heure du martyre. Nous n'avons plus que peu d'instants à vivre. Mais honte à qui ne se vend chèrement ! Frappez, seigneurs, de vos épées fourbies ; disputez bien et vos morts et vos vies : ne faisons pas honnir la douce France ! » … Lorsque Roland voit cette gent maudite, qui sur le corps n'a de blanc que les dents, et dont la peau est plus noire que l'encre, il parle ainsi : « Je le vois à cette heure ; c'est bien certain, nous mourrons aujourd'hui... ».

Une civilisation à l’africaine

La présence mauresque pendant sept siècles a, par ailleurs, un fort accent africain. En fait, ce sont les Noirs qui pilotent l’organisation arabo-musulmane, mais ils le font en la mêlant à la sauce africaine : ils ont une sensibilité qui fait la différence et, surtout, tâche d’huile ; là où le régent est Arabe, les méthodes des Noirs sont mises en application.

Pendant cette colonisation, ces maîtres ne font pas souffrir les Européens comme on l’a vu chez nous avant les Indépendances : ils laissent les mains libres au catholicisme ; comme dans la tradition pharaonique, ils pratiquent le matriarcat : on les y a libérées du voile ; elles ont le droit de pratiquer des métiers d’homme ; il y a une parité, chose inimaginable dans un monde musulman. Et la modernisation de l’Espagne sous l’administration des Noirs fait des envieux.

Dans la présentation de Constantin-François de Chassebœuf de La Giraudais, comte de Volney, Wikipedia cite un passage de son Voyage en Syrie et en Égypte, pendant…:

« Quel sujet de médiation, de voir la barbarie et l'ignorance actuelles des Coptes (métis issus des Grecs et des Egyptiens), issues de l'alliance du génie profond des Egyptiens et de l'esprit brillant des Grecs ; de penser que cette race d'hommes noirs, aujourd'hui notre esclave et l'objet de nos mépris, est celle-là même à qui nous devons nos arts, nos sciences et jusqu'à l'usage de la parole. D'imaginer enfin que c'est au milieu des peuples qui se disent les plus amis de la liberté et de l'humanité que l'on a sanctionné le plus barbare des esclavages et mis en problème si les hommes noirs ont une intelligence de l'espèce des hommes blancs ! »

Inventeur du château fort

Attaquons-nous à une chose caractéristique de l’Europe, les châteaux forts. Ils sont bel et bien nés et copiés en Afrique. En effet, ils sont connus depuis l’époque pharaonique ; le plus emblématique est construit à Buhen, Soudan actuel (–5000) ; le plus ancien date de l’époque prédynastique, soit –6000 : ses vestiges se visitent dans la ville de Nekken, l’ancienne Capitale du Sud du pays, une cité qui vit naître le pharaon Narmer. C’est ce pharaon qui unifie le territoire en –5300 : Sud et Nord deviennent un seul et même pays. Il situe la Capitale unifiée à Memphis (Men Nafooré) ; il militarise cette ville, la dote de fortifications.

À l’arrivée des Maures en 711, l’Europe avait retrouvé un état semi-sauvage : ces Noirs et ces Arabes réinscrivent le continent dans la civilisation, je l’ai dit. Pour se prémunir contre des attaques ennemies, ils décident de se protéger. Le savoir-faire africain dans le domaine des fortifications est sollicité : la première est aussitôt mise en chantier. Il y en aura plusieurs autres. La France s’y met deux siècles plus tard. À partir du 12ème siècle, ces constructions se multiplient partout en Europe.

Conclusion

C’est la défaite, en –2200, du général Hannibal, gouverneur de Carthage, une ville kamite importante à l’époque du rayonnement de nos aïeux, qui précipite le déclin de l’hégémonie noire sur le monde. Le père de ce général règne en son temps en pays catalan. Il s’appelle le général Hamilcar Barça. C’est lui qui fonda la célèbre ville de Barcelone, Capitale actuelle de la Catalogne. Si le nom ‘Barcelone’ vient d’Afrique, d’autres villes européennes portent des noms colorées à la civilisation noire : c’est le cas de Paris.

On avait construit des enclos ou temples dédiés à Isis le long de la Seine ; en langue égyptienne, enclos se dit ‘par’ et ‘par isis’ signifie simplement enclos dédié à Isis. De ‘par isis’, on glisse facilement vers ‘Paris’.

Avec l’avènement de l’islam donc, nombre de Noirs règnent sur l’Espagne (Signalons en passant qu’il y eut des rois noirs africains en Inde, nous parlerons une autre fois de l’Asie). Mais, quand les armées chrétiennes viennent à bout des forces maures, les 4 millions de Noirs vivant en Espagne et au Portugal vident les lieux, traversent la Méditerranée. La présence maure en Europe aura duré 7 siècles. C’est donc le Noir et sa weltanschauung qui civilisent l’Europe, ainsi que tous les continents.

Bibliographie sommaire

Aref Matthieu, Albanie (Histoire et Langue) : Ou l'incroyable odyssée d'un peuple préhellénique, Paris, 2003.

Aref Mathieu, Les Pélasges : précurseurs de la civilisation gréco-romaine, Paris, Connaissances & Savoirs, 2016 (on peut le lire en ligne).

Benett Lerone, Before the Mayflower: A History of the Negro in America, 1619-1962, bnpublishing.com (26/03/2018)

Bloch Adolphe, « De l’origine des Égyptiens » Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, 04/06/1903, pp. 393-403.

Chassebœuf Constantin-François de (Comte de Volney), Voyage en Syrie et en Égypte, pendant les années 1783, 1784 & 1785, Paris, 1787.

Clarke John Henrik, « The Impact of the African on the «New World» : A Reappraisal » in Présence Africaine, Nouvelle série, No. 79 (3e TRIMESTRE 1971), pp. 3-16.

Collectif de 14 historiens, The golden Age of the Moor, édité par Sertima, CreateSpace Independent Publishing Platform (10. August 2016),1990.

Cozmos El, Moor vol. I and II What they didn’t Teach You in Black History Class, Herausgeber : CreateSpace Independent Publishing Platform, 2016.

Dawidi Uchiwa, « Avant Christophe Colomb, les Africains avaient déjà découvert l’Amérique », in Agoraafricaine.info, 26/03/2017.

Diagne Pathé, Tarana ou l’Amérique précolombienne : un continent africain, Harmattan, Paris, 2010.

Diodore de Sicile, Bibliothèque historique.

Fabre d’Olivet Antoine, Histoire philosophique du genre humain, ou L’homme considéré sous ses rapports religieux et politiques dans l’état social, à toutes les époques et chez les différents peuples de la terre, précédée d’une dissertation introductive sur les motifs et l’objet de cet ouvrage (2 vol., 1824). Réédition : Paris, 1966.

Gardiner Wilkinson John, Manners and Customs of the Ancient Egyptians, Cambridge University Press, 2010.

Lawrence Harold G., « Les explorateurs africains du nouveau monde », in Présence africaine, 1962.

Lisapo ya Kama, « Les racines africaines des civilisations de l’Amérique ancienne », in lisapoyakama.org

Lisapo ya Kama, « La civilisation maure : quand les Noirs dirigeaient l’Espagne », in lisapoyakama.org

Lisapo ya Kama, « L’origine africaine des châteaux forts », in lisapoyakama.org

Plutarque, Vies parallèles.

Schuh Fred, The master book of mathematical recreation, NewYork, 1943.

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Sertima Gladstone Ivan von, They came before Colombus : The African presence in Ancient America, 1976.

Wiener Leo, Africa and the discovery of America, 1922, en 3 tomes.

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